Il nous fallait des mythes - La Révolution et ses imaginaires de 1789 à nos jours
Emmanuel de Waresquiel se penche sur les mémoires et les héritages de la Révolution française. Il en explique les raisons, les continuités, les déformations jusqu’à nos jours, à travers deux siècles de notre histoire.
VALEURS ACTUELLES, Hubert Rambaud : « Il nous fallait des mythes », d’Emmanuel de Waresquiel… Les sept piliers du mythe
Dans un livre brillant, Emmanuel de Waresquiel passe au scalpel quelques mythes fondateurs de la Révolution. Une lecture décapante.
LE FIGARO HISTOIRE : "La capacité d'E. Waresqueil à démêler les brins de l'écheveau de l'histoire et de la mémoire, à distinguer les songes et les faits, a quelque chose de salutaire".
LE JOURNAL DU DIMANCHE - JDD, Vincent Roy : Emmanuel de Waresquiel : «La Révolution n’aurait pas été ce qu’elle fut sans ce poids du catholicisme»
ENTRETIEN. Dans son dernier ouvrage « Il nous fallait des mythes, la Révolution et ses imaginaires de 1789 à nos jours », l’historien Emmanuel de Waresquiel interroge le récit qu’il est fait de ce moment crucial de l’histoire de France.
- Dans Choses vues, Victor Hugo écrit : « Laissons à l’Histoire ses mensonges sublimes ». Ce sont ces mensonges que vous traquez dans votre dernier livre, Il nous fallait des mythes, la Révolution et ses imaginaires de 1789 à nos jours. Les mythes, notez-vous, sont « notre tunique de Nessus » ; comme historien, vous les interrogez sans répit. Ainsi, lancez-vous : « La Révolution n’aurait pas été ce qu’elle est sans le poids du catholicisme ». La question de notre laïcité n’est-elle pas directement posée ? [...]
LE FIGARO
L’historien Emmanuel de Waresquiel souligne l’héritage de 1789, qui permit à la société contemporaine d’asseoir sa légitimité. Scrutateur lucide et désenchanté de nos mythes politiques, Emmanuel de Waresquiel compare dans son dernier livre l’historien à Thésée errant dans son labyrinthe confronté au Minotaure qui est le temps. Doté lui-même d’un esprit clair agrémenté d’un vrai penchant littéraire, cet écrivain est capable d’insuffler à chaque motif évoqué une tonalité subtile. Mais on pourrait le comparer aussi de façon plus prosaïque à un mineur de fond qui creuse et approfondit ses sujets avec obstination comme autant de galeries souterraines reliées entre elles (Fouché, Talleyrand, Mme du Barry, Marie-Antoinette…). Le trou noir qu’il interroge depuis sa jeunesse, c’est la Révolution française. Trou noir au sens astronomique: qui absorbe ce qui existe autour de lui. En effet, ce sont mille ans de monarchie française qui ont semblé sombrer dans le néant en peu de temps. L’enchaînement brutal des événements n’empêche pas les chefs révolutionnaires qui enfourchent ce régime nouveau d’être saisis par le vertige. [...]
Au sommaire :
- Introduction : la Révolution, la république et le sacré
- "Je le jure !" Dans un jeu de paume
- Ils ont pris la Bastille ! Aux origines du peuple souverain
- Trois couleurs à l'envers et à l'endroit. Deux siècles de tribulations patriotiques
- 14 juillet 1790 une fédération fraternelle
- Métamorphoses de la guillotine. Les lumières, le roi, le peuple et l'échafaud
- "L'antichambre de la mort". Marie-Antoinette, la Conciergerie et le Tribunal révolutionnaire
- Conclusion : Valmy et Waterloo. De la victoire sans bataille à la défaire glorieuse.
- Notes - Tables - Index des noms de personnes
16 pages d'illustrations et photos, en couleurs et noir et blanc, hors-texte.
« En écrivant le récit de son histoire, la Révolution n’a pas seulement donné du rêve aux Français, elle a cherché les fondements de sa légitimité dans la geste de ses origines. Elle a placé si haut ses idéaux qu’elle a senti le besoin de montrer toujours la “terre promise” à l’horizon de ses conquêtes. Par leur vertige même, la souveraineté du peuple, la proclamation de la république, la décapitation du roi ont été autant de raisons à l’exaltation des pouvoirs tout neufs d’un régime qui enterre mille ans de monarchie. Il fallait les rendre visibles. Il fallait des mythes. »
Emmanuel de Waresquiel se penche sur les mémoires et les héritages de la Révolution française. Il en explique les raisons, les continuités, les déformations jusqu’à nos jours, à travers deux siècles de notre histoire. Il a choisi quelques moments « fondateurs » de 1789 et de la Terreur. On a glorifié le serment du Jeu de paume alors qu’il avait été prêté sous l’emprise de la peur. On a fait de la prise de la Bastille la première grande victoire du peuple quand la Bastille s’est rendue aux insurgés, on a célébré Valmy et Valmy était à peine une bataille. On a chanté la liberté et la fraternité sur tous les tons et on les a un peu oubliées, on a sanctifié la guillotine avant d’en mesurer toute l’horreur. Que nous dit la Révolution d’elle et de nous-mêmes, dans l’épaisseur de ses mémoires ?
Les événements, les lieux, les symboles qu’elle a retenus à la construction d’un monde nouveau, leur célébration – ou leur diabolisation – par les régimes qui ont suivi n’ont souvent pas grand-chose à voir avec la perception que les révolutionnaires en avaient sur le moment.

Né en 1957, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, docteur en histoire, professeur à l'Ecole pratique des hautes études, Emmanuel de Waresquiel est l’auteur d’une œuvre imposante sur la Révolution, l’Empire et le XIXe siècle. Ses livres (Talleyrand, Fouché, Sept Jours…) sont de grands succès de librairie, couronnés par maints prix littéraires.
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- 2024
- Nombre de pages
- 448
- Hauteur
- 21.5
- Largeur
- 14.5
- Épaisseur
- 2.6
- Poids en KG
- 0.499