Déni Français

Notre histoire secrète des liaisons franco-arabes

Nos élites sont sous influence. Autant savoir pourquoi et comment...

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    L'HOMME NOUVEAU, le 16 mars 2020 : Un diagnostic réaliste sur l’islam... 

   C’est à poser un diagnostic réaliste et précis sur cette question que s’attache Pierre Vermeren dans son Déni français (1). Lui aussi s’attarde sur les « errements », les « illusions » et les « compromissions » de l’État affaibli par son inculture historique et religieuse. Ainsi la France s’est tue sur la dimension religieuse de la guerre d’Algérie, pays où elle a même favorisé le salafisme durant l’époque coloniale. Plus récemment, non contente de dénoncer le pouvoir de Bachar El- Assad, elle est allée jusqu’à armer les djihadistes dans la révolution syrienne, invoquant pour cela la nécessité de défendre les aspirations « démocratiques » du peuple. Le clientélisme économique entre aussi en ligne de compte dans ce besoin de ménager le monde musulman, y compris dans ce qui l’oppose à la civilisation occidentale. Les exemples proposés par Vermeren sont nombreux. Le déni, explique-t-il dans une définition empruntée à Freud, est un « concept inventé en 1923 […] qui évoque un mode de défense infantile : le refus inconscient de reconnaître la réalité d’un traumatisme extérieur, tout en sachant confusément qu’il existe ». Cette attitude se vérifie dans la manière dont les pouvoirs publics gèrent la question de l’islam dans l’Hexagone, pratiquant notamment le flou quant aux données démographiques ou consentant toute liberté à l’endoctrinement des Frères musulmans, arabes ou turcs. Or, démontre l’auteur, les revendications islamistes, présentées comme « des exigences divines », constituent « un processus ascendant » appelé à s’imposer à un Occident perçu comme « dégénéré » par un islam avide de revanche et certain de vaincre. Dans ces conditions, le passage d’un « islam en France » à un « islam de France » projeté par l’État ne relève-t-il pas de l’utopie ?

   PRESENT, 25 février 2020, Paul Vermeleun :

   Après avoir montré dans son précédent essai, La France qui déclasse (Tallandier, 2019), combien les Gilets jaunes ont été une nouvelle jacquerie française, évoquant les nombreux maux meurtrissant la France et sa population : déclassement, souffrance économique, mondialisation malheureuse, immigration galopante, mise à l’écart de la majorité au profit d’une minorité exerçant le pouvoir politique, économique ou culturel, l’historien et professeur à la Sorbonne, normalien, spécialiste des mondes arabes et berbères, Pierre Vermeren appuie une nouvelle fois là où ça fait mal : ce ne sont pas les relations franco-arabes qu’il étudie mais bien les " liaisons " dangereuses et très actuelles entre notre pays et le monde musulman.

   Vermeren n’a pas son stylo dans sa poche : " La société communautaire et multiculturelle de l’Algérie française a été reconstruite de toutes pièces sur le territoire national. Cela a pris cinquante ans mais, comme en 1950 quand l’Algérie était intégrée à notre territoire administratif, la France compte aujourd’hui 20 % de naissances d’enfants musulmans selon l’INSEE en 2018, et 20 % de ses soldats sont musulmans. " Ainsi, et contrairement à ce qu’affirment les militants d’ultragauche, souvent parés du titre de "professeurs" dans des universités gangrenées, la France n’est pas un Etat colonial et raciste mais un Etat colonisé. Un pays qui vit une colonisation à l’envers, origine claire de la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, qu’on l’appelle  "archipel", "partition" ou "séparatisme".

