Les diverses familles spirituelles de la France
Edition de Denis Pernot et Vital Rambaud.
Dans une série d'articles qu'il publie en 1916-1917 et reprend aussitôt en volume, Barrès insiste sur la manière dont les combattants de toute famille politique ou religieuse ont dépassé leurs querelles d'avant-guerre et sont animés par une force spirituelle qu'il tente de percer à jour.
En novembre 1916, alors que l'union sacrée se fissure, Barrés entreprend de travailler à son renforcement par la publication dans L'Écho de Paris d'une série d'articles repris en volume dès le printemps suivant et consacrés aux « diverses familles spirituelles » présentes au sein de l'armée française.
L'écrivain-patriote donne en exemple leur « concert » et insiste sur la manière dont catholiques, protestants, israélites, socialistes et traditionalistes ont oublié leurs querelles d'avant-guerre. Au-delà de la propagande ou du « bourrage de crâne », l'auteur, en même temps qu'il célèbre le sacrifice des combattants, cherche à découvrir dans leurs différents écrits (correspondances ou carnets de guerre) la force spirituelle qui les anime.

Né à Charmes (Vosges), le 19 août 1862. Maître à penser de toute une génération, Maurice Barrès le fut tout autant par son œuvre littéraire que par son style de vie. Dans les années 1880, il fréquenta à Paris le cénacle de Leconte de Lisle et les milieux symbolistes. Parallèlement à sa carrière d’écrivain qui lui assura un succès précoce — il n’a que vingt-six ans quand paraît le premier tome de sa trilogie Le culte du moi — il se lança dans la politique. Boulangiste par anticonformisme et par rébellion contre l’ordre établi, il fut élu député de Nancy en 1889. L’Affaire Dreyfus qu’il vécut comme une menace de désintégration de la communauté nationale l’incita d’emblée à se placer dans le camp des antidreyfusards dont il devint l’un des chefs de file. Dès lors, sa pensée s’orienta vers un nationalisme traditionaliste, plus lyrique et moins théorique que celui de Maurras, mais fondé sur le culte de la terre et des morts. Pour défendre ses idées, il fonda, en 1894, son propre journal, La Cocarde, et écrivit surtout entre 1897 et 1902 la trilogie du Roman de l’énergie nationale dans lequel le « culte du moi » se trouvait enfin transcendé dans la fidélité au sol natal.
À la suite de « l’Affaire », il ne devait plus quitter l’arène politique, assumant la présidence de la Ligue de la Patrie française puis celle de la Ligue des patriotes, à la tête de laquelle il succéda à Paul Déroulède en 1914, affichant enfin pendant toute la durée de la guerre un patriotisme cocardier qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne ». Dès avant la guerre cependant, l’année 1906 devait lui apporter la consécration politique et littéraire grâce à une double élection : comme député de Paris — il le resta jusqu’à sa mort — et comme académicien. Après s’être présenté en 1905 au fauteuil d’Eugène Guillaume et avoir échoué contre Étienne Lamy (qui devint le 500e « Immortel »), il avait brigué la succession du duc d’Audiffret-Pasquier mais s’inclina, étant simple député, devant la candidature du ministre Ribot. La mort du poète Heredia ouvrit alors une seconde vacance qui permit à Maurice Barrès d’être élu le 25 janvier 1906, par 25 voix contre 8 à Edmond Hauraucourt et une voix à Jean Aicard. Il fut reçu le 17 janvier 1907 par le vicomte de Vogüé. Il reçut à son tour Jean Richepin, en 1909. Mort le 4 décembre 1923.
Prix Alfred Née - Prix de littérature et de philosophie créé en 1893, décerné à l’auteur de l'œuvre la plus originale comme forme et comme pensée.
Fiche technique
- Reliure
- Broché
- Parution
- 2017
- Nombre de pages
- 210
- Hauteur
- 22
- Largeur
- 15
- Épaisseur
- 0.6
- Poids en KG
- 0.288 kg