Général Pau - Il aurait pu être généralissime, il a préféré être exemplaire
Préface du général François Lecointre.
« Dire que cet homme n’a qu’un bras et qu’il soulève le monde ! »
S’appuyant sur des archives privées inédites, cette biographie fait revivre une figure discrète mais lumineuse, trop longtemps restée dans l’ombre.
PLAISIR DE LIRE, N°216, septembre 2026 :
Mutilé lors de la terrible défaite de 1870 dans laquelle, saint-cyrien, il s’illustra à vingt-deux ans, forgé par « les dépassements extrêmes de la mêlée d’infanterie », il contribua très activement jusqu’à la veille de la Grande Guerre au redressement de l’armée française, rénovant la doctrine militaire et l’organisation des armées, atteignant des fonctions sommitales. Rappelé en activité à soixante-six ans pour commander l’armée d’Alsace face aux Allemands, il conduisit ensuite malgré son âge plusieurs missions diplomatiques de premier plan en Belgique, dans les Balkans, en Russie, en Italie puis en Australie et en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Nord. Homme de coeur, modeste et désintéressé, initiateur de l’Union nationale des combattants avec le Père Brottier, il présida jusqu’à sa mort la Société du secours aux blessés militaires et la Croix-Rouge française. Il mourut à quatre-vingt-quatre ans en n’ayant jamais trahi sa devise, « être prêt partout et toujours ». « Dire que cet homme n’a qu’un bras et qu’il soulève le monde ! », a dit de lui l’un de ses aides de camp pendant ses ambassades.
Pour qui ce livre ? Pour les amateurs d’histoire militaire et en particulier de cette période 1870-1930 qui vit en deux générations la transformation profonde de notre société : le général Pau représente « la France qui se bat » et son redressement depuis l’effondrement de 1870. Même s’il évoque rarement sa foi en public, ce catholique légaliste mais « profondément croyant et pratiquant » récitait son chapelet. D’une haute rigueur morale, il est un héros national qui ne voit dans l’armistice aucun droit au repos. Cette vie est une leçon d’énergie, de loyauté et d’abnégation. Grand serviteur de l'Etat et de la France, Pau fut avant tout un homme au grand coeur.
L'HOMME NOUVEAU, Christophe Carrichon, N°306 août 2026 :
J’ai, dans mes archives, une carte postale de la première année de la Grande Guerre représentant « Trois grands chefs de nos armées : Castelnau, Joffre, Pau ». Ils arborent une mine confiante sous leur képi à feuilles de chêne d’or. Les Allemands n’ont pas pris Paris, le « miracle de la Marne » a sauvé la France. La guerre de positions commence. Autant les deux premiers généraux sont célèbres, autant le troisième est quasi inconnu du grand public et c’est tout à l’honneur du colonel Rémy Porte, l’un de nos grands historiens militaires, spécialiste du premier conflit mondial, auteur de nombreux ouvrages et responsable de l’excellent blog Guerres et conflits), d’avoir rendu justice dans son dernier livre au général Pau, le troisième chef, dans cette biographie bien documentée.
Jeune officier d’infanterie, Gérald Pau est gravement blessé durant la guerre de 1870 et doit subir l’amputation de la main droite. Officier brillant, catholique pratiquant et affiché en ces temps de laïcisme et d’anticléricalisme violents, Pau, tout au long de sa carrière, est un modèle pour ses subordonnés. Chef « bienveillant » (le mot, à la mode aujourd’hui, revient souvent dans ses notations), il est admiré par Lyautey, son cadet, qui partage sa vision du commandement. Plusieurs fois chef de corps, il est pressenti pour le poste de généralissime mais refuse car il ne veut pas se voir imposer ses adjoints par le pouvoir politique. L’Action française persifle alors : « Ce n’est pas le plus digne, c’est le plus républicain qui aura la place. » Quittant le service actif en décembre 1913, il est rappelé en août 1914 et prend le commandement de l’armée d’Alsace avec laquelle il reconquiert, un temps, les « provinces perdues ». Pau est l’un des « généraux préférés des Poilus ». À partir de 1915, il joue un rôle militaire et diplomatique en Belgique (1915), dans les Balkans et en Russie (1915- 1916), en Suisse (1917) au service des prisonniers et internés (près de 14 000 blessés et malades français sont internés en Suisse), en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada (1918-1919). Partout où il passe, on souligne sa simplicité et sa bonté. Après guerre, Pau s’implique dans d’in nombrables institutions et associations caritatives au service de blessés et des anciens combattants. Il est président de la Société de Secours aux blessés militaires (SSBM), membre du conseil d’administration de l’Œuvre d’Orient et de l’Œuvre de l’Ossuaire de Douaumont et enfin président de la Croix-Rouge française de 1918 à 1932, année de sa mort.
