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Ligne de feu

Roman

Traduit de l'espagnol par Gabriel Iaculli.

Avec Ligne de feu, l'auteur nous offre l’expérience d’une immersion saisissante dans un conflit dont les ondes de choc n’ont pas fini de traverser notre présent.

Le Cerf
25,00 €
TTC
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LES LIVRES D'ANTOINE, 23 septembre 2026 :

   Enfin traduit après six ans d’attente, le grand roman de Perez-Reverte sur la guerre d’Espagne ne déçoit pas.  

   En 1938, les affaires vont mal pour les rouges qui décident de lancer une grande offensive sur l’Ebre, non loin de la mer, afin de desserrer l’inexorable étau. C’est la bataille de la dernière chance.  Le 24 juillet, plusieurs milliers de combattants traversent de nuit, et silencieusement, le fleuve en plusieurs endroits. L’auteur nous emmène dans un village viticole imaginaire où il va camper une éblouissante fresque guerrière : la conquête d’une tête de pont par les rouges et sa reconquête par les nationalistes.

 Les premières pages inquiètent pourtant le lecteur peu sensible à l’idéologie marxiste. Les protagonistes qui apparaissent d’abord sont deux militants communistes : Patricia Monzon, spécialiste des transmissions et Julian Panizo, vétéran héroïque et dynamiteur hors norme. Ils sont courageux et sympathiques. En face, Ginés Gorguel, le premier à repérer l’offensive. Il ne veut pas se battre, s’est fait enrôler de force et ne pense qu’à fuir jusqu’à ce qu’il rencontre, dans la fureur des combats, Seliman. C’est un Maure qui s’est engagé, comme des milliers d’autres, pour tuer les rouges, « car ils n’aiment pas Dieu », et soutenir « Saint Franco » qui les avait commandés lors de la guerre du Rif.

 Mais Perez-Reverte rétablit vite l’équilibre avec deux superbes figures nationalistes : le sous-lieutenant Santiago Pardeiro qui, à 19 ans, commande les compagnies du Tercio (La légion espagnole) qui subissent le premier choc. Il en est le chef malgré son âge car tous ses supérieurs sont morts. L’autre est un monarchiste catalan, Oriol Les Forques. C’est un Requetés, de ce mouvement carliste qui lutta longtemps « pour Dieu, la Patrie et le Roi ». Les Requetés se confessaient et communiaient avant de monter à l’assaut en béret rouge. Leur héroïsme est salué par l’auteur. La fille du capitaine Penarrocha, chroniqué sur ce blogue, raconte le début de leur histoire. Combattants carlistes

 Pendant neuf jours et 600 pages, Perez-Reverte nous fait vivre des combats extraordinaires pour un piton, un cimetière, des maisons perdues une par une et qu’il faut reconquérir de la même façon. C’est une guerre civile, celle « où l’on sait qui l’on tue », et il y a peu de prisonniers. L’objectivité de l’écrivain espagnol le plus lu, et assez peu droitier d’origine, est surprenante et nous laisse rêveur : l’Espagne change. Bien sûr, comme nous ne voyons que des combattants, les injures et les expressions lestes sont régulières : on appelle cela un langage de corps de garde. Mais ce n’est le cas que lors de courts dialogues et le style de l’auteur redevient ensuite toujours aussi précis et élégant.

 Dans Jour de colère, Perez-Reverte nous avait déjà impressionné par sa capacité à tenir le lecteur en haleine. Il récidive très brillamment avec Ligne de front qui mérite de renvoyer aux poubelles de la littérature le lamentable Pour qui sonne le glas du hâbleur Hemingway que Perez-Reverte se fait d’ailleurs un plaisir d’étriller. Un vrai petit bonheur en passant.

 Jetez-vous dans la bataille de l’Ebre, c’est une somptueuse et terrible épopée guerrière.

LE FIGARO LITTERAIRE, Christian Authier, 28 août 2026 : Ligne de feu d’Arturo Pérez-Reverte : dans l’enfer espagnol 

   Une plongée époustouflante dans la bataille la plus sanglante de la guerre civile espagnole. Dans la nuit du 24 au 25 juillet 1938 commença, durant la guerre civile espagnole, la bataille de l’Èbre, qui se solda, près de quatre mois plus tard, par 20.000 victimes et la victoire des nationalistes précipitant la chute de la République. Avec son nouveau roman, Arturo Pérez-Reverte raconte les dix premiers jours de cette bataille autour du village de Castellets del Segre au cours de laquelle les forces républicaines lancent une offensive visant à fixer l’ennemi dans une opération de diversion.

