Propos d'avant-hier pour après-demain

Conférences inédites

Le plaisir de retrouver la pensée vive de sage, de ce grand esprit, si grand et pourtant si humain, si exceptionnel et pourtant si fraternel !

Mame
19,00 €
TTC
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BOULEVARD VOLTAIRE, Patrick Beren, 2 février 2025 :

   Gustave Thibon aimait se décrire comme un philosophe paysan. De nombreux entretiens sont disponibles sur la Toile où il s’exprime avec cet accent ardéchois et jubilatoire qui lui est propre. Il appartient à cette génération qui, arrivant au certificat d’études primaires, maîtrisait la langue française. Il acquiert sa très vaste culture en autodidacte grâce à la très vaste bibliothèque paternelle, tout en étant à la tête d’un domaine viticole, dans sa famille depuis 1670. C’était une époque où le travail de la terre n’empêchait pas la culture de l’esprit.

   Les Éditions Mame ont la bonne idée d'éditer Propos d'avant-hier pour après-demain, un recueil constitué de canevas des différentes conférences de Gustave Thibon, court en pagination (175 pages) mais très dense en réflexions. Chaque phrase est un aphorisme et amène à un temps de méditation.

Quel plaisir de lire des phrases simples et limpides si profondes de sens. Nous sommes très loin du ton jargonneux employé par le milieu universitaire, dont les livres trouvent rarement un grand écho en raison d’un style compliqué et incompréhensible. Gustave Thibon prouve à chaque page qu’un paysan peut parfaitement maîtriser Dostoïevski, Nietzsche, Simone Weil, Platon, les Saintes Écritures ou Victor Hugo…

Ni passéiste, ni progressiste

Gustave Thibon aimait aussi se définir comme un anarchiste-conservateur : anarchiste envers les modes du siècle, conservateur sur les valeurs éternelles. Le titre de l’ouvrage, Propos d’avant-hier pour après-demain, est en parfaite cohérence avec le terme d’anarchiste-conservateur. L’auteur n’est guère passéiste mais il nous oblige à nous interroger sur le progrès. Il est étonnant de découvrir la modernité et le côté avant-gardiste de ce recueil de textes : le plus ancien texte date des années 30 et les plus récents des années 70. La Crise paysanne, un texte écrit dans les années 40, pourrait dater d’aujourd’hui : « L’agriculture s’essouffle, elle est partie perdante dans ses changes avec le reste du monde. Et dans ce monde où la vie est dépréciée, le paysan fait figure de parent pauvre », écrit Thibon. « Il faut lutter contre cette tendance nouvelle à trouver toujours trop chers le pain, le lait et tous les produits de première nécessité, alors qu’on achète sans hésiter n’importe quel "gadget", un journal stupide, etc. », ajoute-t-il.

 

Quelle prescience ! Nos futures élites fréquentant les grandes écoles seraient inspirées de lire Gustave 

LE FIGARO, Eugénie Bastié, octobre 2023 : 

   "Dans un recueil de textes inédits, le philosophe Gustave Thibon développe un pensée originale, rejetant à la fois l'individualisme et l'étatisme. Actuel et profond."

   C’est une race étrange de penseurs. Une espèce menacée dans un pays qui ne jure que par le Progrès et l’Égalité. Celle des anarcho-conservateurs, qui en tiennent pour l’ordre et pour la liberté. Ou plus exactement qui souhaitent «ce minimum d’ordre qui assure un maximum de liberté», selon la formule de Gustave Thibon. À l’heure où l’on envisage de mettre des portiques à l’entrée des écoles, parce qu’on est incapable de contrôler nos frontières, où l’on renonce à nos libertés parce que le désordre a été institué en règle du monde, on comprend la profondeur de cette formule.

