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Le rappel des oiseaux
GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADÉMIE FRANCAISE - 2026
Sous le regard de pierre de saint François, un enfant apprend que le langage des oiseaux est le seul capable de panser les blessures des hommes.
Avec son nouveau roman, Sébastien Lapaque brise la logique glacée de l'utile pour offrir une méditation sur l'espérance, l'amitié et la transfiguration d'une vie, signant une œuvre heureuse où la poésie du vivant nous arme face aux fractures de la modernité.
BOULEVARD VOLTAIRE, Arnaud Floirac, 1er novembre 2026 : Rien de plus bernanosien que cet hommage paisible à l’esprit d’enfance.
Une spiritualité proche de celle de saint François d’Assise Avec Le Rappel des oiseaux - un tire inspiré d'une pièce de musique du grand Jean-Philippe Rameau - qui lui vaut le Grand Prix de l’Académie, 90 ans après Bernanos pour le Journal d’un curé de campagne (peut-être un détail pour vous, mais pour lui, gageons que ça veut dire beaucoup), Sébastien Lapaque s’aventure sur des terres qui lui sont familières, mais qui semblent prendre des couleurs particulièrement tendres et naturelles, à mesure que le monde réel, lui, devient plus cruel et plus factice.
C’est l’histoire de Noé, un enfant des années 70, qui vit en Bretagne. Il apprend à faire le deuil de son grand amour et à apprivoiser le monde en écoutant le langage des oiseaux, dans une spiritualité proche de celle de saint François d’Assise, qui guide ses pas. Pas de luttes sociales, pas d’autofiction, pas de revendication, pas un mot sur les conflits contemporains. Non : c’est un roman, tout simplement. Incroyable, non ? Rien de plus bernanosien que cet hommage paisible à l’esprit d’enfance, signé d’un homme qui poursuit depuis longtemps son chemin littéraire exigeant, loin des emballements médiatiques. Le Goncourt ira peut-être à Yannick Haenel, plus en cour dans le Quartier latin, et qui signe, cette fois, un livre sur le métier de prof et les revendications lycéennes. Commercialement, c’est bien vu. Ce n’est guère important. La littérature, dans le temps long, servira de tamis.
« Les hommes font toujours les mêmes erreurs, mais ils trouvent toujours les mêmes chemins de vérité, de réconciliation et de paix », a dit Lapaque, au sujet du chemin spirituel de son héros. Bernanos aurait parfaitement pu écrire cet aphorisme douloureux et paisible, les pieds dans la glaise du monde avec la certitude du Ciel. Le fait que l’Académie ait su reconnaître un talent aussi inactuel (au sens des considérations nietzschéennes du même nom) est en soi une bonne nouvelle. Bravo maître !
es vallons de granit bretons de son enfance dans les années 1970 aux collines ensoleillées d’Assise trente ans plus tard, Noé suit un destin singulier. Élevé dans l’amour de sa grand-mère et la complicité de ses cousins, ce fils de cadres de l’agroalimentaire que tout pousse à emboîter le pas à ses parents échappe à une vie ordinaire en se vouant à l’étude des phénomènes lumineux. Mais il demeure hanté par l’éclipse d’Azou, son grand amour. À travers cette blessure, un retournement intime s’opère : conduit par le chant des oiseaux, Noé s’engage dans le sillage de François d’Assise. Le Petit Pauvre d’Ombrie devient alors le compagnon nocturne d’une réconciliation secrète entre la science des arcs-en-ciel et la joie parfaite.
Avec "Le Rappel des oiseaux", Sébastien Lapaque brise la logique glacée de l’utile pour offrir une méditation sur l’espérance, l’amitié et la transfiguration d’une vie, signant une œuvre heureuse où la poésie du vivant nous arme face aux fractures de la modernité.

Sébastien Lapaque est romancier et critique littéraire. Il a obtenu le prix Renaudot de l’essai pour Échec et mat au paradis (Actes Sud, 2024).
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- 7 octobre 2026
- Nombre de pages
- 288
- Hauteur
- 21.5
- Largeur
- 11.5
- Épaisseur
- 2.1
- Poids en KG
- 0.288