L'Action française et le Vatican 1914-1939 - Oeuvres et écrits de Charles Maurras - Volume II
Un ensemble de textes de Charles Maurras consacrés au catholicisme et au rapport qu'il entretint avec l'Eglise.
Sommaire non exhaustif :
- Pie X
- Le pape, la guerre et la paix
- L'école laïque contre la France
- Préface à L'Action française et le Vatican
- Charles Maurras et le cardinal Andrieu
- Le réquisitoire de Bordeaux
- ...
- Le XIIIe congrès
- ...
- L'Action française condamnée : les documents et les faits.
- ...
- La mort de Pie XI.
Les partis qui ont le plus violemment combattu la politique de Pie X recommencent contre Benoît XV. On verra ailleurs ce que cette hostilité éternelle à la papauté couvre d’hostilité foncière au bien moral et matériel du genre humain ; ces violences systématiques exercées contre le seul îlot de pure humanité que puisse montrer la planète nous arrivent aujourd’hui couvertes du masque du patriotisme blessé. On voit facilement ce qu’il faut en penser, du point de vue de l’Homme. Leur prétexte hypocrite ne doit pas moins nous indigner comme Français.
À supposer en effet qu’il se fût élevé un malentendu entre le centre romain et les Français catholiques, l’épiscopat a fait spontanément, avec une promptitude remarquable, tout ce qu’il fallait pour donner leur véritable signification à des termes qui n’étaient pas le moins du monde douteux. Successivement les félicitations du cardinal de Cabrières au cardinal Mercier, l’adresse des évêques de la province de Lyon à la tête de desquels marchait le cardinal Sevin, le document signé par tous les cardinaux français et finalement la traduction donnée par le cardinal Amette, en termes si clairs et si forts, de la pensée pontificale ont fixé l’opinion si elle eût été tentée de flotter. Ce flottement ne s’est pas produit. Le pays a compris. Supposons qu’il n’ait pas compris. Quel était le devoir des esprits politiques ? Assurément, s’interposer, unir leurs efforts à ceux de l’épiscopat et, par-dessus la divergence des sentiments ou des doctrines, s’employer vers le même but, qui était d’éviter au peuple catholique français tout sujet de trouble, comme aussi au Saint-Siège, du côté de la France, de nouveaux soucis. Il ne faut pas, disent les bons médecins, ébranler ce qui est tranquille : quieta non movere.
À plus forte raison, faut-il se garder d’élever la température et le trouble dans ce qui s’agite avec fièvre. Nous avons, en France, à porter le poids d’une grande guerre extérieure. Ce n’est pas l’heure d’une lutte intérieure ni d’une guerre religieuse.

Charles Maurras (1868–1952) est un écrivain, journaliste et philosophe politique français. Né à Martigues il se forme par une culture classique rigoureuse. Il fonde au tournant du XXᵉ siècle la doctrine du nationalisme intégral, conciliant la grande tradition contrerévolutionnaire et le nationalisme. Figure centrale de l’Action française, qu’il dirige intellectuellement, il défend la monarchie héréditaire comme principe d’ordre et de continuité. Écrivain prolifique, il marque la critique littéraire, la poésie et l’essai politique. Académicien en 1938, il soutien au régime de Vichy. Condamné en 1945 à la réclusion et à l’indignité nationale, il est libéré pour raisons de santé.
Il meurt à Tours en 1952, laissant une œuvre majeure mais profondément controversée qui il influença de près ou de loin des écrivains mais aussi des hommes politiques : de Bernanos à Maritain en passant par Marcel Proust, du général De Gaulle à François Mitterrand en passant par Georges Pompidou…