Mille diables - Février 1947, un hiver glacial, une ville occupée, un meurtrier en liberté
Traduit de l’allemand par Justine Coquel.
Un portrait historique au cœur de l’après-guerre en Allemagne, dans une ville dominée par les Soviétiques
LES LIVRES D'ANTOINE, 8 juin 2026 :
A Dresde, en février 1947, le policier Max Heller est appelé pour un meurtre. Un cadavre a été trouvé au bord de l’Elbe. Ce n’est pas n’importe qui : il s’agit d’un officier de l’Armée rouge. Voilà presque deux ans qu’elle occupe cette partie de l’Allemagne qui constituera bientôt un vrai pays appelé RDA, République Démocratique Allemande. Un camion de l’Armée rouge est déjà là et va embarquer prestement le cadavre. « Pas vos affaires, camarades » dit un officier soviétique à Heller. Il faudra tout de même qu’il enquête, le crime ayant été commis sur le territoire allemand. Flanqué de son adjoint Werner Oldenbusch, Max Heller, tente de recueillir des indices malgré le froid polaire.
Des badauds sont attroupés. Un crime c’est une distraction dans la morosité ambiante où tout l’Allemagne meurt de faim, surtout dans la partie soviétique. Son attention est attiré par une jeune fille qui se faufile parmi les curieux. Elle semble avoir un but précis et finit par descendre vers le fleuve pour fouiller une haie à proximité de l’endroit où se trouvait le cadavre. Elle en sort un sac. Max et Werner bondissent : « Posez ça ».
Max lui arrache le sac, la jeune fille s’enfuit, et Werner ne peut la rattraper. Les policiers ouvrent le sac et trouvent une tête d’homme, proprement décapitée. L’affaire se complique, d’autant qu’aucun corps sans tête n’a été découvert récemment. Il va bien falloir discuter avec les Soviétiques, car il y a nécessairement un lien entre les deux découvertes macabres. Tout cela sera bien périlleux.
Franck Goldamer, qui vit à Dresde, a rencontré un grand succès en Allemagne avec les enquêtes du policier Max Heller. Mille diables est la seconde, écrite en 2017 mais traduite seulement en 2026. Il existe une grande différence entre les deux : la première se déroule à l’automne 1944 et la seconde pendant l’hiver 1947. Entre les deux, les alliés ont rasé cette ville, qui fut la perle de l’Elbe. C’était le 13 février 1945.
Sans aucune nécessité militaire, malgré les arguments avancés à l’époque, Américains et Anglais décidèrent de détruire Dresde, tuant des dizaines de milliers de civils. Au-delà des péripéties de l’enquête, que le lecteur suit bien volontiers, c’est l’ambiance apocalyptique du roman qui est impressionnante. Les survivants du bombardement errent en quête de nourriture, les prisonniers de guerre reviennent au compte-gouttes dans une ville en ruine, leurs amis et familles bien souvent morts. Les innombrables orphelins se regroupent dans les ruines et la forêt, l’atmosphère est saisissante. Une belle enquête sur fond de tragédie.
LE FIGARO MAGAZINE, 9 mars 2026 :
L’inspecteur Max Heller est appelé un matin de février 1947 sur les lieux d’un meurtre à Dresde, le long des rives de l’Elbe. Deux ans après les bombardements dantesques des Alliés sur Dresde, la capitale de la Saxe est toujours un champ de ruines, un enfer où une population affamée tente tant bien que mal de survivre, dans le froid d’un hiver 1947 très rigoureux. La ville se trouve en zone d’occupation soviétique et la police russe mène la danse, ne laissant que peu de marge de manœuvre à l’administration allemande.
C’est dans ce contexte que l’inspecteur Max Heller est appelé un matin sur les lieux d’un meurtre, le long des rives de l’Elbe. À son arrivée, deux volpos sont déjà en train d’évacuer le cadavre d’un soldat de l’Armée rouge et écartent le policier allemand de leur chemin. Heller n’en saura pas plus. Mais en traînant dans le coin, il découvre un sac à dos, abandonné dans des buissons. À l’intérieur, la tête coupée d’un homme le regarde, et semble le défier d’élucider ce mystère…
Philip Kerr, le célèbre auteur de la série Bernie Gunther, disparu en 2018, ne manque pas d’héritiers. Parmi eux, l’Allemand originaire de Dresde Frank Goldammer, à travers les enquêtes de son héros Max Heller (dont c’est ici le deuxième volet), s’affirme aujourd’hui comme l’un des plus brillants.
Dresde, février 1947. Située dans la zone d’occupation soviétique, la ville n’est qu’un désert de ruines. Au coeur de l’hiver glacial, la vie est rythmée par la maladie et la faim. Un matin, un homme est retrouvé mort sur les rives de l’Elbe. La victime semble être un soldat de l’Armée rouge, et avant que l’inspecteur Max Heller ne puisse réagir, les militaires russes saisissent le cadavre et lui interdisent de s’en approcher. Il ne reste qu’une mare de sang sur la neige et un sac à dos abandonné. À l’intérieur, l’inspecteur y découvre une tête humaine.
Commence alors pour Heller une enquête éreintante, constamment aux prises avec sa hiérarchie soumise à la pression politique. Malgré le peu de moyens à sa disposition, malgré la population qui se renferme sur elle-même pour survivre, parviendra-t-il à remonter la piste de l’homme décapité ?

Frank Goldammer est né à Dresde en 1975. Peintre et vernisseur, il a commencé à écrire vers ses vingt ans, autoéditant ses premiers romans. Il a ensuite écrit plusieurs séries de policiers historiques basés dans sa ville natale, qui ont tous rencontré un franc succès. Il est l’auteur de L’Épouvantail de Dresde, paru aux éditions du Masque en 2024.
Fiche technique
- Reliure
- Broché
- Parution
- 14 janvier 2026
- Nombre de pages
- 336
- Hauteur
- 22.5
- Largeur
- 14
- Épaisseur
- 2.1
- Poids en KG
- 0.373