Le séminaire des barbelés - 1945-1947 : Franz Stock au coeur de la première réconciliation franco-allemande

Coup de - A.C. Lundi.

Ce livre relate l'incroyable histoire de l'unique séminaire installé dans un camp de prisonniers ; et celle de Franz Stock, figure rayonnante de la réconciliation franco-allemande née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Artège
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BOULEVARD VOLTAIRE, 26 avril 2026 : Alexis Neviaski nous raconte une histoire oubliée et bouleversante vécue en France pour construire la paix en Europe

   Il est des livres qui racontent plus qu’une histoire, qui font revivre le passé, voire nous y transportent. Le Séminaire des barbelés, d’Alexis Neviaski  est l’un d’entre eux.

   Conservateur général du patrimoine, en poste au ministère de la Culture au sein d’une DRAC, et docteur en histoire, l’auteur use d’une double exigence de rigueur scientifique et d’humanité pour accomplir la narration de ce sujet d’importance. À travers des archives précises, des correspondances et des témoignages d’une grande valeur, il exhume ainsi un épisode largement méconnu de l’après-guerre et lui redonne toute sa portée historique. Son récit ne se contente pas de raconter des faits oubliés, il éclaire l’un des fondements les plus profonds, les plus marquants et peut-être les plus touchants de la réconciliation franco-allemande.

   Une Allemagne à reconstruire En effet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est ruinée, les villes sont détruites et les consciences le sont tout autant. Les Alliés comprennent rapidement que l’Allemagne ne pourra être reconstruite que par les Allemands eux-mêmes. Encore faut-il d’abord relever un peuple meurtri, longtemps soumis à l’idéologie nazie, dont les corps et les âmes doivent être libérés. La reconstruction matérielle ne suffit pas, une reconstruction morale s’impose. C’est dans ce contexte que la situation de centaines de séminaristes, novices, scolastiques et jeunes religieux allemands, enrôlés dans les armées du Reich, dispersés par la guerre et devenus prisonniers aux yeux des Alliés, devient cruciale. Ne pouvant être libérés dans l’immédiat, ils ne peuvent néanmoins rester sans perspective. Leur vocation et leur formation peuvent alors faire d’eux des acteurs du redressement de leur pays. Naît alors une initiative exceptionnelle, celle du séminaire des barbelés, d’abord à Orléans puis à Chartres. Unique séminaire installé dans un camp de prisonniers de guerre, il accueille, entre 1945 et 1947, près de 950 séminaristes, dont 630 futurs prêtres. Derrière les clôtures de ces camps, pendant deux années, ces jeunes hommes vont reprendre leurs études, prier, apprendre, espérer et retrouver un sens à leur existence. Malgré la faim, le froid, le manque de vêtements, l’absence de livres, la séparation douloureuse d’avec leurs familles, ils détournent leur regard de l’ombre d’Hitler et de la guerre pour le tourner vers Dieu et vers l’avenir.

   Des hommes au service de la paix Au gré de cette histoire, l’œuvre d’Alexis Neviaski nous fait rencontrer de grandes figures. L’abbé Franz Stock, supérieur du séminaire, domine naturellement le récit. Déjà connu comme l’aumônier des prisons parisiennes ayant accompagné de nombreux résistants condamnés à mort, il apparaît ici sous un autre jour : celui d’un bâtisseur de paix. Admirable de dévouement, il donne tout à cette mission, jusqu’à sa santé pourtant fragile. Il comprend que former ces futurs prêtres allemands en France, suivant les directives des Alliés, revient à préparer la paix entre deux peuples. À ses côtés apparaissent également l’abbé Le Meur, Mgr Harcouët, évêque de Chartres, ou encore le nonce apostolique Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, ainsi que des officiers français d’une grande humanité, tel le commandant Gourut. Le « bon pape » résumera lui-même la portée de cette œuvre par une déclaration rapportée dans le livre, comme tant d’autres nous immergeant réellement dans ce passé, que « le séminaire de Chartres est à la fois une chance pour la France et pour l’Europe. Il s’agit d’un geste de compréhension et de réconciliation. »

   Une réconciliation concrète Le livre rappelle ainsi avec force que la réconciliation franco-allemande ne s’est pas bâtie seulement par des échanges politiques entre Paris et Berlin ou par des projets économiques comme la CEE. Elle s’est aussi forgée dans des lieux modestes, à travers des gestes simples et courageux. Jacques Chirac évoquera cela en parlant de l’abbé Stock au chancelier allemand, en mars 1998, en affirmant qu’« il avait, parmi les premiers, compris que la réconciliation est un état d’esprit. Elle est une construction de chaque jour. Elle repose non sur le refus de l’Histoire mais sur l’aptitude à en tirer les leçons et à la dépasser. » La réussite du séminaire des barbelés fut également prouvée par le témoignage des anciens séminaristes tel Emile Stehle, devenu évêque, qui conserva toute sa vie l’anneau de Mgr Harcouët. Il y voyait « un testament et [sa] seule richesse matérielle ». Alexis Neviaski prolonge cette pensée en voyant en cet anneau le « plus beau symbole de la réconciliation franco-allemande » qui matérialise également « l’unité ecclésiale, la communion spirituelle et l’alliance des peuples ».

