Eduquer - Petit Traité pour des temps chahutés

"Chers parents, si j’ose paraphraser La Bruyère, je vous rends par ce livre ce que vous m’avez donné. J’ai emprunté de vous et de vos familles la matière de cet ouvrage. Il est juste que, l’ayant achevé avec toute l’attention pour la vérité dont je suis capable, et qu’il mérite par égard pour vous, je vous en fasse la restitution." F. Gautier.

Le Cerf
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   ... " Fruit de 40 années d'expérience de la relation éducative. Dans un contexte où se confirme l'importance des enjeux éducatifs, j'ai eu à cœur de transmettre mon expérience et mes convictions. Sous la forme d'un abécédaire, je reprends les principaux thèmes évoqués avec les élèves, leurs parents, les éducateurs et les enseignants." F.G.

ITINÉRAIRE DE VÉRITÉ, 25 août 2026 : Ce livre rassemble soixante-dix chapitres courts sur l'éducation, nourris de l'expérience de l'auteur, chef d'établissements catholiques puis directeur de l'Enseignement catholique de Paris. Il s'adresse d'abord aux parents, dans une longue lettre liminaire.

   Le point de départ est l'affirmation que l'éducation n'est ni pure science ni simple recette. Elle est à la fois science, prudence et art — et de cette « heureuse harmonie » naît une forme de sagesse (entrée liminaire). Elle commence, écrit-il, par la contemplation de la vie humaine, « sommet de grandeur et de dignité ». Le maître spirituel du livre est saint Ignace, dont Gautier cite la formule qui pourrait résumer tout son propos : « Voir le plus grand dans le plus petit, voilà proprement ce qui est divin. » La forme est celle d'un abécédaire — d'« Accompagner les élèves » à « Vers des temps chahutés ». On y picore avec bonheur. L'auteur y déploie une certaine érudition : accompagner, montre-t-il, c'est tenir ensemble les deux sens du mot, cum pane (le partage du pain, d'où « copain ») et cum pugnare (combattre aux côtés de). Il mêle sans complexe La Fontaine (« Travaillez, prenez de la peine »), Barbara (« Dis, quand reviendras-tu ? »), le Covid, l'omniprésence des écrans et la parabole du GPS. C'est vivant, concret, nourri de terrain.

   Un chapitre, plus ample que les autres, s'intitule « Contrefaçon et abus » : il aborde la question des abus d'autorité et des abus sexuels dans les établissements d'éducation. Ce chapitre courageux rappelle que la relation dissymétrique entre un éducateur et un enfant constitue toujours une condition favorable à la tentation d'une relation d'emprise. Le vouvoiement, la distance, la rencontre dans un lieu ouvert sont autant de conditions nécessaires, qu'il faut respecter ; il importe aussi qu'une vigilance extérieure puisse s'exercer, qu'une parole extérieure — celle des parents ou d'autres professionnels — vienne interroger ses propres pratiques : cela « aide à rester vigilant », rappelle-t-il. Certains risques tiennent à l'éducateur lui-même, à son histoire personnelle, à ses fragilités, à ses failles, parfois à ses désordres intérieurs ; d'autres tiennent à l'extrême fragilité de l'enfant, qui fait croire à une sorte de droit à la proximité. « Nul éducateur ne peut prétendre à lui seul avoir été déterminant dans le progrès d'un enfant » : les amis, les parents et bien d'autres interférences jouent dans l'évolution de l'enfant et l'exercice de sa liberté. Il conclut sur une attitude à l'égard de l'enfant, celle des bergers et des mages rencontrant le nouveau-né : apporter ce que nous avons de plus précieux, dans le respect devant celui qui est plus grand que soi. Sans prétendre tout dire de cette question, on peut saluer le mérite de l'aborder dans la relecture chrétienne de l'éducation que propose ce livre.

   Les forces du livre tiennent en particulier à une sagesse pratique, prudente et chaleureuse, qui ne donne jamais de leçons, et à un format qui invite à la lecture buissonnière. On sent l'homme qui a réellement tenu des conseils de discipline et consolé des parents inquiets. Les limites sont l'envers de ces qualités. Le propos est résolument confessionnel — l'éducation y est dite « œuvre de Salut », « mission eucharistique » —, ce qui parlera d'abord aux lecteurs croyants et pourra tenir les autres à distance. Et la forme éclatée de l'abécédaire, séduisante, fragmente la pensée : certaines entrées brillent, d'autres effleurent, et l'ensemble se répète parfois. Reste un compagnon de route précieux pour les parents et les éducateurs, porté par une tendresse vraie envers l'enfant.

   Enseigner, n’est-ce que transmettre des savoirs ? N’est-ce pas aussi, et surtout, nourrir des intelligences, former des caractères et fortifier des âmes ? Riche de plus de quarante années d’expérience dans l’enseignement, Frédéric Gautier rassemble ici ses libres propos sur l’éducation. Ancien directeur de Stanislas, formateur et accompagnateur de chefs d’établissement, il partage les convictions, les intuitions et les leçons forgées au contact de générations d’élèves, de parents, d’éducateurs et de professeurs. Sous la forme vivante d’un abécédaire, ces pages conjuguent sagesse de terrain, exigence intellectuelle et regard spirituel.

   Avec liberté de ton et sans céder aux modes pédagogiques actuelles, Frédéric Gautier bouscule bien des idées reçues et rappelle une évidence trop souvent oubliée : éduquer ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais à élever toute la personne. À rebours des discours dominants, il plaide pour une pédagogie de l’ambition, de la liberté et de la transcendance.

   Un livre de réflexion, de transmission et d’espérance.

Éducateur, enseignant, Frédéric Gautier a été chef d’établissement scolaire à Reims et à Paris (Saint-Louis de Gonzague et Stanislas), et directeur diocésain de l’Enseignement catholique de Paris. 

Editeur : Le Cerf
9782204178969

Fiche technique

Reliure
Broché, couverture souple
Parution
20 août 2026
Nombre de pages
248
Hauteur
21
Largeur
13.5
Épaisseur
1.9
Poids en KG
0.296

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