Arrogance et manie du changement - Lumières, Révolution 1760-1830
La fatuité des novateurs.
"Au moment de donner ce volume, nous demeurons songeur sur le nombre et l'ampleur des dossiers qui n'ont pu s'y loger, quoique étroitement connexes à ses problématiques, et de grande importance, et d'un vif intérêt : la pulsion et/ou refondatrice de la Révolution, source majeure de ses excès, et sa logique de table rase, sa fibre d'utopie, les spécificités réelles ou supposées du caractère français, l'universalisme révolutionnaire et ses équivoques, la peu croyable apologie de l'illusion dans ce contexte culturel, les conditions et retombées de l'inflation législative, l'importance de la composante anthropologique réductrice dans la rhétorique et certaines mesures de l'époque en cause, quelques autres encore dont la décisive dialectique loi/moeurs : elle est capitale dans la perspective des contemporains lorsqu'ils réfléchissent...
D'autres dossiers attendent... Il commence à se faire tard. X.M.
La Révolution française continue d'être imparfaitement connue. Demeurent des zones d'ombre parfois protégées par des préventions idéologiques. L'expérience l'a montré : une immersion dans l'océan documentaire, étendue sur de longues années, permet de voir se dégager ce que Gusdorf a nommé des "filières d'intelligibilité" . Celles-ci autorisent des approches nouvelles, donnant occasion de rendre fragiles des explications qui semblaient acquises. Dès lors la manie du changement, trait parmi d'autres du phénomène révolutionnaire, apparaît couplée avec la tendance à une incroyable surestimation de soi qui n'est pas sans affecter la lucidité et le comportement des divers acteurs de l'époque. Les mécomptes essuyés par la masse des Français qui ont eu l'heur de vivre la Révolution, et qu'a frappés un opiniâtre ressenti de n'en pas être satisfaits, ont trouvé là leur origine.
Le présent essai se fonde sur la massive mise en valeur des propos d'une époque justement très parlière.
En dépit de travaux historiques très nombreux, et souvent excellents, la Révolution française continue d’être imparfaitement connue. Demeurent des zones d’ombre, au moins partiellement, ou des angles morts, parfois protégés par des préventions idéologiques. L’expérience, pourtant, l’a déjà montré : une immersion méditative illimitée dans l’océan documentaire, étendue sur de longues années, permet de voir se dégager, spontanément en quelque sorte, et jusque alors non essayées, ce que Gusdorf avec bonheur a su nommer des « filières d’intelligibilité ». Celles-ci autorisent des approches nouvelles, donnant occasion de mettre en lumière des types de rapports encore inédits, de rendre fragiles des explications qui semblaient acquises, et d’élucider des complexités.
Dès lors que perçue et enregistrée, la manie du changement, trait parmi d’autres du phénomène révolutionnaire de 1789, apparaît couplée avec la tendance à une incroyable surestimation de soi, individuelle et collective, dont l’intensité dépasse l’entendement, et qui n’est pas sans affecter la lucidité, les appréciations, le comportement des divers acteurs de l’époque en cause, envisagée sur le temps long, intégrant les Lumières et l’après 1800. Les mécomptes essuyés par la masse des Français qui ont eu l’heur de vivre la Révolution, et qu’a frappés un opiniâtre ressenti de n’en pas être satisfaits, ont trouvé là très largement leur origine. Comme à l’habitude, le présent essai de démonstration se fonde avant tout sur la massive mise en valeur, par citation, des propos d’une époque justement très parlière, comme aurait dit Rousseau, et férue d’imprimer.
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- Septembre 2025
- Nombre de pages
- 500
- Hauteur
- 22.5
- Largeur
- 15
- Épaisseur
- 2.6
- Poids en KG
- 0.712