Les Bastions de l'Est - Edition intégrale
Les Bastions de l'Est est un recueil de 3 textes : Au service de l'Allemagne ; Colette Baudoche et le Génie du Rhin, publié après la première guerre mondiale.
En regroupant ces textes liés aux territoires de l'Est, d'où il est originaire, Maurice Barrès voulait signifier la victoire française et le retour de ces provinces dans le giron national. Hommage politique, hommage poétique aussi, ces textes sont un cri d'amour pour l'Alsace-Lorraine. On y trouvera des descriptions remarquables de plusieurs villes et paysages de ces régions, ainsi que des réflexions politiques qui n'ont pas perdu de leur audace ni de leur pertinence.
"Quand le soleil s'abaisse sur ces déserts d'eaux et de bois, d'où monte une légère odeur de décomposition, je pense avec piété qu'aucun pays ne peut offrir de telles réserves de richesses sentimentales non exprimées. Il y a dans ce paysage une sorte de beauté morale, une vertu sans expansion. C'est triste et fort comme le héros malheureux qu'a célébré Vauvenargues. Et les grandes fumées industrielles de Dieuze, qui glissent, au-dessus des arbres d'automne, sur un ciel bas et d'un bleu pâle, ne gâtent rien, car on dirait d'une traînée de désespoir sur conception romanesque de la vie."

Né à Charmes (Vosges), le 19 août 1862. Maître à penser de toute une génération, Maurice Barrès le fut tout autant par son œuvre littéraire que par son style de vie. Dans les années 1880, il fréquenta à Paris le cénacle de Leconte de Lisle et les milieux symbolistes. Parallèlement à sa carrière d’écrivain qui lui assura un succès précoce — il n’a que vingt-six ans quand paraît le premier tome de sa trilogie Le culte du moi — il se lança dans la politique. Boulangiste par anticonformisme et par rébellion contre l’ordre établi, il fut élu député de Nancy en 1889. L’Affaire Dreyfus qu’il vécut comme une menace de désintégration de la communauté nationale l’incita d’emblée à se placer dans le camp des antidreyfusards dont il devint l’un des chefs de file. Dès lors, sa pensée s’orienta vers un nationalisme traditionaliste, plus lyrique et moins théorique que celui de Maurras, mais fondé sur le culte de la terre et des morts. Pour défendre ses idées, il fonda, en 1894, son propre journal, La Cocarde, et écrivit surtout entre 1897 et 1902 la trilogie du Roman de l’énergie nationale dans lequel le « culte du moi » se trouvait enfin transcendé dans la fidélité au sol natal.
À la suite de « l’Affaire », il ne devait plus quitter l’arène politique, assumant la présidence de la Ligue de la Patrie française puis celle de la Ligue des patriotes, à la tête de laquelle il succéda à Paul Déroulède en 1914, affichant enfin pendant toute la durée de la guerre un patriotisme cocardier qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne ». Dès avant la guerre cependant, l’année 1906 devait lui apporter la consécration politique et littéraire grâce à une double élection : comme député de Paris — il le resta jusqu’à sa mort — et comme académicien. Après s’être présenté en 1905 au fauteuil d’Eugène Guillaume et avoir échoué contre Étienne Lamy (qui devint le 500e « Immortel »), il avait brigué la succession du duc d’Audiffret-Pasquier mais s’inclina, étant simple député, devant la candidature du ministre Ribot. La mort du poète Heredia ouvrit alors une seconde vacance qui permit à Maurice Barrès d’être élu le 25 janvier 1906, par 25 voix contre 8 à Edmond Hauraucourt et une voix à Jean Aicard. Il fut reçu le 17 janvier 1907 par le vicomte de Vogüé. Il reçut à son tour Jean Richepin, en 1909. Mort le 4 décembre 1923.
Prix Alfred Née - Prix de littérature et de philosophie créé en 1893, décerné à l’auteur de l'œuvre la plus originale comme forme et comme pensée.
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- 2022
- Hauteur
- 21
- Largeur
- 15
- Épaisseur
- 1.9
- Poids en KG
- 0.420