Michel de Saint-Pierre - Une biographie
La première biographie choc de l’ouvrier, matelot, journaliste, écrivain et… résistant méconnu
• Les combats d’un chrétien engagé contre les dérives marxistes et progressistes de l’après-concile
• Le portrait d’un hobereau normand fier et patriote
FRANCE CATHOLIQUE 22 mai 2026 N 3947 : Michel de Saint Pierre, catholique résistant.
Sorti en 1964, son roman, Les Nouveaux Prêtres, le plaça au cœur des controverses sur l’application du concile Vatican II. Une biographie lui est consacrée.
La biographie très complète – on peut même dire minutieuse – que Thierry Bouclier vient de consacrer à Michel de Saint Pierre me renvoie personnellement à tout un passé que j’ai quelque peine à conter à mes petits-enfants. Il se rapporte d’abord à un écrivain, notamment romancier, qui connut des succès remarquables avec Les Aristocrates en 1954, Les Écrivains en 1957, où l’auteur déployait tout son talent à décrire des milieux sociaux qu’il connaissait pour y appartenir. Sans s’y enfermer. Curieux aristocrate que le jeune homme qui délaisse ses études en Sorbonne pour s’engager aux chan tiers navals de Saint-Nazaire et mène la rude existence de ses compagnons. Mais comme si cela ne suffisait pas, il lui faudra encore s’engager dans la Marine nationale, toujours au bas de l’échelle. Puis ce sera la guerre, la défaite et l’engagement total dans la Résistance qui lui vaudra toutes les décorations possibles. Mais avec la Libération s’ouvre l’aventure littéraire à laquelle il semblait voué depuis toujours, avec les nouvelles sollicitations de l’actualité. C’est ainsi qu’il entre à la rédaction de l’hebdomadaire Témoignage chrétien, où il tient la rubrique cinématographique. Dans la même équipe, on trouve Pierre Debray qui tient la rubrique littéraire. Les deux hommes se retrouveront dans les années suivantes pour un combat commun contre les déviations postconciliaires. Mais ce n’était pas écrit d’avance. Debray étant devenu compagnon de route très actif du parti communiste de Maurice Thorez. Il faudra que Pierre Boutang intervienne dans son itinéraire intellectuel pour qu’il change radicalement de position.
« Les Nouveaux prêtres » Michel de Saint Pierre, en dépit de son appartenance à un hebdomadaire réputé progressiste, n’était nullement enclin à se laisser déporter à l’extrême gauche. C’est ainsi qu’il va se retrouver complice avec Pierre Debray d’une rude offensive, dont la publication retentis sante, en 1964, du roman intitulé Les Nouveaux Prêtres constitue le sommet. Il faut dire que le sujet est explosif. Alors que l’Église en France se trouve divisée sur les perspectives ouvertes à Vatican II, la mise en scène d’un jeune clergé complètement acquis à l’engagement communiste fait scandale. Les protestations indignées se multi plient alors que l’épiscopat est dans l’embarras.
Avec la distance, Les Nouveaux Prêtres apparaît comme significatif d’un moment crucial, de plus en plus éloigné dans la mesure où les problématiques changent selon les époques. Au tournant des XXe et XXIe siècles, alors que l’écrivain a quitté ce monde, les interlocuteurs ne sont plus les mêmes et ses successeurs investis dans d’autres combats. Il n’empêche que Michel de Saint Pierre demeure une figure de référence, du fait de ses convictions et de son courage.
Son biographe Thierry Bouclier nous entraîne dans d’autres chapitres de sa vie, notamment ceux qui touchent à ses prises de position politiques. Plus complexes qu’on peut le penser. Une question se pose toutefois. L’auteur des Aristocrates et des Nouveaux prêtres, depuis son décès le 19 juin 1987, est entré dans ce purgatoire littéraire qui voue à l’oubli tant d’auteurs qui furent célèbres de leur temps. Ce purgatoire est-il destiné à durer ? Certaines œuvres réémergent-elles en dépit du décalage des temps ? Ce qui est sûr, c’est qu’avec ce travail de Thierry Bouclier, une personnalité du siècle passé se trouve réanimée et remise en situation, au point de rendre justice à celui qui continue à s’inscrire dans une certaine lignée d’écrivains catholiques, de Léon Bloy à Jean de La Varende.
LE SALON BEIGE, 30 avril 2026 :
Avocat à la Cour, Thierry Bouclier vient de publier une passionnante biographie de Michel de Saint-Pierre (1916-1987).
Issu d’une famille de la noblesse normande, écrivain et journaliste, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, Michel de Saint-Pierre participa à de nombreux combats d’après-guerre, que ce soit pour défendre les partisans de l’Algérie française, les prêtres persécutés par les délires post-conciliaires, les patriotes français, etc.
