Pétain bourreau ou bouclier des juifs ?

Préface de Valentin Saint-Arnoult, descendant de la famille juive Schwartzmann, décimée.

J'ai été victime du serment que j'ai fait de rester en France". Pétain.

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ACTION FAMILIALE ET SCOALIRE N°296, décembre 2024 :

   Pour Jacques Boncompain, elle s’impose naturellement. Les Juifs devraient être les plus grands défenseurs du maréchal. Sans lui, ils se seraient trouvés démunis de toute protection en Afrique du Nord et en métropole. Ils ont été les plus grands bénéficiaires du refus de Pétain d’aller à Alger. Annie Kriegel a reconnu cette action ; elle parle même de « sacrifice ». Il y aurait donc une ingratitude de eur part ? Reprenant l’explication du gardien de Yad Vachem, Jacques Boncompain montre sur ce point une grande bienveillance, en même temps qu’une grande acuité psychologique : « … il semble qu’ils aient trop souffert pour que le plus grand nombre admette le rôle protecteur du maréchal. » Il comprend Serge Klarsfeld. Mais il n’admet pas que la France soit engagée, alors que la contrainte de l’ennemi était irrépressible. « En cela, le remède se change en mal », ajoute-t-il. À l’issue de cette réflexion, nous voyons bien que ce qui a fait l’affaissement de la France en 1940, est toujours là. Nous vivons le triomphe du chacun pour soi consacré par la Déclaration des droits de 1789, quand ses auteurs ont refusé d’y inscrire la notion de "devoirs". Le maréchal l’avait bien compris lorsqu’il avait rédigé avec Pie XII les "Principes de communauté".

   L’esprit chrétien qui habitait le maréchal doit triompher2. Au terme de son étude – et ce n’est pas son moindre mérite – Jacques Boncompain donne à son lecteur les arguments pour opérer une véritable réconciliation entre les Français. Il y a l’exclamation du maréchal qui s’apprête à franchir la dernière étape de son calvaire.

   Écoutant à la radio la retransmission de la descente triomphale De De Gaulle aux Champs-Élysées il s’exclame : « Eh bien ! Bravo De Gaulle. Il a réussi... » Et puis, il nous livre le constat formulé par le Secrétaire du Parti conservateur anglais, Kenneth de Courcy, au procès du maréchal en 1945. Très admiratif et étonné de son action positive pour garder la flotte française et l’Afrique du Nord hors de portée des Allemands, il a ce jugement : « Je ne crois pas que de toute l’Histoire, il y ait eu un pays qui ait été aussi complètement joué que les Allemands l’ont été par les Français. » Pourtant il ne condamne pas De Gaulle qui, selon lui, a rendu à la France le même service, à savoir « l’immense service de tromper les Allemands ». Et de conclure : « Pétain sans De Gaulle et De Gaulle sans Pétain n’auraient jamais obtenu un résultat comparable à celui qu’ils ont obtenu ensemble. » Le temps est peut-être venu de cesser d’instrumentaliser la souffrance des Juifs, pour travailler dans la vérité à la réconciliation nationale de notre pays.

RADIO COURTOISIE, Journal de la crise, février 2024

Au sommaire

  • Préface - Introduction
  • Que se serait-il passé si le pouvoir, en juin 1940, était demeuré vacant.
  •    - L'esquive de Paul Reynaud et les bourdes de son Conseil
  •    - Vichy honni et méconnu
  • L'antisémitisme
  • Le statut des juifs
  • L'imputabilité
  • L'étoile de la Mort
  • Les rafles
  • Les dénaturalisations
  • L'instrumentalisation des faits
  • Conclusion - Avis
  • Annexes : Lettres aux antimaréchalistes - Communiqué remis en vain à l'AFP le 17 janvier 2023 - Lettre à Serge Klarsfeld - Lettre à Anne Sinclair - Lettre à Robert Badinter - Communiqué au colloque de Vichy - Lettre à madame Elisabeth Borne - Lettre au Maire d'Amiens - Lettre au maire d'Amines
  • Sources - Bibliographie - Notes - Index.

   Par humanité et souci de clarté Pétain n'a pas voulu intervenir sans concertation avec les intéressés. Les Juifs les plus éminents reconnaissent presque tous que le gouvernement a le droit d'élaborer une législation restrictive des droits des juifs, y compris le grand Rabbin de France Isaïe Schwartz, à condition que les restrictions introduites n'imitent pas la législation allemande et ne portent pas atteinte à une égalité acquise sur les champs de bataille et par la communauté des valeurs : Patrie, Famille, Travail. Il manifeste un attachement à la Patrie qui le blesse : « A une loi d'exception nous répondrons par un dévouement sans défaillance à la Patrie. En même temps, nous demeurerons fidèles au culte du Dieu Un, à la révélation du Sinaï. Les Français israélites ont pris pour devise : Religion, Patrie. Toujours fidèles à cet idéal, nous puisons notre courage et notre espérance dans l'amour de Dieu et dans les leçons de la Bible, source de la vie spirituelle du peuple français. »

   Pétain lui répondra : « L'obéissance à la loi est un des principes essentiels de tout État et une des conditions indispensables au redressement de la France que je poursuis, vous le savez, de toutes mes forces, en faisant appel au dévouement et, si besoin est, à l'esprit de sacrifice de tous mes concitoyens, dans quelque condition qu'ils se trouvent placés. Je suis heureux de constater que vous êtes animé de ces mêmes sentiments et je vous remercie de me les avoir exprimés. »

   Ancien directeur à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, Jacques Boncompain a relaté l’évolution de la condition des auteurs de l’Antiquité à nos jours. Après Auteurs et Comédiens au XVIIIe siècle (Perrin), prix Thiers de l’Académie française, La Révolution des Auteurs (Fayard), grand Prix de l’Académie française Jacques de Fouchier, Tant qu’il y aura des Auteurs (CISAC), il a publié à la Libraire Champion : De Scribe à Victor Hugo, puis De Dumas fils à Marcel Pagnol, enfin : Dictionnaire de l’épuration des gens de lettres ou Mort aux confrères, Je brûlerai ma gloire et La tragédie du Maréchal aux éditions Muller.

    Il est le nouveau président de l’ADMP.

9782841914357

Fiche technique

Reliure
Broché
Parution
2024
Nombre de pages
352
Hauteur
24
Largeur
15.5
Épaisseur
2.5
Poids en KG
0.599 kg

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