Prier avec le cycle féminin

Un livre précieux pour toutes les étapes de la vie des femmes.

Artège
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LE SALON BEIGE, Michel Janva, 25 mars 2026 :

   Connue des lecteurs pour plusieurs ouvrages et articles, j’ai été récemment frappée par la recrudescence de questions qui m’ont été faites, tant de laïcs que de prêtres, autour de cette objection. Elle fait notamment écho à certains propos lus sur ce blog à propos du divorce dans les milieux traditionnels. On y a lu que les méthodes naturelles permettraient des unions à des moments où l’épouse est la moins disposée, avec à la clé une possible souffrance physique et un stress lié à une éventuelle grossesse. Tout d’abord, rappelons qu’une union conjugale ne devrait jamais être douloureuse, ni pour la femme ni pour l’homme. Si une douleur existe, il est nécessaire d’en rechercher la cause (médicale, psychologique, relationnelle) et d’y remédier. Cela relève d’un devoir élémentaire de charité envers soi-même et envers le conjoint. En ce qui concerne la femme, quelle que soit la période du cycle, l’union doit être préparée avec délicatesse. Elle ne doit jamais être douloureuse, mais vécue de manière positive (sans verser dans l’injonctif culpabilisant). L’Église n’a jamais valorisé le dolorisme ni justifié la violence dans les relations conjugales.

   Ensuite, comme tout apprentissage humain, la vie conjugale demande une éducation. Il existe des ouvrages, des personnes à consulter et des pasteurs capables d’accompagner. Par ailleurs, une certaine vision légaliste réduit parfois l’enseignement à l’interdiction de la contraception et de l’avortement, et à la notion de « refus du droit du conjoint » ou de « devoir conjugal ». C’est une réduction grave. On invoque alors saint Paul en oubliant l’équilibre de son enseignement : l’amour de l’époux à l’image du Christ, la réciprocité et le don mutuel. Tous les états de vie sont appelés à la chasteté. Celle du mariage n’est pas une chasteté au rabais : elle implique aussi un combat spirituel. Dans la vie conjugale, les époux sont appelés à examiner leur conscience, à demander et à accorder le pardon. Cela commence par la charité et le respect mutuel, notamment dans la reconnaissance des différences entre l’homme et la femme. Il est frappant de constater que, dans des milieux religieux où, avec raison, on rejette la théorie du genre sur le plan politique et éducatif, ces différences entre hommes et femmes, notamment dans le désir, la frustration et le rapport au temps, peuvent être quelquefois niées.

   À l’époque d’une hégémonie de la mentalité contraceptive et pornographique, bien dangereux sont ceux qui enseignent un prétendu droit sur le conjoint mais négligent de rappeler l’amour oblatif, la maîtrise de soi, l’ascèse et l’attention réciproque. Avec Humanae vitae, l’Église a parlé de continence périodique, ce qui correspond à la réalité de la vie conjugale, qui n’a jamais été, selon les mots d’un abbé, un « open bar ». L’Église rappelle les époux à la responsabilité conjointe face à la vie. Elle les enjoint à la générosité et à la prudence. L’un n’exclut pas l’autre. De même, il ne peut y avoir d’opposition entre « épanouissement féminin » et « épanouissement masculin », ni entre « épanouissement des époux » et « ouverture à la vie ». L’enseignement de l’Église a connu un développement doctrinal équilibré qui veut le bonheur de ses enfants. Il reste, en pratique, grandement méconnu ou caricaturé. N’agissons pas comme des enfants ingrats qui, malgré la flûte, n’ont pas voulu danser (Matthieu 11, 16).