Diplômé de lettres classiques, Michel de Saint-Pierre choisit de devenir simple ouvrier aux chantiers navals de Saint-Nazaire avant de s’engager comme matelot dans la Marine nationale. Il combat sur le Foch en 1940 et rejoint les rangs de la Résistance dès 1941, où il cumule les décorations. Il tient une chronique dans la revue Témoignage chrétien ; il est salué pour ses romans Ce monde ancien (1948) et La Mer à boire (1951) inspirés par sa vie d’ouvrier et de marin. Il accède à la plus grande notoriété en 1954 avec Les Aristocrates vendu à plus de 600 000 exemplaires, et qui est adapté au cinéma avec Pierre Fresnay.
Partisan de l’Algérie française, il plaide auprès du général De Gaulle la cause des combattants proscrits, puis dénonce dans Les nouveaux prêtres (1964) l’infiltration marxiste et moderniste au sein de l’Église de France. En 1968, il affronte avec courage un parterre d’étudiants activistes au théâtre de l’Odéon. Catholique sans complexe, il est notamment l’auteur d’une biographie de sainte Bernadette et de La Passion de l’abbé Delance. Fidèle à Rome, il combattit pour le maintien de la messe traditionnelle, du catéchisme mais aussi de la liberté scolaire, que les évêques, prisonniers d’une complaisance coupable avec la miterrandie, étaient prêts à sacrifier. Il s’engagea également en politique, aux côtés de la droite nationale, contre le communisme, mais échoua à la fin des années 70 à unir les différents partis patriotes.
Romancier à succès, Michel de Saint-Pierre s’est fait remarquer en publiant des romans sue des thèmes pour lesquels il avait mené de longues enquêtes, comme celui sur Les Nouveaux prêtres, qui provoqua l’ire de l’épiscopat et de la presse moderniste, alors que l’auteur avait passé deux années au sein des nouvelles paroisses marxistes. De même, son roman sur le Docteur Erikson peint le système médical monopolistique et le lobby pharmaceutique. Il est également l’auteur d’une biographie de Charette qui devait, contractuellement faire l’objet d’une fresque sur Antenne 2, série qui ne vit jamais le jour, la censure républicaine étant passée par là.
Né en 1916 à Blois, Michel de Grosourdy de Saint Pierre est issu d’une famille de la noblesse normande. Écrivain et journaliste, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, Thierry Bouclier nous brosse ici son incroyable destinée de catholique engagé. Diplômé de lettres classiques, il choisit d’intégrer les chantiers navals de Saint-Nazaire comme simple manoeuvre avant de s’engager comme matelot dans la Marine nationale. Il combat sur le Foch en 1940 et rejoint les rangs de la Résistance dès 1941, où il cumule les décorations. Il tient une chronique dans la revue Témoignage chrétien ; il est salué pour ses romans Ce monde ancien (1948) et La Mer à boire (1951) inspirés par sa vie d’ouvrier et de marin. Il accède à la plus grande notoriété en 1954 avec Les Aristocrates vendu à plus de 600 000 exemplaires, et qui est adapté au cinéma avec Pierre Fresnay.
Partisan de l’Algérie française, il plaide auprès du général de Gaulle la cause des combattants proscrits, et dénonce dans Les nouveaux prêtres (1964) l’infiltration marxiste et moderniste au sein de l’Église de France. En 1968, il affronte avec courage un parterre d’étudiants activistes au théâtre de l’Odéon.
Auteur catholique majeur, il est notamment l’auteur d’une biographie de sainte Bernadette et de La Passion de l’abbé Delance, outre des romans plus sociaux comme Le Milliardaire (1970), Je reviendrai sur les ailes de l’aigle (1975) ou l’épopée historique des Cavaliers du Veld d’Afrique du Sud, parue une année avant sa mort en 1987.
Fidèle à Rome, ses combats pour la défense de la messe tridentine, du catéchisme et de la liberté de l’enseignement sont ici retracés à partir d’archives familiales inédites et d’anecdotes savoureuses rapportées par ses derniers contemporains. L’académicien Léopold Sédar Senghor a salué en lui, en 1983, une écriture tout à la fois emprunte de « ferveur et de spleen ».

Né en juin 1969 dans le Calvados. Avocat à la Cour, spécialiste en droit fiscal, Officier de réserve, Thierry Bouclier est également l'auteur de plusieurs ouvrages : Tixier-Vignancour, une biographie (Editions Rémi Perrin), Les années Poujade (Editions Rémi Perrin), La France au risque de l'islam (Editions Rémi Perrin), L'abbé Denis Coiffet, zélé serviteur de l'Eglise (Editions TerraMare).
Passionné par l'Histoire de France, c'est par le drame de l'Algérie française qu'il a commencé à écrire un premier roman Le cimetière de l'espérance, (Editions Ulysse), préfacé par le colonel Bernard Moinet.
Il préside le Prix des lecteurs de la presse française libre.
Fiche technique
- Parution
- 23 avril 2026
- Nombre de pages
- 332 - Cahier photos de 8 pages
- Hauteur
- 20.5
- Largeur
- 13.5