La liturgie dans les camps - Célébrer la messe à Auschwitz
Un livre d'histoire qui se lit comme un traité d'espérance.
RENAISSANCE CATHOLIQUE, Jean-Pierre Maugendre, 3 février 2026 :
Durant la seconde guerre mondiale prés de deux millions de Français, essentiellement de jeunes hommes, furent emprisonnés, déportés ou requis au titre du STO en Allemagne. L’épiscopat français mit sur pied plusieurs organisations et organismes afin, d’une part de venir en aide aux séminaristes, religieux, prêtres déportés ou emprisonnés et, d’autre part d’apporter un secours spirituel et matériel aux laïcs ainsi exilés dans un milieu étranger et hostile. Furent ainsi concernés 2000 à 3000 prêtres et religieux, 2000 à 3000 séminaristes, novices et jeunes profès, 7000 militants et militantes d’action catholique.
C’est cette histoire que nous narre Yves Chiron dans un travail très documenté et complet, au plan clair. Les situations apparaissent extrêmement contrastées. Hormis la détention, il y a peu de points communs entre le stalag I A de Stablack, en Prusse orientale, où fut établi un séminaire stable et le camp de concentration de Dachau où eut néanmoins lieu l’ordination clandestine du diacre allemand, aujourd’hui bienheureux, Karl Leisner, par l’unique évêque français déporté, Mgr Piguet, évêque de Clermont-Ferrand. La catholicité de l’Eglise se manifeste ici pleinement dans la grande compassion des prêtres allemands pour leurs malheureux coreligionnaires en détresse. Ces années d’épreuve et de mixité sociale influenceront durablement l’Eglise de France dont plusieurs personnalités éminentes comme les pères Congar o.p. ou Riquet s.j. auront passé toute la guerre (6 années) dans ces camps, loin de toute structure hiérarchique et contraints à des innovations liturgiques et apostoliques qu’ils souhaiteront voir perdurer après le conflit.
Un ouvrage d’une brûlante actualité alors que 50 requis du STO, dont la liste est dans ce livre, ont été déclarés bienheureux le 13 décembre dernier en la cathédrale Notre-Dame de Paris.
LETTRES A NOS FRERES PRETRES, décembre 2025 :
Yves Chiron nous propose un travail sur un sujet original, la façon dont a pu être menée une vie religieuse dans les innombrables (et très divers) camps de prisonniers du Reich allemand durant la Seconde Guerre mondiale (en se restreignant, toutefois, aux prisonniers français). Beaucoup de témoignages ont été publiés juste après le conflit, mais ils sont tombés aujourd’hui dans un certain oubli : Chiron a le mérite de les exhumer et d’en faire la synthèse. La suite des chapitres manifeste la richesse de vie chrétienne qui a pu exister dans ces lieux plutôt sinistres par eux-mêmes. Il est ainsi question de la prière, de la messe, de la confession, des autres sacrements et cérémonies (baptême, confirmation, mariage, ordination, extrême-onction, funérailles). Encore plus étonnant, il a existé des formes de « séminaires » derrière les barbelés, au sein desquels des séminaristes et des novices religieux poursuivaient leur formation. Cette situation inédite et, à certains égards, plutôt « baroque », a favorisé chez certains des évolutions mentales qui ont rejailli après la guerre dans les divers mouvements qui agitaient alors l’Église : mouvement liturgique, mouvement œcuménique, mouvement biblique, etc.
L'HOMME NOUVEAU, octobre 2025 :
une étude très fouillée et documentée sur la vie liturgique et paraliturgique des prisonniers et déportés français pendant la Seconde Guerre mondiale*. Cette expérience humaine, difficile et douloureuse, eut une conséquence inattendue par le changement qu’elle provoqua chez les prêtres et les religieux vis-à-vis de la liturgie et de leur vie sacerdotale et religieuse. Avec l’autorisation de l’éditeur et de l’auteur, que nous remercions l’un et l’autre, nous donnons ici quelques extraits de cet ouvrage appelé à faire date.
Au sommaire :
- L'assistance spirituelle aux prisonniers de guerre
- La prière et les signes religieux
- La messe
- La confession
- Du baptême aux funérailles
- Des séminaires derrières les barbelés
- Action catholique de captivité et Action catholique clandestine
- Œcuménisme
- Expérience et remise en cause
- Annexes - Index des noms cités lieux et personnes.
Dieu est-il absent de l'horreur ? Que signifie la prier parmi les barbelés ? Où et quand trouver le temps et le lieu d'une assemblée liturgique ? Comment les prêtres, religieux, laïcs déportés par l'Allemagne nazie ont-ils vécu leur foi ? Quelle dimension insoupçonnée a-t-elle revêtue pour l'attestation de l'Évangile ?
Yves Chiron révèle ici une page méconnue de la terrible chronique des camps. Grâce à de nombreux documents et témoignages inédits, recueillis notamment dans les archives de l'Aumônerie des prisonniers de guerre, il nous dévoile la permanence de la quête du Christ jusque dans l'expérience crucifiante de la captivité. Il nous montre la diversité des situations selon les lieux de détention. Si dans les camps de prisonniers de guerre, les catéchèses, les prédications, les sacrements et même les formations de séminaristes étaient autorisés, dans les camps de concentration, la moindre manifestation de piété était strictement prohibée et sévèrement punie. Toutefois, grâce à la sollicitude d'organisations comme la Croix-Rouge ou l'Aumônerie des prisonniers, le culte put se perpétuer, même clandestinement, jusque dans les circonstances les plus extrêmes.
L'expérience du courage et de la souffrance, parfois jusqu'au martyre, marqua profondément toute une génération de croyants. Le renouveau théologique et liturgique d'après-guerre en est discrètement mais profondément tributaire. La conscience spirituelle de l'événement pascal également.

Yves Chiron, spécialiste de l'histoire de la papauté, est l'auteur d'ouvrages de référence sur les apparitions mariales, les miracles, les béatifications et les canonisations, traduits en plusieurs langues.
Fiche technique
- Reliure
- Broché
- Parution
- Novembre 2025
- Nombre de pages
- 336
- Hauteur
- 23
- Largeur
- 15
- Épaisseur
- 2.6
- Poids en KG
- 0.485