LE SALON BEIGE, 29 juin 2026

   Le titre de ce livre : « Prier avec le cycle féminin »  fait dépendre la prière du cycle féminin. Il sous-entend que le cycle féminin influence la prière. Or la prière est la relation de l’âme avec Dieu. C’est un acte spirituel. Vouloir mettre la prière en relation avec les humeurs du corps est mauvais. Bien sûr, si une femme est fatiguée, elle peut offrir sa fatigue à Dieu, mais vouloir spiritualiser le cycle féminin, c’est attribuer une valeur spirituelle à des rythmes biologiques et cela ne peut se faire sans quitter la saine doctrine. Cela fait penser à certains courants ésotériques. Faire dépendre la prière du cycle féminin offense Dieu, même si cela part d’une bonne intention. Il faut faire attention à ne pas réinventer la foi. Saint Vincent de Lérins dit que toute idée nouvelle qui ne fait pas partie de la Tradition de l’Eglise est contraire à la bonne doctrine. La publicité pour le livre dit : « Comment prier en vérité si l’on ignore la réalité de la condition féminine ? » Ce n’est pas catholique de dire cela. Il n’y a pas besoin de connaître les sciences naturelles pour aimer, louer et servir Dieu. Faire dépendre une bonne prière de la connaissance du cycle féminin n’est pas conforme à l’enseignement traditionnel de l’Eglise. La publicité continue : [Comment prier en vérité] « si l’on ne s’autorise pas à être pleinement femme devant Dieu ? » Il y a ici une sexualisation malséante de la prière. On mélange deux choses qui n’ont rien à voir : le cycle féminin et ce que Dieu attend de nous dans la prière. La prière est un acte d’adoration, de louange, de contrition, de réparation, de demandes de grâces pour nous et pour les autres… C’est un acte de foi théologale, d’espérance, de charité. Ces trois vertus théologales n’ont rien à voir avec le cycle féminin. Vouloir établir un rapport entre ces vertus, qui sont dans la prière catholique, et le cycle féminin est contraire à la foi. Le texte publicitaire continue : « À l’intime, le cycle féminin est vécu à la fois comme une vulnérabilité subie et la marque d’un rythme propre. L’auteur nous aide à comprendre un langage du corps, certes mystérieux, mais qui attend d’être éclairé par la grâce. » : Il y a de nouveau une association malséante, cette fois-ci entre le cycle féminin et la grâce. La grâce de Dieu ou grâce sanctifiante est la vie des trois personnes divines en nous. C’est l’inhabitation de la Sainte Trinité dans notre âme. Affirmer que cette présence sublime de Dieu en nous éclaire le cycle féminin est un affront à la Sainteté de Dieu. Dieu veut pour nous la sainteté. Sa grâce agit au plan surnaturel. La grâce divine ne cherche en rien à éclairer le cycle féminin qui, lui, est au plan physiologique. Ce sont deux choses différentes qui ne sont pas sur le même plan. La publicité affirme : « Gabrielle Vialla témoigne dans cet ouvrage que, tout comme le cycle liturgique ordonne et sanctifie le temps de l’Église, le cycle féminin, à sa mesure, peut devenir une école de vie intérieure en l’unissant à la dynamique même de son corps. » : De nouveau, il y a une comparaison offensante, cette fois-ci entre le cycle féminin et le cycle liturgique. Non, le cycle féminin n’est pas une école de vie intérieure. L’école de vie intérieure, nous la trouvons dans les écrits de maîtres spirituels comme Saint Alphonse de Liguori, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, les écrits de Dom Marmion : « le Christ vie de l’âme », « le Christ dans ses mystères », etc. Vouloir utiliser le cycle féminin comme école d’apprentissage de la vie intérieure est anti-chrétien. Il existe cependant une grâce que Dieu voudrait nous donner à tous, une grâce qui ne dépend en rien du cycle féminin. Cette grâce est exposée dans « Le livre de la grace spéciale » (Révélations de Sainte Mechtilde, approuvées par l’Eglise). C’est la grâce d’être revêtus des mérites des saints et de participer étroitement à la maternité spirituelle de Marie. Cette grâce est proposée tant aux hommes qu’aux femmes. Elle est exposée au chapitre XI, première partie de ce livre. Ce chapitre est intitulé : « De sainte Agnès et de ce que les saints peuvent donner tous leurs biens a leurs dévots clients. » Voici un long extrait du chapitre, qui explique comment obtenir cette grâce extraordinaire : « Et comme le texte de l’office ramenait sans cesse les paroles d’Agnès, Mechtilde saisie de tristesse se plaignit à Dieu de ce que, revêtue de l’habit de la religion et fiancée au Christ dès son enfance, elle ne l’avait jamais aimé de tout son coeur, comme cette bienheureuse vierge. Au lieu de lui répondre, le Seigneur dit à sainte Agnès : « Donne-lui tout ce que tu possèdes. » A ce mot, Mechtilde comprit que Dieu a conféré aux saints le privilège de donner tout ce que le Christ a opéré en eux, avec tout ce qu’ils ont souffert pour son amour, à ceux de leurs dévots et de leurs amis qui louent le Seigneur pour eux, lui rendent grâces et aiment les dons que Dieu leur a faits. Et quand sainte Agnès eut accompli le désir du Seigneur, Mechtilde, au comble de la joie, supplia la Reine des vierges de louer avec elle son Fils, pour le remercier: « Récite un Ave Maria, » répondit la bienheureuse Vierge. Mais sous l’inspiration divine la sainte éclata en ces paroles de louange : « Je vous salue au nom de la toute-puissance du Père, je vous salue au nom de la sagesse du Fils, je vous salue au nom de la bonté du Saint-Esprit, ô très douce Marie, lumière du ciel et de la terre. Pleine de grâce, et votre plénitude découle sur tous ceux qui vous aiment. Le Seigneur est avec vous, Fils unique du Père, Fils unique de votre coeur virginal, votre ami et très doux Epoux. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, car vous avez mis en fuite la malédiction et attiré l’éternelle bénédiction. Le fruit de vos entrailles est béni, lui le Créateur et le Seigneur de l’univers, qui bénit et sanctifie tout, qui unifie et enrichit toutes choses. » Alors la bienheureuse Vierge Marie lui fit don de tous ses biens, même de sa maternité virginale, pour qu’elle devînt mère de Dieu en esprit, par la grâce, comme elle est Mère de Dieu, par nature. Ceci fît comprendre à Mechtilde que les âmes qui se gouvernent d’après la volonté divine, l’aiment et l’accomplissent en toutes choses, deviennent réellement mères du Christ selon cette parole : Quiconque fera la volonté de mon Père, celui-là est mon frère, ma soeur et ma mère (Matth., XII, 50).” (fin de citation) Le prologue du « livre de la grâce spéciale » dit que tous les lecteurs du livre sont appelés à recevoir toutes les grâces exposées dans ce livre. Cette grâce est donc proposée à tous ceux qui liront le livre. On peut le télécharger gratuitement sur ce lien : http://jesusmarie.free.fr/mechtilde_de_hackeborn.pdf Il faut faire attention de ne pas tomber dans l’hérésie et un faux mysticisme qui offense Dieu. La publicité pour le livre “Prier avec le cycle féminin” véhicule des notions étrangères à la Tradition de l’Eglise. Il me semble que Gabrielle Vialla devrait renoncer à vendre son livre. Cela plairait à Dieu. En échange de son sacrifice, Dieu lui propose avec amour toutes les grâces du livre de la grâce spéciale qui correspondent à une bénédiction très spéciale de Jésus. C’est Jésus Lui-même qui a donné ce titre au livre, pour exprimer ainsi les trésors qu’il contenait. Dans ce livre, Jésus propose également de réparer Lui-même par sa sainte vie toutes les négligences et imperfections de notre vie. Mais pour recevoir ces grâces, il ne faut pas s’écarter de la foi catholique car c’est ainsi qu’on est en communion avec Jésus. Il faut donc renoncer courageusement à la doctrine hétérodoxe du cycle féminin.

