Le christianisme face aux autres religions - Jésus-Christ est le "centre de l'histoire"

Artège
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"Si l'Eglise est "en marche", il n'est peut-être pas inutile de se demander vers quoi !"

Au sommaire :

  • Analyser les discours religieux ?
  • Organiser "les religions" autour d'un pôle
  • La foi chrétienne : son impact direct et indirect
  • Le fondement des post-christianismes
  • Des contrefaçons profitant de vides
  • Un vécu trinitaire inversé ?
  • Conclusion : "Le chemin, la vérité la vie"

MARION DUVAUCHEL, 26 janvier 2026 :

   Le titre du dernier livre du père Edouard-Mariene ne reflète pas exactement l’ensemble des idées qui y sont développées mais il correspond à l’un des fils directeurs de sa réflexion et bien certainement à l’une de ses préoccupations. D’emblée, l’excellente introduction nous met en face de ces interrogations qui pour n’être pas récentes dans l’Eglise méritent d’être reposées en des termes autres que ceux des encycliques et à travers des primes différents. A ce seul titre déjà, l’ouvrage mérite toute notre attention.

LE SALON BEIGE, Michel Janva, 17 juillet 2025 : 

   Précisément, ce livre explique comment se sont faites ces contrefaçons, ainsi que pourquoi, autant qu’on puisse le dire. Cette connaissance de l’histoire réelle est indispensable pour éviter le grand fourre-tout « des religions », mêlant des réalités aussi étrangères entre elles que les innombrables cultes antiques (préchrétiens, qui sont des cultes à rites) et les phénomènes religieux qui sont apparus après le christianisme et qui font tous appel à des sortes de foi (ils ne sont plus essentiellement des rites). Les idéologies font également appel à une « foi » – Raymond Aron les appelait des « religions séculières » au sens où elles ne se distinguent pas réellement des « religions » post-chrétiennes (= apparues à la suite du christianisme et d’une première évangélisation).*

   Nier la différence radicale qui existe entre les premiers, les cultes anciens, et les seconds, les phénomènes post-chrétiens, c’est tomber dans le piège du mot « religions » au pluriel, qui est précisément un faux concept (très différent du sens de « religion » au singulier, laquelle est une vertu morale). Dans ce piège (dénoncé par Benoît XVI), beaucoup d’intellectuels sont tombés, y compris dans l’Église. Un mot-piège est un mot inventé pour tromper – ici « religions » au pluriel, pour occulter la différence radicale qui existe entre ce qu’il y avait avant Jésus-Christ et ce qui s’est passé après Lui : de la sorte, le tournant que représente l’apparition du christianisme dans l’Histoire humaine est gommé.

   Un tel effacement du christianisme dans la culture n’est évidemment pas fortuit, que ce soit au nom du « pluralisme » ou des « dialogues » … ou même au nom de la charité. « Il ne faut pas parler de Jésus, cela dérange » entend-on dire (éventuellement avec amendes et prison à la clef). Et il est interdit de juger l’arbre à ses fruits comme lui-même le recommandait. Car que sont donc ces « religions » qui se sont substituées ou veulent se substituer à la foi chrétienne, sinon des entreprises de détournement spirituel en vue de soumettre l’humanité ? Ces soumissions n’entraînent-elles pas de terribles conséquences sociales, familiales, et personnelles ? La vraie charité, loin de celle derrière laquelle se dissimule la compromission, la lâcheté ou pire encore, est de s’opposer à ces post-christianismes en aidant les gens à s’en libérer. Le dialogue ouvert et charitable, qui prend l’histoire en compte, est celui-là.

   De même que Jésus est le tournant dans l’histoire de tous ceux qui l’ont découvert (ou « rencontré » comme ils disent), de même est-il le tournant dans l’histoire globale de toute l’humanité dès le 1er siècle, la liberté humaine étant totalement respectée. Et ce tournant se manifestera pleinement lors de sa Venue glorieuse. La crise de l’Église suite à Vatican II tient pour beaucoup au fait d’avoir oublié cela.

CLAVES, mars 2025 :

   Attention, le titre de ce petit mais important ouvrage peut porter à confusion : il ne s’agit pas d’un énième « atlas des religions » noircissant le papier pour présenter de manière synoptique (et donc égalisante) les grands monothéismes ou les différentes spiritualités. Dans Le christianisme face aux autres religions, (sous-titre : Jésus-Christ est le “centre de l’histoire”), le père Edouard-Marie Gallez adopte un point de vue résolument chrétien, et analyse de l’intérieur, à la lumière de l’Ecriture Sainte et de la théologie, les éléments contemporains de la relation et du dialogue entre l’Eglise et les autres religions.

