Inscriptions sur nos ruines 1941-1954

Oeuvres et écrits de Charles Maurras - Volume VII

 Ce volume offre un ensemble de textes et d'articles de Charles Maurras, publiés à la fin de sa vie, sur différents sujets.

OMNIA VERITAS
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Sommaire non exhaustif :

  • Français, aimons-nous nous-même
  • ...
  • Jean-Jacques "Faux prophètes"
  • ...
  • La politique de Ronsard
  • Le goût de la vérité
  • Les humanités vivantes
  • ...
  • L'Allemagne et nous
  • Tragi-comédie de ma surdité
  • Le parapluie de Marianne
  • Pour un réveil français
  • Une promotion de Judas
  • ...
  • Le mont de Saturne
  • ...
  • Les aventures de monsieur Wladimir et de madame la Princesse
  • ...
  • L'avenir du nationalisme français

   Juste au milieu de l’autre guerre, plus d’un quart de siècle écoulé !, un de mes amis fit un livre, aujourd’hui introuvable, où, voulant peindre l’atmosphère morale des trente années précédentes, il les résuma dans ce titre : Quand les Français ne s’aimaient pas.

   Mais ce qu’il voulait exprimer était tellement loin de l’esprit de tous ses lecteurs, que ceux-ci firent aussitôt un contresens unanime ; ils se figurèrent qu’il allait leur parler du temps où les Français ne s’aimaient pas entre eux et, divisés les uns des autres, luttaient les uns contre les autres… Certes, l’union nécessaire manque, beaucoup et trop, en France. C’est pourquoi son image y est toujours comprise et désirée, appelée et même fêtée. On aime à répandre des plaintes tout à fait légitimes sur les outrances des partis, leurs passions et leurs injustices ; on élève de grands soupirs vers la plus urgente et la plus légitime des concordes. Pieux désirs ! Valant ce qu’ils valent, ils sont courants.

    En revanche, notre pays ne donne pas grande attention à ce dont parlait le livre. Nous passons, sans y prendre garde, sur la plus triste et la plus fâcheuse de nos habitudes d’alors, d’aujourd’hui, de toujours : les Français ne s’aiment pas eux-mêmes, comme Français. Ils ont peu d’affection et peu d’estime pour la nature de leur peuple, pour ses traits distinctifs et pour sa figure constante. Et s’ils y pensent, c’est pour regretter, pour déplorer ou même accuser le tempérament national : « Nos Français ! Vous les connaissez ! Tous les mêmes ! » Et en avant, notre légèreté, notre versatilité, notre manque de sérieux, de patience ou de profondeur ou encore de force… Vieille maladie qui fut grave. On l’avait crue guérie par l’exemple extraordinaire des quatre années consécutives tenues dans les tranchées, au long d’héroïques batailles. Mais à peine nos provinces frontières étaient-elles dégagées, le même mauvais refrain a recommencé de courir.

   De hautes autorités morales ont bien raison de prêcher, comme elles en ont le devoir, aux Français, nés Gaulois, plus de charité réciproque, moins d’acrimonie dans leurs rapports sociaux, un goût moins vif de la querelle et de la dissension, Mais quoi ! c’est la nature humaine, l’homme n’a pas fini d’être pour l’homme un loup. Ce qui est redevenu l’indice commun du Français, c’est un étalage de modestie excessive et même de véritable humilité toutes les fois qu’il s’agit de la valeur et du rang de notre nation. Le Français moderne est toujours prêt à s’effacer devant la première nation venue, en s’inclinant, en lui disant : Après vous, après vous, s’il vous plaît… Beaucoup comptent prendre un air distingué. Ils croient se dépasser en s’élevant, non au-dessus d’eux-mêmes, mais de leur peuple et de leur pays.

 

    Charles Maurras (1868–1952) est un écrivain, journaliste et philosophe politique français. Né à Martigues il se forme par une culture classique rigoureuse. Il fonde au tournant du XXᵉ siècle la doctrine du nationalisme intégral, conciliant la grande tradition contrerévolutionnaire et le nationalisme. Figure centrale de l’Action française, qu’il dirige intellectuellement, il défend la monarchie héréditaire comme principe d’ordre et de continuité. Écrivain prolifique, il marque la critique littéraire, la poésie et l’essai politique. Académicien en 1938, il soutien au régime de Vichy. Condamné en 1945 à la réclusion et à l’indignité nationale, il est libéré pour raisons de santé.

   Il meurt à Tours en 1952, laissant une œuvre majeure mais profondément controversée qui il influença de près ou de loin des écrivains mais aussi des hommes politiques : de Bernanos à Maritain en passant par Marcel Proust, du général De Gaulle à François Mitterrand en passant par Georges Pompidou…

Editeur : OMNIA VERITAS
9781912452989

Fiche technique

Reliure
Broché
Parution
2018
Nombre de pages
526
Hauteur
23
Largeur
15.5
Épaisseur
2.7
Poids en KG
0.746 kg

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