   Dans cet ouvrage passionnant, qu’il faut absolument lire, les causes en sont identifiées avec rigueur, dès l’introduction : "La France semble ne s’être jamais remise de la guerre d’Algérie. Ce combat de trop d’une République française affaiblie et mutilée par la Deuxième Guerre mondiale et la guerre d’Indochine a été la faute que nos élites françaises ne cessent d’expier depuis un demi-siècle, sans que nous en ayons pris conscience. La guerre d’Algérie est au coeur de la fondation de la Ve République. Or tout le spectre politique national a contribué à cette guerre, du parti communiste à l’OAS, les socialistes et les démocrates-chrétiens s’y taillant la part du lion. Et si le paysage politique a changé depuis 1958, l’inconscient collectif politique français ne cesse de porter la marque de cette origine  Comment se reconstruire après le fiasco algérien ? La réponse se déploya à deux échelles : internationale d’une part, avec la fameuse "politique arabe" de la France, faite de compromission, de proximité et d’intérêts matériels partagés avec des régimes dictatoriaux ; à l’intérieur d’autre part, quand les élites républicaines décidèrent par étapes, en vertu de considérations avant tout morales, de transformer le pays par l’accueil de millions de musulmans, d’abord surtout algériens. Sur ces deux politiques, le peuple français ne fut pas consulté pour se prononcer. "

   Vermeren le dit : la France est au bord de la rupture. Réaction attendue.

Au sommaire :

L'idéologie du déni 

  • Des failles intellectuelles
  • Des failles politiques

La mécanique du déni

  • La faillite de notre "politique arabe"
  • La corruption des élites françaises
  • Pressions et clientélisme

Le déni extérieur et intérieur

  • La guerre d'Algérie est-elle vraiment finie ?
  • Zones de turbulence intérieures
  • Qui contrôlera les musulmans en France
  • Quel islam en France
  • Conclusion : solution ou soumission ?
  • Bibliographie.

L'auteur : Pierre Vermeren
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et agrégé d'histoire, historien et professeur des universités à Paris-1/Panthéon-Sorbonne. Attentif à la France qu'il parcourt, il dépeint au fil de ses tribunes les nombreux maux du pays.

4ème de couverture

   La guerre d'Algérie n'est pas finie. Elle se poursuit de façon discrète sur le territoire français. Mais le plus préoccupant, c'est que ce conflit larvé se déroule avec la complicité ou le silence embarrassé de nos élites hexagones.

   Les dirigeants français font tout pour éviter de poser les questions qui fâchent, qu'il s'agisse de notre politique arabe en ruine, ou des contours d'une nouvelle société musulmane transférée en quelques décennies sur le sol français avec ses millions de croyants (et d'athées).

   Les adeptes de la déconstruction ont voulu présenter comme un fantasme, ignorant ou refusant de penser que l'Islam, au sens de civilisation, est un tout culturel, social, politique et religieux qui va façonner une partie du destin français dans les prochaines années. or la donne a changé en 2001 avec l'irruption du djihadisme terroriste en Occident. Il a bien fallu cette fois ouvrir les yeux, ce qui n'empêche pas le déni français de perdurer.

   Ce sont les secrets qui entourent notre relation avec le monde arabe que dévoile Pierre Vermeren, l'un des meilleurs historiens actuels de l'Afrique du Nord.

Fiche technique

Catégories Livres Sciences Politiques Islam
Éditeur Albin Michel
Reliure Broché
Parution Novembre 2019
Nombre de pages 288
Hauteur 22.5
Largeur 14.5
Épaisseur 2.3

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Commentaires clients

Note 
(06/03/2020)
La France, l’islam et le Maghreb : sortir des non-dits

L'auteur analyse, sur la longue durée, l’immigration en provenance du Maghreb et ses enjeux. Il examine par ailleurs les inhibitions et les a priori idéologiques qui, selon lui, ont nui à la lutte contre le terrorisme. Et il dépeint très sévèrement la politique, à ses yeux catastrophique, de Paris sur le dossier syrien.
Une masse d’informations et de réflexions qui peut naturellement, sur certains aspects, susciter objections ou débats. Mais un livre dont la lecture est, en tout cas, indispensable.

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