Cette belle biographie d’un grand historien militaire bénéficie d’un solide appareil de notes, d’un index (c’est si rare aujourd’hui), d’une bibliographie très complète et d’une riche iconographie en couleurs.
CONFLITS, 18 juillet 2026 :
En 1870, à vingt-deux ans, le sous-lieutenant Paul Pau a la main droite fracassée à la bataille de Frœschwiller. Devant être amputé, il exige d’être opéré sans anesthésie, afin que le peu de produit disponible soit réservé aux blessés plus graves. Ce geste inaugural dit tout de l’homme : courage, humilité, souci des autres. C’est cette figure oubliée que le colonel et historien Rémy Porte, spécialiste reconnu de la Grande Guerre et biographe primé de Joffre, tire de l’ombre dans une biographie servie par des archives familiales inédites, éclairée notamment par l’influence de sa sœur aînée Edmée. Un demi-siècle durant, Pau sert la France sans relâche, de la guerre de 1870 au commandement de l’armée d’Alsace en 1914, puis d’une mission auprès de l’état-major russe. « Glorieux blessé de 1870 », il devient un symbole de la Revanche, aussi populaire en son temps que Joffre ou Foch. Pourtant, il refuse les honneurs faciles : appelé au poste de généralissime, il décline, préférant, selon le sous-titre, « être exemplaire » plutôt que puissant. En 1918, il sert encore, à la tête de la Croix-Rouge française, pendant quatorze ans. Loin de l’hagiographie, Remy Porte restitue un caractère — modeste, exigeant, d’une absolue probité — et interroge le rapport français au commandement. Une belle leçon de vertu militaire, à l’heure où l’on redécouvre le prix de l’exemplarité.
Au sommaire :
- Jeunesse, formation et premières années de carrière
- Le glorieux blessé de 1870
- Une brillante carrière métropolitaine
- La crise d'Agadir et les tensions de 1911
- Dernières années de service : vers une retraite méritée ?
- Août 1914 : retour à l'activité
- Missions diplomatiques et militaires
- Au service des blessés et des anciens combattants
- Annexes - Sources et bibliographie - index des noms de personnes.
À 22 ans, le sous-lieutenant Gérald Pau est grièvement blessé à la main droite lors de la terrible bataille de Froeschwiller, en 1870. Devant être amputé, il demande à être opéré sans anesthésie, pour que le peu de produit disponible soit réservé aux soldats plus gravement atteints. Ce geste, resté dans les mémoires, incarne les qualités morales qui guideront toute sa vie : le courage, l’attention aux autres, l’humilité.
Pendant plus d’un demi-siècle, Gérald Pau sert la France sans relâche. De la guerre de 1870 à la veille de Verdun, il gravit les échelons, jusqu’à prendre le commandement de l’armée d’Alsace en 1914. Mais il n’est pas un chef comme les autres. Modeste, exigeant, fidèle à ses hommes, il refuse les honneurs faciles. Il ne manœuvre pas pour devenir généralissime : son devoir, il le voit ailleurs — dans le travail, l’exemplarité, la loyauté. En 1918, il quitte les armes pour servir autrement : il présidera la Croix-Rouge française pendant quatorze ans, avec la même droiture.
S’appuyant sur des archives privées inédites, cette biographie fait revivre une figure discrète mais lumineuse, trop longtemps restée dans l’ombre.

Le lieutenant-colonel Rémy PORTE est historien, spécialiste de la Première Guerre mondiale. Officier référent « Histoire » pour l’armée de Terre, l’auteur est docteur en histoire et habilité à diriger des recherches depuis 2009. Animateur du blog « Guerres et conflits – XIX° et XXI° siècle », on lui doit de nombreux articles et ouvrages de référence parmi lesquels Dictionnaire de la guerre d’Indochine (Perrin, 2021), 1940. Vérités et légendes (Perrin, 2020) ou Joffre (Perrin, 2014 ; rééd. coll. « Tempus », 2016).
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- 26 juin 2026
- Nombre de pages
- 240
- Hauteur
- 24
- Largeur
- 16
- Épaisseur
- 2
- Poids en KG
- 0.450