La Maison de Matriona
suivi de : L'Inconnu de krétchétovka et Pour le bien de la cause.
Deuxième livre du grand écrivain russe à paraître en Occident après Une journée d'Ivan Denissovitch, La Maison de Matriona, cet autre bref chef-d'oeuvre, est venu révéler en 1966 aux lecteurs français la face encore cachée du continent Soljenitsyne.
On connaissait le dissident, farouche opposant au totalitarisme stalinien, on découvrait maintenant sa cause : l'amour de la terre russe, l'attachement viscéral aux racines les plus profondes de l'âme du grand pays.
Et tout cela à travers la simple histoire de Matriona, cette femme " humble et juste" dans l'isba de laquelle le narrateur un instituteur à peine sorti d'un camp, avec qui l'auteur semble se confondre - trouve le refuge auquel il aspirait : cette campagne, certes collectivisée, prolétarisée, on pourrait dire martyrisée, mais où l'esprit de la paysannerie survit encore.
| Édition |
Robert Laffont |
| Collection |
Pavillons Poche |
| Parution |
Février 2009 |
| Nombre de pages |
285 |
| Dimensions (cm) |
12 x 18 |
8.00 €
Au sujet de l'auteur
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Russie).
Mobilisé en 1941 dans les rangs de l'Armée rouge, où il avance de simple soldat au grade de capitaine d'artillerie, il est arrêté à la veille de la victoire pour avoir prétendument insulté Staline dans une lettre à un ami, et purge huit ans de détention et trois de relégation. Libéré en 1956, et réhabilité, il enseigne les mathématiques et la physique dans des écoles de campagne, et surtout veut porter témoignage.
En 1962, la parution d'Une journée d'Ivan Denissovilch, peinture véridique de l'univers du Goulag jusque-là tabou, dans la revue Novyi Mir (grâce à l'autorisation de Khrouchtchev), révèle un écrivain au monde entier. Après la chute de Khrouchtchev, la dénonciation des crimes de l'époque stalinienne est devenue impossible. Soljenitsyne, qui avait espéré publier son grand roman Le Premier Cercle- sur la vie des prisonniers politiques dans le camp privilégié de Marfino -, ne peut même pas le remplacer pour le Novyi Mir par Le Pavillon des cancéreux.
Ces deux livres paraîtront en Occident dans des traductions qui assureront la gloire de Soljenitsyne. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1970. II l'accepte, déchaînant une tempête d'injures dans la presse soviétique, et se remet au travail, commençant à écrire l'épopée qu'il intitulera plus tard La Roue rouge, histoire romancée de la Révolution russe. En décembre 1973, paraît à Paris (en version russe) L'Archipel du Goulag, terrible condamnation de la répression exercée en Union soviétique sur des millions de citoyens et des peuples entiers.
Le scandale est énorme : en février 1974, Soljenitsyne est déchu de sa citoyenneté et expulsé de son pays. II se fixe d'abord en Suisse, puis aux Etats-Unis, dans le Vermont, où il poursuivra l'écriture de La Roue rouge. A la chute de l'U R S S, sa nationalité lui est restituée et il rentre en Russie, près de Moscou, où il vivra jusqu'à sa mort, survenue le 3 août 2008. Une partie de ses droits d'auteur est versée au fonds portant son nom, qui aide les anciens zeks (détenus).
Souvent contesté pour ses prises de position, Soljenitsyne reste celui dont la voix s'est élevée dans le silence du totalitarisme soviétique.
Et ce don pour l'universel qui l'a conduit au prix Nobel de littérature et au statut de plus grand écrivain russe du XX° siècle