Une patrouille composée de huit enfants, conduite par un lieutenant et manipulée par un capitaine, reçoit pour mission d'aller faire la police dans le Royaume du Conte. Car il se passe, dans ce royaume, pas mal de choses que le folklore tolère, mais que la morale réprouve : les loups y mangent les petites filles, ce qui est cruel ; les ogres y mangent les petits garçons, ce qui est vicieux ; on peut y rencontrer le diable, ce qui n'est pas laïque, ou encore épouser un prince ou une princesse, ce qui n'est pas démocratique... Notre patrouille va donc mettre ordre à tout cela. Elle ira jusqu'à renverser le Roi pour transformer le Royaume du Conte en république. Mais n'y a-t-il pas quelque danger à censurer de cette manière ce qui vient des profondeurs de l'histoire et du subconscient collectif ?
La démocratisation n'est-elle pas une forme du refoulement ? Et l'égalitarisme une forme de la bigoterie ? Le mal, extirpé ici, ne va-t-il pas renaître là ? Et tout ce grand effort d'humanisation ne risque-t-il pas d'aboutir à une spectaculaire explosion de violence ?
Dans l'imaginaire comme dans la nature, n'est-il pas plus sage de laisser les espèces se dévorer entre elles, ainsi que l'enseignent les écologistes ?
- Fantasy - Science-fiction.
La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres, disait Churchill. Sauf dans l'univers des contes pour enfants. Que deviendraient ces mondes imaginaires sans leurs reines et leurs rois, leurs ogres et leurs sorcières ? Des prêches un peu fades qui ennuieraient les petits et les grands du monde entier.
C'est pourtant ce qu'a imaginé Pierre Gripari, l'un de maîtres de la littérature enfantine, qui s'adressait à tous les publics, de 7 à 77 ans, dans sa Patrouille du conte, fable prémonitoire rédigée en 1982.
Une patrouille d'enfants reçoit pour mission d'aller faire la police dans le Royaume par trop monarchique des contes. Sa mission : les épurer de leurs reliquats chrétiens, féodaux et archaïques. L'affaire se passe mal, comme on s'en doute. Car à trop vouloir faire l'ange, on fait la bête - et on en devient bête.
Pierre Gripari est né en 1925 à Paris, d'une mère française et d'un père grec. Il fait des études de lettres au lycée Louis-le-Grand, exerce divers métiers, puis s'engage pendant trois ans dans l'armée. Il est ensuite employé au siège social d'une compagnie pétrolière ; en 1957, il démissionne pour écrire une autobiographie, «Pierrot la lune». En 1962, il crée «Lieutenant Tenant» au théâtre de la Gaîté-Montparnasse. Il écrit des romans, des contes fantastiques et des récits pour enfants : «Histoires du Prince Pipo», «Nanasse et Gigantet», ...
Dans les «Contes de la rue Broca», géants, sorcières, sirènes, surgis d'un patrimoine légendaire, s'animent d'une vitalité nouvelle. Narquois, l'auteur s'amuse à bouleverser l'ordre du merveilleux.
Pierre Gripari est mort en 1990 à Paris.
Fiche technique
- Reliure
- Broché
- Parution
- 2025
- Nombre de pages
- 264
- Hauteur
- 19
- Largeur
- 12
- Épaisseur
- 1.9
- Poids en KG
- 0.250