L'accident
PRIX MARCEL PAGNOL - 2025.
"Un attachant témoignage sur la France des « Trente glorieuses » à la fois regrettée par certains et fustigée par d’autres."
Le Prix Marcel Pagnol 2025 a été décerné à Jean-Paul Kauffmann pour son ouvrage L’Accident, publié aux éditions Équateurs. La remise de ce prix littéraire, qui célèbre depuis vingt-cinq ans les récits d’enfance et de mémoire chers à l’auteur de La Gloire de mon père, s’est déroulée le 23 juin dernier sur la terrasse de l’hôtel Fouquet’s, à Paris.
Présidé par Grégoire Delacourt, le jury du prix Marcel Pagnol est composé de Nicolas Pagnol, Karin Hann, Philippe Chauveau, Franck Duval, Michel De Jaeghere, Jean-Noël Pancrazi, Dominique Guiou, Pascal Ory de l'Académie française et Floryse Grimaud, créatrice et organisatrice du Prix.
RENAISSANCE CATHOLIQUE, Jean-Pierre Maugendre, 4 septembre 2025 : Lire l'article
Détenu pendant trois années (1985-1988) comme otage à Beyrouth par une milice islamiste, Jean-Paul Kauffmann a survécu en se remémorant ce que ses ravisseurs ne pouvaient lui enlever : les souvenirs de son enfance, dans un bourg à 40 kilomètres de Rennes : Corps-Nuds. Né en 1944, l’auteur a vécu dans la mémoire de l’accident qui fit la triste célébrité de la commune : la mort de dix-huit footballeurs et supporters du club local dans un accident au retour d’un match le 2 janvier 1949. Il confesse appartenir à « une génération qui, je le crains, a joui d’avantages disparus à jamais ».
Nous est décrite une société rurale, rude mais solidaire, rythmée par l’écoulement des saisons et les cérémonies liturgiques : le vieux monde d’avant la mécanisation et le remembrement, celui des comices agricoles, des fêtes patronales et des kermesses paroissiales, celui qui croit au surnaturel et a le goût du travail bien fait. Parlant de son père, boulanger, Jean-Paul Kauffmann écrit : « Ce n’est certainement pas le gain financier qui le stimulait en premier mais le bonheur de réaliser un travail de qualité utile à la communauté ». Nous voilà bien loin de la start-up nation et des business angels… Sandrine Rousseau, député écolo-féministe de Paris, qui envisage de s’installer chez les « ploucs » du Finistère à Dinéault sera certainement heureuse de découvrir que la société bretonne était, et est encore, une société foncièrement matriarcale. Evoquant sa mère l’auteur écrit ; « Elle avait l’œil à tout, laissant à mon père les faux-semblants du pouvoir. Il régnait mais c’est elle qui gouvernait (…) C’est elle qui fixait le prix des pâtisseries ».
Aujourd’hui encore, subjugué par la beauté de la liturgie à laquelle il s’associait comme enfant de chœur, servant deux messes le matin, l’auteur jette néanmoins un regard critique sur ce qu’il dénonce comme une « pastorale de la trouille » pour laquelle la religion se réduisait à un code moral.
Ce témoignage d’une grande sincérité et très attachant rappelle qu’il serait infantile de dresser un tableau idyllique de l’Eglise d’avant le concile Vatican II, opposé au chaos post conciliaire. C’est trop souvent un christianisme sans âme qui régulait la vie sociale de nombreux baptisés. Un attachant témoignage sur la France des « Trente glorieuses » à la fois regrettée par certains et fustigée par d’autres.
LA PRESSE EN PARLE :
- « Face à la barbarie des hommes, la beauté d'une enfance ordinaire », Paris Match
- « Splendide et bouleversant de justesse », La Tribune du dimanche
- « Chaque phrase est ciselée comme un joyau... », La Croix
- « Des pages profondes au vague à l'âme enjoué », Le Point
- « L'échappée intime de Jean-Paul Kauffmann », M Le Magazine du Monde
- « L'Accident possède la vertu de faire ralentir le temps et durer le plaisir simple de la lecture », Le Figaro Magazine
- « J'aime sa façon d'écrire, j'aime ses déambulations », France Inter - Le Masque et la plume
- « Acquiescer à la vie, même quand surgit l'épreuve, ou l'accident », RCF - Le livre de la semaine
2 janvier 1949, dix-huit footballeurs du bourg de Corps-Nuds, en Bretagne, revenant d'un match, trouvent la mort dans un accident.
Cette tragédie a marqué la France entière et pesé sur la jeunesse de Jean-Paul Kauffmann, enfant du même village. Ce fait-divers est le point de départ d'une enquête sur les distorsions de la mémoire. Comment cet accident annonce-t-il la journée du 22 mai où Jean-Paul Kauffmann sera enlevé à Beyrouth et détenu en otage durant trois années ? La boulangerie paternelle, une étrange église, l'odeur d'un monde rural disparu...
Après l'accident libanais, ce récit sur l'inexplicable s'est imposé à l'auteur. Sans l'enlèvement qui a fait resurgir ses premières années, Jean-Paul Kauffmann n'aurait probablement jamais eu le désir de raconter son après-guerre. Refuge et protection, cette enfance l'a sauvé. Grâce à elle, une partie de sa vie de prisonnier a échappé à ses ravisseurs.
Ce livre à la fois enquête et récit intime nous apprend à sentir, regarder, observer. Tout lecteur y retrouvera sa part d'enfance, ce sanctuaire dont on se croit le propriétaire.
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Jean-Paul Kauffmann est notamment l'auteur aux Équateurs d'Outre-terre et de Venise à double tour. Son oeuvre couronnée par les prix littéraires les plus prestigieux, considérée déjà comme une référence classique a été en partie réunie en un volume de Bouquins.
Fiche technique
- Reliure
- Broché
- Parution
- Février 2025
- Nombre de pages
- 328
- Hauteur
- 20.5
- Largeur
- 14
- Épaisseur
- 2.5
- Poids en KG
- 0.364