La Roue Rouge
Quatrième noeud - Tome 1
Après la révolution de février-mars, le calme est partiellement revenu en Russie.
Le pays a un gouvernement qui, pour la poursuite de la guerre et la fidélité envers les Alliés, s'inscrit dans la continuité de l'ancien régime.
Voici venu le mois d'avril, qu'aucun bouleversement majeur ne paraît devoir troubler. Peut-on, en effet, accorder quelque importance au retour d'émigration - fût-ce avec la complicité de l'ennemi allemand - d'un obscur Lénine ? Il conviendrait pourtant de prendre la chose au sérieux, car l'homme est un concentré d'énergie et de volonté.
Le Gouvernement Provisoire ne tardera pas à l'apprendre à ses dépens.
En quelques jours, la tonalité change dans les rues de la capitale.
Le rouge, dominante du mois de mars, vire imperceptiblement au sombre : ténébreux sont les cortèges d'ouvriers partisans de Lénine, qui, fusil à la bretelle, sèment la violence et l'effroi.
Manifestations pacifiques de soutien au gouvernement, activisme du Soviet des Députés ouvriers et soldats qui s'érige en second pouvoir, fusillades à Pétrograd, décomposition du front, soif paysanne d'un partage immédiat de la terre, démagogie bolchévique : une mécanique s'enclenche, repoussant dans l'ombre les histoires individuelles, incapables de résister à la roue de l'Histoire.
Bientôt, elle y rejettera aussi les grandes figures - ministres, chefs militaires... - qui occupent encore le devant de la scène.
Organisé en deux volumes (le premier s'étend du 25 avril au 5 mai, le second suit le fil des événements jusqu'au 20 mai), Avril dix-sept est le dernier " noeud " de cette Roue rouge dans laquelle Alexandre Soljénitsyne prend à bras-le-corps la révolution russe.
Tel n'était pas le projet initial de l'auteur, qui comptait poursuivre son récit bien après la révolution.
Mais la patiente mise en place, des années durant, des fragments de l'histoire russe à l'aube du XXe siècle a fait surgir cette évidence : dès le mois d'avril les jeux étaient faits et le pays allait tout droit vers le coup d'Etat d'Octobre.
I'écrivain interrompt donc là son récit, mais le deuxième volume d'Avril, à paraître, sera complété par un résumé des " noeuds " non écrits
| Édition |
Fayard |
| Parution |
Septembre 2009 |
| Nombre de pages |
709 |
| Façonnage |
Relié |
| Dimensions (cm) |
15 x 23,5 |
39.60 €
Au sujet de l'auteur
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Russie).
Mobilisé en 1941 dans les rangs de l'Armée rouge, où il avance de simple soldat au grade de capitaine d'artillerie, il est arrêté à la veille de la victoire pour avoir prétendument insulté Staline dans une lettre à un ami, et purge huit ans de détention et trois de relégation. Libéré en 1956, et réhabilité, il enseigne les mathématiques et la physique dans des écoles de campagne, et surtout veut porter témoignage.
En 1962, la parution d'Une journée d'Ivan Denissovitch, peinture véridique de l'univers du Goulag jusque-là tabou, dans la revue Novyi Mir (grâce à l'autorisation de Khrouchtchev), révèle un écrivain au monde entier. Après la chute de Khrouchtchev, la dénonciation des crimes de l'époque stalinienne est devenue impossible. Soljenitsyne, qui avait espéré publier son grand roman Le Premier Cercle - sur la vie des prisonniers politiques dans le camp privilégié de Marfino -, ne peut même pas le remplacer pour le Novyi Mir par Le Pavillon des cancéreux.
Ces deux livres paraîtront en Occident dans des traductions qui assureront la gloire de Soljenitsyne. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1970. Il l'accepte, déchaînant une tempête d'injures dans la presse soviétique, et se remet au travail, commençant à écrire l'épopée qu'il intitulera plus tard La Roue rouge, histoire romancée de la Révolution russe. En décembre 1973, paraît à Paris (en version russe) L'Archipel du Goulag, terrible condamnation de la répression exercée en Union soviétique sur des millions de citoyens et des peuples entiers.
Le scandale est énorme : en février 1974, Soljenitsyne est déchu de sa citoyenneté et expulsé de son pays. Il se fixe d'abord en Suisse, puis aux E9782221115619tats-Unis, dans le Vermont, où il poursuivra l'écriture de La Roue rouge. A la chute de l'URSS, sa nationalité lui est restituée et il rentre en Russie, près de Moscou, où il vivra jusqu'à sa mort, survenue le 3 août 2008. Une partie de ses droits d'auteur est versée au fonds portant son nom, qui aide les anciens zeks (détenus).
Souvent contesté pour ses prises de position, Soljenitsyne reste celui dont la voix s'est élevée dans le silence du totalitarisme soviétique.