Duy Tân un empereur dans la France Libre

 L'extraordinaire destin d'un empereur de la France libre.

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MEDIAS PRESSE INFO, juin 2023 :  Une biographie de Duy Tan, dernier empereur d’Annam

    Professeur émérite de civilisation de l’Asie du Sud-Est, François Joyaux est déjà l’auteur chez Perrin d’une Nouvelle histoire de l’Indochine française et de Nam Phuong, la dernière impératrice du Vietnam. Cette fois, il nous revient avec une biographie de Duy Tan (1899-1945), dernier empereur d’Annam.

   Voilà bien un étrange personnage, méconnu du grand public. Le 3 septembre 1907, à la suite d’une maladie mentale, l’empereur Thanh Thai abdiquait en faveur de son fils le prince Vinh San. Celui-ci, encore enfant, monta sur le trône sous le nom de Duy Tan. Il reçut une culture entièrement française, selon ses propres dires. Pourtant, au bout de dix ans de règne, et alors qu’il n’avait toujours que dix-neuf ans, il accepta le commandement de la révolte des Annamites contre la France. Il expliqua ultérieurement, sans convaincre personne, que c’était la seule façon d’empêcher que les conjurés annamites ne débutent, comme ils l’avaient prévu, leur révolte par l’assassinat de tous les notables français surpris si possible dans leur sommeil. Il ne voulait pas non plus dénoncer ses compatriotes. Ayant empêché toute action durant la nuit fixée, il était persuadé, affirma-t-il, que la révolte avorterait sans une goutte de sang. Ce plan lui coûta son trône. Cela se passait en mai 1916.

   A la suite de ces événements, il fut interné et déclaré déchu du trône d’Annam, puis exilé à l’île de la Réunion où il devint réparateur de radio. Le prince Vinh San, ex-empereur, devenu franc-maçon, y rêvait de devenir français et de vivre à Paris. Il comptait pour cela sur le gouvernement de Front Populaire auquel il s’adressa en 1936. Mais le gouvernement de Front Populaire refusa. Le prince Vinh Sanh passa donc vingt-huit ans en exil. Jusqu’en janvier 1944 où son engagement en tant que simple soldat des Forces françaises libres est accepté. Le 29 août 1944, le prince Vinh Sanh – lui qui avait pris fait et cause pour la révolte indépendantiste de 1916 – signait un appel dans lequel il déclarait que l’Indochine – et particulièrement le peuple annamite – est liée à la France par contrat que son honneur et son intérêt lui commandent de maintenir intact. Et voilà que, le 11 mars 1945, l’empereur Bao Daï proclame l’indépendance du Vietnam. De Gaulle décide alors de faire venir le prince Vinh Sanh en France et envisage de restaurer l’empereur Duy Tan sur son trône. Mais il faut encore attendre la mi-juin 1945 pour que le prince Vinh Sanh arrive à Paris. Il publie son testament politique sur les liens entre la France et l’Indochine.

   Cependant, rien n’aboutit, pas même de rencontre entre les deux hommes. Survient la révolution d’août, à Hanoï, puis la fondation de la République démocratique du Vietnam. Le prince Vinh Sanh est promu rétroactivement chef de bataillon et rencontre enfin le général De Gaulle le 14 décembre 1945. Simultanément, à Saïgon, le général Leclerc ordonne le regroupement de militaires annamites qui devront recevoir une formation parachutiste et sauter sur Hué afin d’y préparer le retour de Duy Tan. La réapparition du prince Vinh Sanh en Indochine est prévue pour mars 1946. Il a donc le temps d’aller revoir ses enfants sur l’île de La Réunion et embarque dans un avion le 24 décembre 1945. L’escale à Alger se passe normalement. Le 26 décembre, l’avion reprend son vol à destination de Bangui, l’étape suivante. A 18h30, c’est la catastrophe. L’appareil est entièrement détruit dans un accident aérien. “Vraiment, la France n’a pas de chance !”, murmure De Gaulle lorsqu’on lui apprend la nouvelle.


L'auteur : François Joyaux
Professeur des universités, spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Extrême-Orient, a enseigné à l'Institut des langues orientales, à Sciences-Po et à la Sorbonne. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages sur l'Indochine, la Chine et les relations internationales en Asie.

4ème de couverture

   Duy Tan (1899-1945), descendant direct de l’empereur Gia Long, fondateur de la dynastie des Nguyen, qui régna sur l’Annam, est le onzième souverain de cette même dynastie. Il est intronisé en septembre 1907 à l'âge de huit ans et, en 1916, il participe à la révolte contre le protectorat français, ce qui lui vaut d’être destitué et exilé à La Réunion. Il y mène une vie discrète et paisible durant laquelle il se prend de passion pour la radiotélégraphie et devient polyglotte. Il mettra à profit ces capacités lors de son entrée dans la Résistance en juin 1940, après l'appel de De Gaulle, alors même que le reste de l'île se déclare pétainiste. Un engagement qui finit par payer. En 1945, De Gaulle le sollicite pour assurer le pouvoir dans le Vietnam naissant, en espérant que les intérêts français seront sauvegardés. Duy Tan accepte, mais trouve la mort dans un accident d’avion au mois de décembre, sans retrouver sa juste place sur un trône que, dans ses actes et dans son cœur, il n'a jamais vraiment quitté.

Fiche technique

Catégories Livres Histoire Histoire du monde Biographies / Témoignages Deuxième Guerre Mondiale
ÉditeurPerrin
ReliureBroché
Parution2023
Nombre de pages352
Hauteur21
Largeur14
Épaisseur3.2
Poids0.44 kg

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