   En introduction, l’auteur définit deux manières de faire dialoguer le christianisme avec le monde : 

– sociologiquement : la démarche (sempiternelle) par comparaison, à laquelle il se refuse ;  historiquement : la démarche traditionnelle et patristique, qui s’inscrit dans une prise en compte du sens de l’histoire.

   Le constat qu’offre l’auteur en conclusion est qu’il y a eu un avant et un après Jésus-Christ, et que cette affirmation doit être posée comme préalable non-négociable à toute démarche inter religieuse. Il appelle à poser aux « religions nouvelles » les vraies questions de l’avenir, de l’espérance, car si l’on oublie l’avenir, on est confiné dans un « ici-et-maintenant » habité et dominé par les post-christianismes. Dans cet essai brillant et érudit, le père Gallez livre ainsi un plaidoyer pour redonner au christianisme la place qu’il n’aurait jamais du abandonner dans l’horizon religieux de l’humanité : à l’image du Christ, il est chemin, vérité et vie.

   Nous avons beaucoup apprécié la lecture de cet ouvrage particulièrement original et stimulant : l’auteur ne mâche pas ses mots et ne s’entoure pas de précautions oratoires pour aller au fond du sujet et dénoncer les non-dits et les impasses (ou culs-de-sac) du dialogue interreligieux contemporain. Le contenu est riche, encore nourri par de nombreuses et copieuses (mais souvent très intéressantes) notes de bas de page. Certains regretteront peut-être de ne pas trouver dans ce travail très personnel plus de liens ou de passerelles vers la réflexion ou les données scientifiques d’autres auteurs contemporains. On aurait également pu creuser la réponse philosophique réaliste (puisée aux principes de saint Thomas d’Aquin et actualisée par des penseurs contemporains) à la démarche dialectique, et les outils intellectuels qu’elle fournit pour penser la dimension trinitaire de notre foi.

LE SALON BEIGE, 25 janvier 2023 :  La Religion et les religions

   Le père Edouard-Marie Gallez, docteur en théologie et histoire des religions à l’université de Strasbourg, s’est fait connaître par ses découvertes scientifiques autour de la naissance de l’Islam. Il est un des piliers de l’association EEChO, Enjeux de l’Étude du Christianisme des Origines, qui réunit des chercheurs et universitaires d’Orient et d’Occident. Il vient de publier chez Artège Le Christianisme face aux autres religions, Jésus-Christ est le “centre de l’histoire”, dans lequel il souligne qu’il y a un avant et un après la Rédemption, les religions naissant après la venue du Christ se positionnant en fonction du christianisme et non en dehors.

   Fort de cette analyse, l’auteur critique les contours du dialogue interreligieux, qui ne s’effectue pas en vérité, mais sur la base de réalités faussées.

   Dans une note du livre, il écrit aussi que le Décret sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae, 1965) visait les Etats communistes, en oubliant la réalité des conditionnements humains dans le monde occidental – globalement la socio-ingénierie. Le problème en effet n’est pas d’affirmer un droit objectif à croire ce qu’on veut, mais d’affirmer le droit humain objectif à n’être pas trompé et manipulé, peu importe dans quel système politique – ce qui conduit à réfléchir sur les moyens qui pourraient favoriser un tel droit universel, opposé aux manipulations.

   Cet oubli de Vatican II paraît bien étrange.

 

   Jésus est-il le « centre de l'Histoire » ? Y a-t-il un « avant lui » et un « après lui » au sens où il aurait infléchi le cours de celle-ci ? « L'après lui » est alors le point de départ du monde actuel, nous précise sans ambages l'auteur, un monde façonné à la fois par le christianisme‚ et par les phénomènes religieux qui se sont constitués après et en opposition à celui-ci.

   Le Père Gallez démontre que c'est d'abord à l'intérieur même de l'héritage chrétien qu'apparaissent les post-christianismes, des contrefaçons qui dénaturent profondément la force de la Révélation. Un tel « produit miracle » qui rejoint le désir le plus profond de l'homme d'être libéré du mal ne pouvait pas manquer d'être détourné.

   Ces détournements conduisent inévitablement les hommes, soit par une démarche messianique et totalitaire, soit par des religiosités qui réduisent Jésus à un simple éveilleur spirituel, à des replis sur soi reniant le Père.

   Par sa fine connaissance des mondes religieux, l'auteur nous donne à redécouvrir l'absolue singularité de la Révélation chrétienne et le caractère unique du mystère de la Trinité : la rencontre avec l'Esprit Saint qui conduit au Fils puis au Père.

Prêtre catholique, théologien spécialiste en histoire religieuse, auteur du livre Le Messie et son prophète et de nombreux articles pour des publications ou colloques en France et à l'étranger.
Editeur : Artège
9791033616085

Fiche technique

Reliure
Broché
Nombre de pages
186
Hauteur
21.5
Largeur
13.5
Épaisseur
1.2
Poids en KG
0.235

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