Resurrexit - Carnets spirituels N°10
Editorial de l'abbé Michel Simoulin.
Au sommaire :
Quare Christus modico tempore voluit praedicare – « Qui manet in caritate in Deo manet » – L’adaptation à la mentalité du Christ – « Intravit autem cogitatio in eos : quis eorum major est… » – « Ut idipsum dicitis omnes » – « Ubi habitas » – Les droits du Christ dans l’existence de l’homme
Ce carnet aurait pu s’intituler comme le précédent : « Celui qui n’a jamais trompé », mais il ne faut pas oublier que notre grande force est précisément notre foi, rassurée et confirmée par la résurrection de Notre-Seigneur. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine (I Cor. 15,14), s’il n’est pas ressuscité, toute sa prédication n’a été qu’une fable, et ceux qui nous prêchent sa divinité sont des charlatans.
Mais il est vraiment ressuscité, les témoins abondent qui disent l’avoir vu et avoir vécu avec celui qu’ils avaient vu mourir, et leurs témoignages sont assez concordants pour qu’ils soient dignes de foi. Ces témoins, en outre, ont tous prêché sa résurrection et ont tous donné leur vie pour attester la résurrection du Christ. Leur témoignage ainsi conclu dans le martyre ne peut donc être mis en doute. Nous pourrions avoir des doutes si l’un ou l’autre avait divergé dans son témoignage ou avait reculé devant le martyre, mais tous, dispersés dans les régions les plus éloignées ont rendu le même témoignage et ont donné leur vie pour la même vérité : Resurrexit sicut dixit ! Il est donc bien le Fils de Dieu et sa parole a toute l’autorité et la véracité de la parole de Dieu. Il doit être écouté, cru et il faut faire tout ce qu’il nous a dit. « Ipsum audite… quodcumque dixerit vobis, hoc facite ».
Nous savons combien le Père de Chivré était un passionné de la personne du Christ. Toute sa prédication nous ramenait à ce sommet, qui est la vie de l’Église et la vie de nos âmes : Jésus-Christ. Nous n’en finirions pas de publier les prédications qui commentent telle ou telle parole de l’Évangile, mais sans le vouloir vraiment, nous verrons que, quel que so

1902-1984. Le Père Bernard-Marie de Chivré aura été, comme le Père Calmel, l’image exemplaire d’un religieux dominicain ayant subi une continuelle persécution ecclésiastique pour sa fidélité. Fidèle aux traditions et à la vocation de son Ordre ; fidèle à la théologie du Docteur commun de l’Église, saint Thomas d’Aquin ; fidèle à la dévotion dominicaine à la Vierge Marie, fidèle au chapelet, le P. de Chivré a été persécuté surtout pour son inébranlable fidélité, dans le rite dominicain, à la messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne.
Avant d’être persécuté pour sa fidélité à la messe, le P. de Chivré était déjà mortellement suspect pour son amitié militante à l’égard d’Itinéraires la revue de Jean Madiran. Cette longue amitié militante a commencé avec la naissance de la revue, et le P. de Chivré l’a maintenue jusqu’à sa mort. C’était une grande partie de sa pensée, de sa préoccupation, de sa sollicitude, de sa vie.