Fortune de mer de la Compagnie des Indes - L'escadre de Chine et le naufrage du Prince de Conty
Avec le concours de :
- Jean-Yves Le Lan est membre de la Société d'Archéologie et de Mémoire Maritime.
- Michel L'Hour est conservateur général honoraire du patrimoine, membre de l'Académie de marine.
- Philippe Bodénès est docteur en histoire moderne, président de la Société d'Archéologie et de Mémoire Maritime.
Vaisseau de 600 tonneaux de la Compagnie des Indes, le Prince de Conty s'est perdu le 3 décembre 1746 sur la côte de Belle-Île-en-Mer, alors qu'il rentrait d'un voyage de près de deux ans en Chine. La Compagnie programma l'année suivante une opération de récupération au cours de laquelle canons et gueuses de lest furent récupérés pendant que la cargaison de thé et de porcelaine déjà dispersée par les tempêtes fut abandonnée. Découverte à l'issue de recherches en archives, l'épave du Prince de Conty a fait l'objet dans les années 1970 d'une première campagne d'exploration qui fut malheureusement entachée d'un pillage.
En 1985, une nouvelle étude archéologique conduisit à la découverte de vaisselles en porcelaine de Chine et quelques lingots d'or. L'exposition qui lui est consacrée ainsi que cet ouvrage sont l'opportunité de rappeler l'histoire du navire, la découverte du site et son intérêt scientifique intrinsèque.
PLASIR DE LIRE, septembre 2024 :
Dans ses remerciements, Brigitte Nicolas, maître d’oeuvre de cette splendide publication, cite les personnes qui attestent de leur érudition et de leur talent. Le lecteur s’y trouve reporté au 4 avril 1745.
C’est la guerre de Succession d’Espagne. Il découvre alors avec les circonstances historiques et commerciales, les moyens techniques, la construction des vaisseaux, la formation des équipages, les instruments et les conditions de la navigation, les munitions, les provisions alimentaires et sanitaires, les fabuleux itinéraires, les enjeux et les périls. L’opportunité de l’étude du voyage du prince de Conty, de son naufrage et de celui des trois autres vaisseaux au bord des côtes bretonnes, montre l’intérêt culturel des recherches d’archéologie sous-marine et l’importance de leur législation concernant l’exploitation des épaves. Les illustrations et les textes de ce livre dénotent la profonde admiration des auteurs pour les valeurs humaines déployées par ces marins de jadis : foi, dévouement, endurance, audace face à tous les périls.
Pour qui ce livre ? Les artistes, les marins, les historiens, les archéologues apprécieront cet ouvrage qui suscite l’admiration.
Le Prince de Conty, frégate de la Compagnie des Indes, appareille de Lorient en avril 1745 avec l'Aimable et le Philibert. Malgré la guerre de Succession d'Autriche et les nombreuses prises de vaisseaux par les Anglais, l'objectif est d'atteindre la Chine. Bénéficiant de vents de mousson favorables, l'escadre jette l'ancre dans la rivière des Perles, en aval de Canton, cinq mois et demi après son départ.
La cargaison composée de thés, bois tinctoriaux, soies, porcelaines, rotins ainsi que de petits lingots d'or y est embarquée. Sur la route retour, l'escadre ne trouve pas suffisamment de vivres aux Mascareignes et reçoit l'instruction de gagner l'île Fernando de Noronha au Brésil pour se ravitailler. L'Aimable et le Prince de Conty y subissent une violente attaque de corsaires anglais au cours de laquelle le capitaine Boisanger est gravement mutilé.
Réunie à la Grenade, l'escadre se dirige vers la France dans une mer et une météo très hostiles. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1746, les rochers de Belle-Ile-en-Mer se dressent sur leur route. L'Aimable et le Philibert échappent au naufrage, mais le Prince de Conty se brise dans une mer déchaînée à Porz Lost-Kah. Seuls 65 hommes d'équipage survivent sur les 229 présents à bord. Très vite, la Compagnie des Indes organise la récupération des marchandises à l'aide d'une cloche à plongeur.
Les opérations sont très compliquées en raison de l'environnement hostile dans lequel gît l'épave par 15 mètres de fond. Sombrée dans l'oubli, elle est redécouverte en 1974 et pillée après la découverte d'un lingot d'or. S'en suivent de longs démêlés judiciaires. En 1985, le DRASSM entreprend des fouilles subaquatiques desquelles proviennent différents matériaux à présent exposés au musée de la Compagnie des Indes de la Ville de Lorient.
En 2022, l'Etat français, à l'issue d'une nouvelle procédure judiciaire aux Etats-Unis, récupère cinq nouveaux lingots d'or du Prince de Conty. C'est cette histoire exceptionnelle et romanesque qui est racontée dans cet ouvrage.
Brigitte Nicolas est conservatrice en chef du patrimoine, directrice du musée de la Compagnie des Indes de Lorient.
Fiche technique
- Reliure
- Broché
- Parution
- Juillet 2024
- Nombre de pages
- 144
- Hauteur
- 22
- Largeur
- 21.5
- Épaisseur
- 1.2
- Poids en KG
- 0.494