Ce qu’enseigne vraiment l’Église sur la peine de mort
Postface de Mgr Christophe J. Kruijen.
Une réflexion chrétienne inédite sur la peine de mort - Actualité du débat
Mgr Christophe J. Kruijen est docteur en théologie dogmatique (Angelicum, 2009), il a été collaborateur de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2008‐2016) et travaille actuellement au sein de la curie diocésaine à Metz.
Au sommaire :
Préface - Introduction - I‐Ll’Ecriture sainte - II‐Les Pères de l’Eglise - III‐Les docteurs de l’Eglise IV‐Les papes et leur magistère V‐Objections - Conclusion - Annexe 1 : Les degrés d’autorité du magistère - Annexe 2 : Existe‐t‐il une justification philosophique de la peine de mort ? - Annexe 3 : La peine de mort favorise la conversion: quelques témoignages de criminels repentis avant leur exécution Bibliographie
RENIASSANCE CATHOLIQUE, Jean-Pierre Maugendre, octobre 2026 :
Avec les réelles qualités pédagogiques que chacun lui reconnaît, Matthieu Lavagna s’attache à démontrer que la légitimité de la peine de mort pour les coupables fait partie de l’enseignement constant de l’Église. L’Écriture sainte, les Pères et les docteurs de l’Église, les papes et le magistère ont toujours défendu cette position qui cependant s’infléchit avec Jean-Paul II puis Benoît XVI ; ces papes ne remettent d’ailleurs en cause pas tant le principe de la légitimité de la peine de mort que la pertinence, aujourd’hui, de son application pratique. Avec le pape François une nouvelle étape est franchie et s’incarne dans un article du Catéchisme de l’Église Catholique : « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde » (CEC § 2267). Cette affirmation sera reprise par le pape Léon XIV dans une déclaration du 10 octobre 2026. La rupture est assumée et publique ce qui pose de « réelles difficultés » auxquelles s’efforce de répondre Mgr Christophe J. Kruijen, docteur en théologie dogmatique, dans sa postface.
La discontinuité de l’enseignement magistériel est ici manifeste. Il ne suffit pas d’affirmer « La nouvelle formulation du No 2267 du catéchisme de l’Église Catholique approuvée par le pape François, se situe dans la continuité du magistère précédent et atteste un développement cohérent de la doctrine catholique » (Lettre aux évêques de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 1 août 2018) pour que cela soit la réalité. Fort opportunément l’auteur cite une réflexion du cardinal Ratzinger : « Une majorité réunie, où que ce soit, contre la foi de l’Église de tous les temps n’est pas une majorité : dans l’Église. La vraie majorité est diachronique », ce qui signifie qu’il n’y a développement de la doctrine et non corruption de celle-ci que si ce développement se fait « dans le même dogme, dans le même sens et dans la même pensée » (Commonitorium de saint Vincent de Lérins). Un ouvrage d’une singulière actualité alors que vient de paraître la première encyclique du pape Léon XIV Magnifica humanitas, tout imprégnée de la « dignité infinie » de la personne humaine, à l’origine du nouvel enseignement pontifical sur la légitimité de la peine de mort. Jean-Pierre Maugendre
LE SALON BEIGE, Michel Janva, 7 septembre 2026 :
[...] Dans la postface de ce livre, Mgr Christophe J. Kruijen, docteur en théologie dogmatique, ancien collaborateur de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2008-2016), fait remarquer que la modification du CEC en 2018 fut décidée par un simple rescrit pontifical, dont on relève le caractère autoréférentiel puisque la seule source citée est un discours du pape François. Alors que le projet de rédaction du CEC fit l’objet d’une vaste consultation de tous les évêques. Mgr Kruijen souligne l’imprécision théologique du terme « inadmissible », le caractère disruptif de ce néo-Magistère pontifical, qui fragilise la crédibilité et la cohérence de tout le Magistère. Ce qui permet de conclure que ce passage du CEC ne fait pas partie du Magistère infaillible.
