Gueules cassées histoire du Preneur d'âmes
Préface de Mgr de Romanet, évêque aux armées,
Dessins de Christophe Hénin.
Vive Dieu, Vive la France et vive le 4° Colonial !
L'HOMME NOUVEAU, N°1859 juillet 2026, Natacha :
Louis Lenoir n’était pas destiné à devenir aumônier militaire. Prêtre jésuite ordonné en 1911, il est alors nommé en Belgique comme enseignant de collège. Puis arrive l’ordre de mobilisation en 1914. Dès lors, le père Lenoir se met au service de tous les soldats : ceux qui le réclament pour leurs derniers instants, ceux qui veulent la messe ou se confesser avant d’aller au combat, ceux qui ne connaissent pas Dieu... Et pour ce faire, il demande à partager la vie des poilus, dans les tranchées. Au péril de sa vie, le père Lenoir va ainsi braver les tirs, les obus, la fatigue extrême et, tel le Bon Pasteur, donnera sa vie pour ses brebis.
La lecture de cette bande dessinée au scénario particulièrement bien mené et aux images poignantes ne peut laisser indifférent. Quelle excellente chose de faire connaître cette lumineuse figure de prêtre, réellement configuré à Notre-Seigneur, à une époque où le prêtre est si ignominieusement attaqué ! L’émotion que suscite la lecture de cette BD est à rapprocher de la belle préface de Mgr de Romanet, évêque aux armées, à l’appel à l’engagement de jeunes hommes généreux.
LE SALON BEIGE, 6 juin 2025 : Vive Dieu, Vive la France et vive le 4ème Colonial !
Le père Louis Lenoir est un prêtre jésuite né le 14 février 1879 à Vendôme en Loir-et-Cher. Lorsque la guerre éclate, il est professeur à Marneffe, en Belgique, exilé par les lois anti-congrégationistes de la République. Répondant à l’appel aux armes, il rentre en France pour s’engager comme aumônier militaire « afin de mettre Jésus-Christ dans la vie et l’âme de ceux qui allaient se battre ». Souhaitant être au plus près des combattants, il est affecté auprès de la 2e division d’Infanterie coloniale.
Durant plus de trente mois, il ne cessera d’accompagner sa division sur tous les champs de bataille : en Champagne, dans la Somme et à Salonique. Inlassablement, il n’hésite pas à monter en première ligne ni à multiplier les kilomètres pour venir en aide aux blessés et orienter les âmes de chacun vers « le Bon Dieu », comme il aimait l’appeler. Son message était d’autant mieux accepté par tous qu’il se montrait à la hauteur de ce qu’il exigeait. Un soldat aurait dit du père Louis Lenoir, pour le décrire à sa famille : « Notre aumônier a le diable au corps pour faire aimer le bon Dieu ! ».
En novembre 1916, le Père Lenoir rejoint le front d’Orient, puis en 1917, les coloniaux montent en ligne à l’est de Monastir et s’installent face aux positions bulgares, dominées par le Piton Jaune (1.055 mètres d’altitude). Le 9 mai 1917, alors qu’il s’en va porter secours à des blessés tombés près des lignes ennemis, l’abbé Lenoir prend le risque de se mettre à découvert et se fait faucher par la mitraille bulgare. Sur sa dépouille, deux lettres sont retrouvées. Dans la première, adressée à ses parents, il écrit : « si cette lettre vous parvient, c’est que notre Divin Maître vous aura fait un très grand honneur : après avoir donné à votre fils les grâces de la vocation religieuse et du sacerdoce, Il lui aura donné de mourir en servant à la fois Dieu et la France ». La deuxième lettre est adressée aux hommes de son régiment. « De tout mon coeur de Français, je leur demande de continuer à faire vaillamment leur devoir, à maintenir les traditions d’héroïsme du régiment, à lutter et à souffrir tant qu’il faudra, sans faiblir, pour la délivrance du pays, avec une foi inconfusible dans les destinées de la France », écrit-il.
Mort au service de la France et de l’Église, l’abbé Lenoir a laissé derrière lui un Livre de prières du soldat catholique. « Vous êtes fiers d’être soldats, soldats de la France, soldats de tel régiment dont le drapeau évoque tant de gloire, soyez plus fiers encore d’être catholiques, c’est-à-dire soldats de Jésus-Christ et de l’Église sous le drapeau de la Croix qui rallie tous les élus », y affirme-t-il. « Soyez fiers d’aller à l’Église, de prier Dieu, de vous approcher de Lui dans la communion ».
Un bel album poignant. Le père Hadevis a les mots choisis pour parler d’un prêtre en service. Les mos pour décrire ce message d’amour. Les mots pour parler du sacrifice jusqu’à offrir sa vie. Les illustrations collent au texte, nous figent sur les Gueules cassées, nous pressent quand il faut courir devant la mitraille, et nous émeuvent aux larmes devant tant de morts et de sang. A la fin de l’ouvrage, Petite dossier : Gueules cassées, leur vie, leur courage – Hommages – Prière du Père Lenoir.
Pour acquérir une discipline, accéder à un savoir quelconque, il faut demander et recevoir. C'est un art ; l'art d'être disciple.
Lorsque j'étais élève au collège, je disais souvent : "Montrez-moi un homme de valeur, et je le suivrai partout". Je demandais un homme ayant tout acquis de ce qui fait l'homme et qui sût aussi transmettre son acquis. J'avais lu la biographie du Père Lenoir, jésuite, aumônier militaire durant la Première Guerre mondiale. Et je pensais : "Si je pouvais rencontrer un homme de cette trempe, je lui dirais : Formez-moi selon votre gabarit, et je vous suivrai jusqu'au bout du monde et plus loin encore".
Père Jérôme 1907-1985, moine de l'Abbaye Notre-Dame de Sept-Fons.

Le Père Christophe Hadevis est prêtre de l’Emmanuel et du diocèse d’Autun. Auteur de nombreuses bandes dessinées, il a reçu le prix de la BD chrétienne d’Angoulême en 2014.
Fiche technique
- Âge conseillé
- À partir de 12/13 ans
- Parution
- 28 mai 2025
- Nombre de pages
- 56
- Hauteur
- 31
- Largeur
- 23.5
- Poids en KG
- 0.570