   Un livre profondément marquant Nous touchant profondément, ce livre nous fait partager les souffrances de ces jeunes séminaristes, leur espérance retrouvée et leur fraternité née dans l’épreuve. Nous ressentons aussi l’injustice du destin de l’abbé Stock qui, malgré son engagement au service des Alliés et de la paix, demeure traité comme prisonnier de guerre et meurt à Paris, malade, épuisé, loin des siens. Lorsque vient la fermeture du séminaire dans le récit, un double sentiment s’impose à nous. En effet, la joie domine devant la réussite de cette mission, dont le succès était loin d’être assuré, et le retour de ces hommes vers leur pays, conscients de la tâche qui les attend. Cependant, une profonde mélancolie accompagne la séparation de ceux que l’adversité avait unis, qui déclareront néanmoins, vingt ans après leur départ de Chartres : « Nous autres, Chartrains, avons conscience de porter hautement dans notre peuple le message de paix et de fraternité entre la France et l’Allemagne, car l’Europe doit se reconstruire, une Europe chrétienne. » Par son érudition comme par son humanité, Le Séminaire des barbelés révèle ainsi une vérité essentielle : les grandes réconciliations naissent parfois de petites œuvres, discrètes en apparence, immenses par leurs conséquences.

GUERRES ET CONLFITS, 27 avril 2026

123 LOISIRS, 22 mai 27 avril 20262026 :

   Au printemps 1945, alors que l’issue de la Seconde Guerre mondiale semble proche, les puissances alliées réfléchissent à l’après-guerre. L’éradication du nazisme des esprits et la réconciliation en Europe apparaissent comme nécessaires à une paix durable. Le chaos est général et les atrocités commises par les nazis commencent à être connues par la population. Les vainqueurs doivent veiller au sort des prisonniers de guerre. Parmi eux se trouvent de nombreux séminaristes ou religieux en formation, qui ont dû interrompre leurs études. Leur vocation a été parfois fragilisée. Comment reconstruire un clergé allemand décimé par la guerre ? Une poignée d’hommes va soutenir ce projet politique et spirituel et permettre la création de ce que l’on appellera plus tard « le séminaire des barbelés ». Ce séminaire situé d’abord à Orléans puis au Coudray, non loin de Chartres sera constitué de prisonniers de guerre allemands, à l’intérieur même d’un camp de prisonniers.

   C’est donc l’histoire d’une œuvre unique, d’une initiative audacieuse portée par des hommes habités par la foi : l’Abbé Rodhain, aumônier général des prisonniers de guerre, le général Boisseau, directeur général et inspecteur des prisonniers de l’Axe, Monseigneur Roncalli, nonce apostolique en France et futur pape Saint Jean XXIII, Monseigneur Harscoët, évêque de Chartres… Le supérieur de ce séminaire qui s’organise dans des conditions matérielles et morales très difficiles sera l’Abbé Franz Stock, déjà épuisé par les épreuves endurées comme aumônier des prisonniers condamnés à mort sous l’Occupation. Il a accompagné plus de mille résistants fusillés au Mont Valérien. Les prisonniers affluent. Entre 1945 et 1947, 950 séminaristes y seront formés, dont 630 futurs prêtres, 4 évêques et 2 pères abbés. Une lecture passionnante, sur un épisode méconnu de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la reconstruction spirituelle de l’Europe.

LE SALON BEIGE, Michel Janva, 18 avril 2026 : Le christianisme doit être viril, un christianisme qui ne craint pas l’affrontement, qui réclame un engagement, un christianisme lumineux comme un phare

   Ce livre relate l’incroyable histoire de l’unique séminaire installé dans un camp de prisonniers ; et celle de l’abbé Franz Stock, figure rayonnante de la réconciliation franco-allemande, qui décède peu après en février 1948. Lors du second anniversaire du séminaire, l’abbé Stock a prononcé une allocution, le 26 avril 1947, quelques semaines avant sa fermeture définitive.

RADIO COURTOISIE, 11 avril 2026, libre journal des débats.

LES QUATRE VERITES.

   Hérault de l'amitié franco-allemande, Franz Stock est connu pour avoir été l'aumônier de prison qui a accompagné les résistants parisiens condamnés à mort.

   De nombreux livres relatent l'héroïsme de ce prêtre de la « fraternité universelle » descendu « en enfer »‚ mais fidèle à la béatitude qui le caractérise – « heureux les doux ». Pour autant, qui sait que l'abbé Stock a aussi été le supérieur d'un séminaire pas comme les autres ? Avant même la fin des combats, il dirige un séminaire de prisonniers de guerre allemands‚ regroupés d'abord à Orléans puis à Chartres : le séminaire des barbelés. Alliance entre le sabre et le goupillon soutenue par le nonce apostolique en France, Mgr Roncalli, le futur saint pape Jean XXIII, cette initiative audacieuse doit permettre la reconstruction d'un clergé d'outre-Rhin qui soit porteur de réconciliation entre nos deux peuples. Entre 1945 et 1947, 950 séminaristes, dont 630 futurs prêtres y sont formés.

   Ce livre relate l'incroyable histoire de l'unique séminaire installé dans un camp de prisonniers ; et celle de Franz Stock, figure rayonnante de la réconciliation franco-allemande née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Docteur en histoire, Alexis Neviaski est conservateur du patrimoine à la Direction de la mémoire du patrimoine et des archives du ministère de la Défense. Ancien officier de la Légion étrangère, il a dirigé la Division histoire et patrimoine de la Légion étrangère et a été le conservateur du musée de la Légion.
Editeur : Artège
9791033617174

Fiche technique

Âge conseillé
À partir de 15 ans
Reliure
Broché, couverture souple
Parution
18 mars 2026
Nombre de pages
300
Hauteur
23.5
Largeur
15
Épaisseur
2.5
Poids en KG
0.453

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