   À travers cet épisode imaginé par l’écrivain, mais s’inspirant de personnages réels, le lecteur va découvrir et suivre Patricia Monzon, jeune militante communiste en charge des communications, le dynamiteur Julian Panizo et son camarade Francisco Olmos, le légionnaire Santiago Pardeiro, le monarchiste catholique Oriol des Forques, le caporal maure Seliman, les journalistes étrangers Phil Tabb et Vivian Szerman, le photographe Chim Langer, d’autres encore suscitant l’admiration ou l’effroi. [...]

SUD RADIO, août 2026 :

   Quatre-vingt-dix ans après son déclenchement, la Guerre d'Espagne n'en finit pas de hanter les mémoires, dont celle du célèbre écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte, qui fait revivre à hauteur d'homme sa bataille la plus sanglante. "Ligne de feu" (Gallimard), sorti cette semaine, est un gros roman choral de 650 pages dans lequel l'auteur décrit minutieusement la bataille de l'Ebre, qui marque en 1938 la dernière grande offensive des forces républicaines et leur échec face aux nationalistes de Franco. C'est le premier ouvrage que le prolifique Arturo Pérez-Reverte, pilier des lettres espagnoles avec près de 50 livres traduits en une quarantaine de langues, consacre à la guerre civile. L'écrivain a tenu à l'écrire car "les personnalités politiques espagnoles, aussi bien de droite et d'extrême droite que d'extrême gauche, qui n'ont pas connu la guerre civile et n'en savent pratiquement rien, en ont fait un instrument politique", explique-t-il dans un entretien à l'AFP à Paris. A la sortie du livre en espagnol en 2020, il a été critiqué pour avoir placé les combattants des deux camps sur un pied d'égalité. Mais, pour lui, tous ceux qui luttaient dans les tranchées étaient, avant tout, des "êtres humains". "Des jeunes effrayés, des pères de famille inquiets pour leurs enfants et leur épouse, des hommes qui tuent et souffrent", énumère-t-il. Comme dans plusieurs de ses autres livres, l'auteur de 74 ans nourrit son œuvre de l'expérience de deux décennies de reportages de guerre. "J'ai l'avantage de porter avec moi un bagage de vie important. Et quand je raconte la douleur, l'échec ou la mort, je n'invente rien. Il me suffit de me souvenir", relate l'ex-journaliste ayant couvert une vingtaine de conflits en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l'Est à partir des années 1970. "La guerre a une odeur qui lui est propre, qu'on n'oublie jamais": "Une sorte d'odeur de chair en décomposition et de plastique brûlé", se souvient l'écrivain. - "Guerre globale".

   24 juillet 1938. Une nuit sans lune. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud, autour du village viticole de Castellets del Segre. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole — la bataille de l’Èbre — va commencer. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route et chaque ferme dans des combats féroces et sanglants, où l’on joue sa vie à tout moment. D’un côté, les brigades internationales, le bataillon Ostrovski et les jeunes appelés de l’année vingt, les Biberons ; de l’autre, les légionnaires, les traditionalistes catholiques du Tercio de Montserrat et les soldats musulmans du quatorzième tabor. Ligne de feu met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l’histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables : Patricia Monzón, la militante communiste ; Julián Panizo, le dynamiteur murcien ; le sous-lieutenant Santiago Pardeiro ; le monarchiste catalan Oriol Les Forques ; Selimán al-Barudi, le caporal du tabor ; sans oublier les journalistes étrangers Phil Tabb et Vivian Szerman, ni le photographe Chim Langer.

   Arturo Pérez-Reverte raconte leurs combats et leur sort, à la fois en grand maître du roman historique et en grand correspondant de guerre, au plus près des événements. Avec Ligne de feu, il nous offre l’expérience d’une immersion saisissante dans un conflit dont les ondes de choc n’ont pas fini de traverser notre présent.

Arturo Pérez-Reverte, né en Espagne en 1951, a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Avec plus de vingt millions de lecteurs, il est l'auteur espagnol le plus lu au monde, et plusieurs de ses romans ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la navigation. Il est membre de l'Académie royale d'Espagne.
Editeur : Le Cerf
9782073049629

Fiche technique

Reliure
Broché, couverture souple
Parution
20 août 2026
Nombre de pages
656
Hauteur
21.5
Largeur
15
Épaisseur
2.8
Poids en KG
0.710

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