La Mère de Dieu dans les neiges de sang

Traduit du russe par Anne-Victoire Charrin et Anne Coldefy-Faucard.

Paulsen
23,00 €
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LES LIVRES D'ANTOINE, décembre 2025 :

   En Sibérie, non loin de l’Ob, un officier bolchévik fait irruption dans la tente, le tchoum, du chef de la tribu des Ostiaks. Un combat a fait rage à l’extérieur et les combattants ostiaks ont été vaincus. Alors les Rouges veulent finir le travail, comme ils en ont l’habitude.  Dans le tchoum, il reste la mère, la Mère des Enfants comme les Ostiaks aiment appeler les mères de famille. Elle se doute que son mari et son fils aîné sont morts, mais il y a les autres enfants à protéger, en particulier Roman : « Il grandira et deviendra un bandit » dit l’officier en dégainant son révolver. La Mère des Enfants pose son nourrisson et se campe devant lui : « Tue-moi d’abord ». Le bolchévik hésite, tire sur l’icône de la Vierge et sort.

 La Mère des Enfants peut alors enterrer les siens. Une longue errance commence ensuite. Elle doit rejoindre d’autres campements ostiaks, ou ce qu’il en reste, pour trouver nourriture et protection. Avec Anna, Roman, Maria et Savva, elle charge son traîneau, attelle les rênes et part dans l’inconnu. Son deuil est immense mais elle va se battre pour les enfants qui restent.  

   Ce roman poignant, écrit de main de maître par un authentique Sibérien, se lit d’une traite. Les rebondissements, les retours en arrière, les descriptions de la nature et de sa faune sont parfaitement cadencés. Les mœurs des Ostiaks, mi-païennes, mi-chrétiennes sont joliment décrites, avec beaucoup de poésie.  

   Ce peuple paisible de chasseurs-pêcheurs s’est révolté en 1934 contre le pouvoir bolchévique dont les soldats avaient profané leurs lieux sacrés et assassiné plusieurs des leurs. Trop peu nombreux, ils furent vaincus mais se battirent vaillamment. Des personnages étonnants apparaissent au gré des pages, comme cet officier blanc qui a tenté de sauver le Tsar à Ekaterinbourg. Et la Mère des Enfants est une héroïne peu commune.  Un superbe roman pour un beau voyage en Sibérie occidentale.

   Dans les années 1930, les éleveurs de rennes de la Sibérie occidentale se voient imposer collectivisation, sédentarisation, russification et athéisme. Les soldats rouges, sûrs de leur bon droit, frappent sans états d'âme, semant la terreur sur leur passage. Le voyage en traîneau de l'héroïne, parcours initiatique à travers les douleurs, aidera-t-il à sauver l'âme d'une civilisation ? En digne héritier de chamanes et de conteurs, Érémeï Aïpine entrecroise ici la mémoire de son peuple et les archives récemment ouvertes, pour livrer un exceptionnel témoignage littéraire sur la répression stalinienne dans les campements de la taïga et de la toundra.

   Un récit envoûtant, un tableau intense et coloré qui vire au rouge sang.

   Grande figure du monde autochtone sibérien, Érémeï Aïpine, Khanty de l'Est, est né en 1948 dans le district autonome des Khantys-Mansis. Il commence à écrire de la poésie et de la prose dès la fin des années 1960. Parallèlement à son travail d'écriture, il prend une part active à la vie publique, défendant la cause autochtone aussi bien à la Douma régionale qu'à l'ONU.

Editeur : Paulsen
9782916552095

Fiche technique

Reliure
Broché, couverture souple
Parution
Février 2010
Nombre de pages
324
Hauteur
21
Largeur
15
Épaisseur
2.4
Poids en KG
0.485

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