Matthieu Lavagna répond également à un certain nombre d’objections, notamment croire qu’il serait incohérent d’être hostile à l’avortement et à l’euthanasie tout en étant favorable à la peine de mort, ce qui rejoint l’article récent de Guillaume de Thieulloy ; l’objection selon laquelle seul Dieu est maître de la vie et de la mort ; ou encore celle du père Basile Valuet, moine au Barroux, qui considère qu’il n’y a pas de contradiction entre l’ancienne et la nouvelle rédaction, le pape François enseignant que la peine de mort est inadmissible aujourd’hui, compte tenu des circonstances actuelles, et non qu’elle est immorale en tous temps et en tous lieux. Le père Basile n’a visiblement pas bien lu le pape François, qui a approuvé la déclaration de la Doctrine de la foi dans Dignitas infinita : la peine de mort, elle aussi, viole la dignité de tout être humain, inaliénable en toutes circonstances. Il est même hostile à la prison à perpétuité : La prison à perpétuité est une peine de mort cachée [Fratelli Tutti n°268] Au regard de l’enseignement historique de l’Eglise, Matthieu Lavagna interroge : Doit-on vraiment croire que notre Eglise indéfectible a approuvé une sorte de meurtre contraire au 5e commandement pendant presque deux mille ans jusqu’à ce que la lumière de la vérité illumine enfin l’intellect de François pour rectifier l’affaire ? Non, une telle hypothèse n’est pas crédible et remettrait d’ailleurs en cause l’indéfectibilité de l’Eglise dans son enseignement moral.
Le recours à la peine de mort demeure une question d’ordre prudentielle, légitime, à laquelle il est possible pour un chrétien d’être favorable. A titre personnel, je suis défavorable à sa légalisation dans la France d’aujourd’hui, compte tenu des circonstances politiques, ne voulant pas mettre cet outil judiciaire entre les mains d’un ministre mélenchoniste ou de juges gauchistes, parfois plus sévères avec les honnêtes citoyens en situation de légitime défense qu’avec les criminels.
FRONTIERES :
Matthieu Lavagna : « il est faux de dire que les catholiques ne peuvent pas être favorables à la peine de mort » Alors que plusieurs procès récents remettent sur le devant de l'actualité la question de la sévérité des peines, le philosophe et apologète catholique Matthieu Lavagna rappelle la position de l'Église catholique sur la peine de mort, position qui s'appuie sur les notions de justice et d'innocence.
[...] Même le Pape Saint Jean Paul II qui était personnellement favorable à une abolition pratique de la peine capitale reconnaissait néanmoins dans le Catéchisme de l’Église catholique que « l’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort » (n°2267) et le cardinal Ratzinger – futur Benoît XVI – concluait en 2004 que les catholiques pouvaient avoir des avis différents sur l’application prudentielle de la peine de mort : « il peut être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou d’avoir recours à la peine capitale. Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie. » (Consignes pour recevoir la Sainte Communion, 2004). Il est donc faux de dire que les catholiques « ne peuvent pas être favorables à la peine de mort ». L’Écriture Sainte, le consensus des Pères, le consensus des Docteurs, des théologiens et des Papes jusqu’à Benoit XVI enseignent que la peine de mort n’est pas intrinsèquement immorale et qu’elle peut être permise dans certaines circonstances. Ce sujet est donc une question prudentielle qui peut faire débat chez les catholiques.
La peine de mort demeure l’un des points les plus sensibles du débat moral actuel, y compris dans le monde catholique. Certains estiment qu’elle est inconciliable avec l’Évangile. D’autres rappellent qu’elle fut longtemps tenue pour moralement possible, selon des circonstances précises. Voici une analyse rigoureuse et sans a priori de l’enseignement bimillénaire de l’Église sur la peine capitale. Elle introduit le lecteur au coeur de l’Écriture sainte, des Pères de l’Église et du magistère pour offrir des repères solides et éclairer cette question difficile à la lumière de la Tradition.
À la croisée de la théologie, de l’histoire et de la philosophie morale, ce livre s’adresse à tous ceux qui souhaitent dépasser les slogans et se former un jugement fondé sur la connaissance précise de la doctrine catholique.
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- 28 août 2026
- Nombre de pages
- 180
- Hauteur
- 20.5
- Largeur
- 13.5
- Épaisseur
- 1
- Poids en KG
- 0.235