Salazar, le Consul impavide
A la découverte de la destinée et de l'oeuvre - trop souvent méconnues - de Salazar.
PLAISIR DE LIRE, juin 2025 :
Inclassable, tel est le « doutor », docteur en droit, sciences économiques et financières, pur intellectuel devenu, malgré lui au départ, celui qui a conduit les destinées du Portugal de 1932 à sa mort en 1970. L’auteur met en effet l’accent sur la complexité du fondateur de l’Estado Novo : très pieux mais hostile à l’union de l’Église et de l’État, antidémocrate mais refusant le rétablissement monarchique, instaurant un régime autoritaire mais faisant barrage au totalitarisme soviétique ; conscient de l’échec financier des colonies mais les maintenant à tout prix. Loin des clichés, Salazar nous est ainsi présenté avec les influences qui l’ont guidé, et les grandes orientations qu’il a prises. Jean-Paul Besse ne mâche pas ses mots contre le laïcisme révolutionnaire que Salazar a combattu, mais souligne les erreurs qui ont conduit à la fin du régime quatre ans après la mort de son fondateur.
Pour qui ce livre ? Pour adultes passionnés d’histoire, car les nombreuses allusions à l’histoire du Portugal ou aux figures intellectuelles ou politiques de l’époque nécessitent une lecture attentive.
MEDIAS PRESSE INFO, Laure Macaire, novembre 2023 : lire l'article en entier
Loin des clichés véhiculés par les tenants de la pensée unique, cette biographie que nous propose Jean-Paul Besse remet les choses à leur place. Un livre passionnant, au texte riche de documents, d’un cahier-photos et de nombreuses annexes étayant un récit d’historien. Une lecture pleine d’enseignements. Voilà un beau cadeau de Noël, entre histoire et actualité !
LE SALON BEIGE, Août 2023 :
L’auteur cite un discours de Salazar prononcé en 1929, peu avant son accession au pouvoir en 1932 :
La réorganisation constitutionnelle de l’Etat doit se fonder sur un nationalisme solide, prudent, conciliateur, qui tâchera d’assurer la coexistence et l’activité régulière de tous les éléments naturels, traditionnels et progressifs de la société. Parmi ces éléments, nous devons compter spécialement sur la famille, la corporation morale et économique, la paroisse et la commune. Il me semble que les garanties politiques de ces facteurs primordiaux doivent avoir leur consécration dans la Constitution portugaise, de façon qu’ils puissent avoir une influence directe ou indirecte sur la formation des corps suprêmes de l’Etat. Alors, seulement, l’Etat sera l’expression juridique de la Nation dans la réalité de sa vie collective.
Et Jean-Paul Besse commente : Là encore se retrouvait la pensée de Pie XI, exprimée dès le 11 décembre 1925 par l’encyclique Quas primas et rappelée par l’introduction dans la liturgie latine de la fête du Christ-Roi, fixée au dernier dimanche d’octobre.
Au sommaire :
Prologue : Consul et sphynx
- I. La « génération de 70 » face aux origines chrétiennes
- II. Enjôleur et docteur
- III. Chrétien social et non démocrate chrétien
- IV. La leçon de trois dictatures
- V. Le professeur au secours de l’armée
- VI. Redressement et avènements
- VII. La mort du roi et l’« Estado novo »
- VIII. Un gallicanisme lusitanien
- IX. Louvoyer et maintenir
- X. Pax atlantica
- XI. Vents mauvais
- XII. « Orgueilleusement seuls » ?
- XIII. L’arche des rois
Epilogue : Un consulat inachevé
Annexes :
- Relations diplomatiques entre le Portugal et l’Éthiopie : textes des lettres échangées entre l’empereur Hailé
- Sélassié et le président du Conseil du Portugal Salazar (17 et 29 juin 1963)
- La détermination de rester : allocution de Salazar aux représentants des populations de l’Angola venues à
- Lisbonne pour lui rendre hommage (13 avril 1965)
- Le problème le plus grave : texte de Marcello Caetano, président du Conseil, sur la politique portugaise d’Outre-mer (5 mars 1974)
Avec un cahier photos de 8 pages.
À sa mort, le Portugal avait neuf tonnes d’or en réserve. Et s’il eût été légitime d’en soustraire une fraction pour lutter contre l’illettrisme, si les méthodes de la redoutable P.I.D.E. (police politique) n’inspirent aujourd’hui que juste réprobation, l’œuvre du président du Conseil Antonio de Oliveira Salazar (1889-1970) ne fut pas seulement financière et stabilisatrice, mais permit au pays d’échapper à la crise de 29, aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, à la révolution communiste en sa métropole et ses outremers.
Jean-Paul Besse retrace ici la destinée peu connue du doutor dont la devise était « Étudier dans le doute, réaliser dans la foi », en évitant l’écueil du dénigrement autant que du panégyrique. Et si l’on s’élève au plan spirituel, sans doute faut-il reconnaître la protection mariale dont bénéficia la nation de Fatima au long de quarante ans de gouvernance ; gouvernance de celui dont le général de Gaulle déclarait en 1962 qu’« à la fois le peuple de France et moi personnellement respectons l’œuvre exemplaire réalisée et qu’il continue d’accomplir pour le bénéfice du Portugal et du monde ».

Auteur des premières biographies d'Elisabeth Feodorovna, d'Ileana de Roumanie, de sainte Catherine de Lesna, du grand-duc Nicolas Romanov, et de Ménélik II l'unificateur, soleil de l'Éthiopie (2021), Jean-Paul Besse est docteur d'État en histoire. Spécialiste de l'Europe centrale et orientale, il a été professeur invité des universités serbes et de Nijni Novgorod.
Chevalier de la Légion d'honneur, primé par l'Académie française, il enseigne à l'Institut Saint-Pie X. Jean de Viguerie, son ancien directeur de recherches a préfacé un de ses ouvrages;
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- Juillet 2023
- Nombre de pages
- 221
- Hauteur
- 20.5
- Largeur
- 13.5