De la dignité des pauvres

Précédés d’un essai d’Alain Supiot.

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L'HOMME NOUVEAU, 4 mars 2026, Stephen Vallet :

   La question de la richesse et de la pauvreté n’est en rien un problème nouveau. Au temps même du Christ, elle habite nombre d’interrogations théologiques et d’approches concrètes divergentes. En écho à l’enseignement du Divin Maître, Bossuet (1627-1704) prêche à plusieurs reprises sur l’éminente dignité du pauvre et sur le danger de la richesse. L’Évangile, souligne-t-il, a été prêché aux pauvres et, s’il s’adresse aussi aux riches, c’est pour qu’ils se mettent au service des premiers.

   Derrière l’Évangile, Bossuet opère un véritable renversement de statut du pauvre et du riche. On en trouve une trace concrète dans les trois sermons réunis dans ce petit volume. Ils sont précédés d’une introduction d’Alain Supiot qui retrace l’évolution des mentalités face à la richesse et à la pauvreté. Il note bien le basculement opéré par l’émergence du capitalisme et s’inquiète de l’impossibilité de dire aux grands de ce monde la valeur de la modération, d’une certaine ascèse et de la primauté de la recherche des biens immatériels. Mais il devrait aller plus loin en constatant que c’est tout un ensemble, depuis la Révolution, qui a rendu impossible un Bossuet prêchant en vérité aux grands de ce monde. L’Aigle de Meaux pouvait le faire parce que lui et ses auditeurs évoluaient en régime chrétien. 

   Les deux sermons et le panégyrique que Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) a consacrés à la pauvreté éclairent puissamment les temps présents, où le culte de l’enrichissement personnel est universellement célébré et où partout progressent la misère et les inégalités économiques. Dans ces trois textes, mis pour la première fois en regard dans le présent volume, celui que l’on surnommait « l’Aigle de Meaux » prévient les riches, « qui s’imaginent que tout leur est dû et qui foulent aux pieds les pauvres », que leur « insatiable désir d’amasser » les condamne à être « toujours avides, toujours affamés dans la profusion et dans l’excès même ». Ils ne peuvent échapper à ce destin et s’assurer une place légitime au sein de la société qu’en se mettant au service des pauvres.

   Dans l’essai qui introduit la lecture de ces textes, Alain Supiot retrace le destin contrasté du « renversement de l’ordre du monde » ainsi prêché par Bossuet. Qu’elle soit posée en termes religieux, philosophiques, scientifiques ou politiques, la question d’une juste répartition des richesses n’a cessé d’agiter les sociétés, depuis les aspirations révolutionnaires des XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à l’actuel renversement de l’État social par des régimes ploutocratiques.

   Jacques Bégnigne Bossuet est né en 1627 à Dijon. Après des études de philosophie et de théologie, il entre dans les ordres ecclésiastiques et devient évêque de Meaux en 1681. Conseiller des princes, directeur spirituel, pasteur attentif à son diocèse, enseignant la foi aux grands de ce monde comme aux plus humbles, Bossuet est demeuré dans l’histoire comme un orateur exceptionnel et l’un des plus grands écrivains du Grand Siècle.

   Les Belles Lettres ont publié ses Œuvres historiques, philosophiques et politiques (2020), ses Sermons (2026) ainsi que, De la dignité des pauvres et des devoirs des riches (2026, introduit par un essai d'Alain Supiot).

9782251458359

Fiche technique

Reliure
Broché
Parution
Février 2026
Nombre de pages
166
Hauteur
19
Largeur
12
Épaisseur
1
Poids en KG
0.405

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