   La pensée de Thibon est un conservatisme, car elle est tout entière pensée de la médiation et de l’incarnation. Contre les abstractions progressistes et la mythologie du Progrès qui tient les traditions comme des vestiges obsolètes plutôt que comme des solutions ayant traversé le temps, il prône un réalisme fondé sur une conception tragique de la nature humaine.

   C’est pourquoi nous autres humains avons besoin d’être liés par autre chose que des principes. Dans ces textes, Thibon creuse la question des metaxu, que Simone Weil définissait ainsi : «ces biens relatifs et mélangés (foyer, patrie, traditions, culture) qui réchauffent et nourrissent l’âme et sans lesquels, en dehors de la sainteté, une vie humaine n’est pas possible». Ces corps intermédiaires entre le ciel et la terre, ces attachements humains, dont nous avons besoin pour vivre, car nous sommes des animaux politiques. «C’est par le particulier que l’homme accède à l’universel».

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Au sommaire

  • Les biens relatifs, région du bien et du mal. « Ne priver aucun être humain de ces biens relatifs et mélangés (foyer, patrie, traditions, culture...) qui réchauffent et nourrissent l'âme ». La France. Crise paysanne. Famille. La patrie. L'âme du midi. Mystère du vin.
  • Les liens libérateurs. « Les raisons d'agir, qui émanent du fond de l'être qui veut survivre, doivent être plus fortes que les raisons de douter, qui ne se rapportent qu'aux supputations de la pensée ». Hypocrisie. Maladies de la bourgeoisie. Liberté et société. Relations humaines. Corps intermédiaires. Unité et pluralisme.
  • Contre l'espoir dans l'espoir. Laïcat, peuple de Dieu. Nietzsche et Simone Weil. Christianisme et chrétienté. Mort des idéologies.

   Les canevas de la conférences sont à l'oeuvre de Gustave Thibon ce que les esquisses sont aux toiles ou aux sculptures des artistes : souvent conçues comme simple outils de travail, elles survivent, par leur valeur intrinsèque, à leur emploi. Ainsi des textes que nous proposons ici aux lecteurs : Gustave Thibon ne les a écrits que pour lui-même, à seule fin d'affermir son discours lorsqu'il parlait en public. Précaution utile, car il improvisait beaucoup...

   Mais de même que la nudité du trait, s'il est juste, fait ressortir le pouvoir miraculeux de la main, le dépouillement de la phrase accusera ici celui de l'intelligence. Et Gustave Thibon a l'intelligence contagieuse ! Il nous donne de comprendre tout ce qu'il donne à comprendre.

   On remarquera qu'ici, où il n'est guère question que de sujets "terre à terre", sociaux ou politiques, Gustave Thibon emploie, certes, son légendaire bon sens à la juste exposition des problèmes, à la claire formulation des questions (ce qui relève d'une sorte de bon sens inspiré qui n'a vraiment rien de commun avec le gros bon sens ordinaire) mais qu'en revanche, il n'entrevoit jamais l'ombre d'une solution qui n'exige de la part des hommes un minimum d'ouverture à une autre dimension - une dimension spirituelle, religieuse, hors laquelle tout es complique à l'infini, mais ne peut être dénoué.

   Gustave Thibon est un autodidacte qui s'est formé par le travail de la terre, par la lecture personnelle, par la méditation, par le contact et la parole. Il a mené de concert la vie dans sa ferme, auprès des champs, des arbres, des bêtes, et la découverte de la société, de la science, de la philosophie, de la théologie, de la mystique. Les nombreux essais qu'il a publiés révèlent, non point un professeur, ni un simple observateur et analyste des mœurs et des passions humaines, si aigu fût-il, mais un homme engagé dans une bataille spirituelle, dont l'issue n'est pas moindre que la destinée divine des hommes.

Editeur : Mame
9782728934508

Fiche technique

Reliure
Broché
Parution
Octobre 2023
Nombre de pages
200
Hauteur
22.5
Largeur
15
Épaisseur
1.5
Poids en KG
0.254 kg

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