- Epuisé totalement chez l'éditeur
La grande pitié des églises de France
Annotations de Michel Leymarie & Michela Passini
La grande pitié des églises de France, texte hybride et original, fait de débats parlementaires, dialogues, lettres ouvertes, articles, méditations métaphysiques, est le journal d'une campagne réussie qui a contribué au vote de la loi de 1913 sur les monuments historiques. Oeuvre souvent citée et pourtant mal connue, elle marque la naissance d'une conscience patrimoniale nouvelle.
Au sommaire :
- UNE DESOLATION PREPAREE PAR LA LOI
- LA DYNAMITE DANS LES CLOCHERS, LE DRAP DES MORTS DANS LE RUISSEAU
- JE CAUSE AVEC M BRIAND
- LA LECON D'UN VIEL HYMNE
- PREMIER DISCOURS DES EGLISES
- L'ENFANT ACCORDE AVEC LES ETOILES
- LA PETITION DES ARTISTES
- LA PROCESSION DANS LE JARDIN
- DANS LES COULOIRS ; PAX AUT BELLUM
- LA REUNION DE CAEN
De 1910 à 1914, Barrès mène campagne pour la défense des églises menacées de ruine.
La loi de Séparation de 1905 a des lacunes, le Pape refuse la constitution d'associations cultuelles, le patrimoine religieux français est en péril. L'antidreyfusard du tournant du siècle dépasse ici ses engagements antérieurs et le seul combat clérical. Avec des hommes politiques de différents bords, des artistes, des critiques et des historiens de l'art, il œuvre à une prise de conscience de l'opinion publique et à un amendement de la loi.
N'excluant aucun des divers héritages qui ont façonné l'histoire de la France, Barrès considère les édifices religieux d'abord comme un " trésor national " qui constitue " la belle chaîne de l'art français " et doit, à ce titre, être préservé. C'est pourquoi il propose le classement global de toutes les églises, y compris les modestes églises de village, bâties avant 1800.
Au musée, institution qui, selon lui, déracine, il préfère le patrimoine agissant in situ, qui incarne de manière concrète et immédiate la continuité historique de la nation et permet une adhésion de sentiment.

Né à Charmes (Vosges), le 19 août 1862. Maître à penser de toute une génération, Maurice Barrès le fut tout autant par son œuvre littéraire que par son style de vie. Dans les années 1880, il fréquenta à Paris le cénacle de Leconte de Lisle et les milieux symbolistes. Parallèlement à sa carrière d’écrivain qui lui assura un succès précoce — il n’a que vingt-six ans quand paraît le premier tome de sa trilogie Le culte du moi — il se lança dans la politique. Boulangiste par anticonformisme et par rébellion contre l’ordre établi, il fut élu député de Nancy en 1889. L’Affaire Dreyfus qu’il vécut comme une menace de désintégration de la communauté nationale l’incita d’emblée à se placer dans le camp des antidreyfusards dont il devint l’un des chefs de file. Dès lors, sa pensée s’orienta vers un nationalisme traditionaliste, plus lyrique et moins théorique que celui de Maurras, mais fondé sur le culte de la terre et des morts. Pour défendre ses idées, il fonda, en 1894, son propre journal, La Cocarde, et écrivit surtout entre 1897 et 1902 la trilogie du Roman de l’énergie nationale dans lequel le « culte du moi » se trouvait enfin transcendé dans la fidélité au sol natal.
À la suite de « l’Affaire », il ne devait plus quitter l’arène politique, assumant la présidence de la Ligue de la Patrie française puis celle de la Ligue des patriotes, à la tête de laquelle il succéda à Paul Déroulède en 1914, affichant enfin pendant toute la durée de la guerre un patriotisme cocardier qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne ». Dès avant la guerre cependant, l’année 1906 devait lui apporter la consécration politique et littéraire grâce à une double élection : comme député de Paris — il le resta jusqu’à sa mort — et comme académicien. Après s’être présenté en 1905 au fauteuil d’Eugène Guillaume et avoir échoué contre Étienne Lamy (qui devint le 500e « Immortel »), il avait brigué la succession du duc d’Audiffret-Pasquier mais s’inclina, étant simple député, devant la candidature du ministre Ribot. La mort du poète Heredia ouvrit alors une seconde vacance qui permit à Maurice Barrès d’être élu le 25 janvier 1906, par 25 voix contre 8 à Edmond Hauraucourt et une voix à Jean Aicard. Il fut reçu le 17 janvier 1907 par le vicomte de Vogüé. Il reçut à son tour Jean Richepin, en 1909. Mort le 4 décembre 1923.
Prix Alfred Née - Prix de littérature et de philosophie créé en 1893, décerné à l’auteur de l'œuvre la plus originale comme forme et comme pensée.
Fiche technique
- Collection
- Histoire et civilisations
- Reliure
- Broché
- Parution
- 2012
- Nombre de pages ou Durée
- 240
- Hauteur
- 24
- Largeur
- 16