   Le cycle féminin n'est pas une question abordée dans les livres de spiritualité. Pourtant l'Évangile n'élude pas le sujet. Comment prier en vérité si l'on ignore la réalité de la condition féminine ? si l'on ne s'autorise pas à être pleinement femme devant Dieu ? À l'intime, le cycle féminin est vécu à la fois comme une vulnérabilité subie et la marque d'un rythme propre. L'auteur nous aide à comprendre un langage du corps, certes mystérieux, mais qui attend d'être éclairé par la grâce.

   Gabrielle Vialla témoigne dans cet ouvrage que, tout comme le cycle liturgique ordonne et sanctifie le temps de l'Église, le cycle féminin, à sa mesure, peut devenir une école de vie intérieure en l'unissant à la dynamique même de son corps. 

Mariée et mère de sept enfants, passionnée par la théologie "domestique", en référence à l'église domestique. Elle s'appuie sur son expertise en physiologie féminine, sur de nombreuses rencontres avec des couples et des prêtres. Elle vous entraîne dans une méditation dense et spirituelle, à travers l'Ecriture et l'expérience humaine.
Editeur : Artège
9791033617082

Fiche technique

Parution
21 janvier 2026
Nombre de pages
144
Hauteur
20.5
Largeur
13
Épaisseur
1.2
Poids en KG
0.168

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