Ecrits spirituels du Moyen Age

Textes traduits, présentés et annotés par Cédric Giraud.

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   Présentation de l'éditeur :

   Anselme de Cantorbéry : "Je tendais vers Dieu et je suis tombé sur moi-même !" En propageant par l'écrit différents exercices – lecture, méditation, prière, contemplation –, des clercs ont inventé la spiritualité comme un art de l'intériorité, une manière de reconnaître la présence d'une transcendance dans l'intimité humaine.

   À la fin du XIe siècle, la spiritualité est à l'origine d'un genre littéraire, la "méditation". Au XIIe, siècle de l'éveil de la conscience et de l'intériorisation, elle devient une technique spirituelle. Du XIIIe au XVe, c'est une tradition proposée au plus grand nombre ; les textes spirituels atteignent des laïcs, hommes et femmes. Inséparable de l'essor d'une civilisation du livre, le développement de la spiritualité fait du texte le moyen privilégié pour comprendre le monde extérieur et se déchiffrer soi-même. Depuis les méditations fondatrices d'Anselme (XIe s.) jusqu'à la simplicité de l'Imitation du Christ (XVe s.) en passant par l'incendie d'amour de Bonaventure (XIIIe s.), sont ici réunis les écrits les plus diffusés au Moyen Âge.

   Même s'ils ne relèvent pas de la mystique entendue comme une science de l'âme constituée en discours autonome (qui sera la mystique de l'âge moderne), ils peuvent être à bon droit qualifiés de mystiques. Quant à leurs auteurs, ils ont en partage la prose d'art latine et une sensibilité littéraire. Pour eux, écrire est en soi un exercice spirituel. Aussi leur prose se lit-elle souvent comme de la poésie. Qu'en faire aujourd'hui ? Entre une lecture dans la foi et celle du "développement personnel" (qui est une spiritualité sans Dieu), libre à chacun de mesurer la distance qui nous sépare de ces oeuvres, de reconnaître la proximité qu'elles entretiennent avec notre culture, et de se poser les questions qu'elles soulèvent et qui sont toujours les nôtres.

   PRESENT 16 novembre, Rémi Tremblay :

   Le Moyen Age ne finit pas de nous étonner. Notre siècle apostat voit les foules d’ordinaire hébétées par le dieu Marchandise pleurer sur la destruction de Notre-Dame par les flammes. Tout à coup, elles réalisent, sans doute par intuition plus que consciemment, combien la culture est fragile, combien l’héritage de leurs pères est précieux, combien solides sont les liens qui les attachent à ce passé chrétien sur lequel d’habitude elles crachent ou vomissent, quand elles n’y sont pas totalement indifférentes. Alors que la cathédrale de Paris dresse aujourd’hui dans l’air brumeux de la capitale ses tours noircies et sa nef éventrée, à l’abri des bibliothèques reposent dans une profonde léthargie les manuscrits qui transmettent à notre pauvre temps les trésors spirituels de ce Moyen Age, auquel souvent on associe imbécilement l’épithète d’obscurantiste.

   Cédric Giraud – ancien élève de la prestigieuse Ecole des Chartes et professeur à l’Université de Lorraine – et Gallimard ont eu la bonne idée de publier certains de ces écrits dans un volume de la Pléiade. D’Anselme de Cantorbéry à Jean Mombaer, du XIe au XVe, des au- teurs connus ou même classiques, comme Bernard de Clairvaux ou Thomas d’Aquin, à d’autres moins illustres, chez le profane du moins, comme Henri Suso, l’échantillon est représentatif de la richesse et de la fécondité spirituelles de la chrétienté médiévale.

   Comment lire ce volume qui apparaît, par son format, comme une sorte de bréviaire ? Rien ne serait plus absurde que de commencer à la première page pour terminer à la dernière. Il faut le parcourir, pour s’en pénétrer et méditer à l’école de ses auteurs. Même si plusieurs siècles les séparent parfois, on est saisi par l’intensité de leur commune dévotion. Ensuite, on a le sentiment que, même si ces textes circulaient, ils étaient avant tout destinés à l’auteur lui-même, comme un moyen de dialoguer plus intimement avec ce Dieu qu’ils cherchent – il n’est que de voir les entretiens qu’ils ont avec leur âme ou avec un interlocuteur qu’ils s’inventent. Enfin, on est stupéfait de constater à quel point ces religieux sont sensibles à l’amour de Dieu : loin de mettre en avant les châtiments qui attendent les impies, ils préfèrent insister sur l’amour infini de Celui qu’ils servent, et sur les moyens qu’ils ont de répondre à cet amour.

   Un bien beau livre, donc. On conclura sur cette action de grâces du Pseudo-Augustin :" Tu m’as éclairé, lumière, et je t’ai vue et je t’ai aimée. Nul ne t’aime sans te voir ; nul ne te voit sans t’aimer. Tard je t’ai aimée, beauté si ancienne ; tard je t’ai aimée. Malheur à l’époque où je ne t’ai pas aimée ! "

4ème de couverture

   Ce volume contient

Les classiques de la spiritualité XI° - XIII° siècle

  • Anselme de Cantorberry : prières et méditations
  • Pseudo-Bernard de Clairvaux : les méditations
  • Pseudo-Augustin : Les soliloques

L'école du cloître XII° siècle

  • Hugues de Saint-Victor : Les arrhes de l'âme
  • Guillaume de Saint-Thierry : lettre aux frères du Mont-Dieu
  • Bernard de Clairvaux : Deux sermons sur le Cantique des Cantiques
  • Richard de Saint-Victor : les quatre degrés de la violente charité
  • Guigues le chartreux : lettre sur la vie contemplative

Une spiritalité pour tous XIII°-XV° siècle

  • Bonaventure : la triple voie, l'arbre de vie
  • Thomas d'Aquin : la passion du Christ
  • Henri suso : L'horloge de la sagesse
  • Jean Gerson : La théologie mystique d'un point e vue pratique

L'âge de la "Devotio moderna" XV° siècle

  • Thomas Kempis ; imitation de Jésus-Christ
  • Denys le chartreux : Comment s'enflammer pour l'amour divin
  • Jean Mombaer : échelle abrégée de la passion de Jésus-Christ

Introduction, Chronologie, Note sur la présente édition, Notice et notes, Bibliographie.

Fiche technique

Catégories Livres Religion Spiritualité
ÉditeurGallimard
CollectionBibliothèque de la Pléiade
ReliurePrésentée sous coffret cartonné. Edition luxe, reliée peau sous jaquette transparente, cahiers cousus, papier bible et signet de couleur.
ParutionOctobre 2019
Nombre de pages1218
Hauteur17.5
Largeur11.5
Épaisseur3.2

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