La Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres - Commentaire de la finale du grand Isaïe.
L'auteur, à partir d'une exégèse de la finale d'Isaïe et en écho à d'autres textes bibliques, souhaite nous faire redécouvrir que l'étranger est, en régime chrétien, un élu et de ce fait, ouvre un universalisme des plus larges.
L'HOMME NOUVEAU, février 2025 :
L’auteur, entré chez les bénédictins de Bruges il y a soixante ans, exégète et auteur spirituel, nous fait partager dans ce livre sa longue fréquentation d’un des textes charnières de l’Ancien Testament et en donne un commentaire spirituel. Les onze derniers chapitres d’Isaïe ont d’abord une valeur propre, dont l’importance est ratifiée par Jésus lui-même dans l’Évangile. Ils sont comme un carrefour essentiel entre tous les livres de l’Ancien Testament et tout autant entre celui-ci et le Nouveau Testament. Ils renvoient non seulement à toute l’histoire du peuple hébreu jusqu’à la catastrophe de l’exil, mais aussi aux Psaumes. Ils mettent en pleine lumière la figure du pauvre, de l’exclu, de l’humble et annoncent ainsi les Béatitudes. Cette grande fresque des chapitres 56 à 66 du livre d’Isaïe part des maux de l’actualité de son époque – chefs indignes, idolâtrie et souffrances qui en résultent –, mais c’est pour annoncer l’intervention directe du Seigneur, qui jugera les bons et les méchants et qui établira des cieux nouveaux et une terre nouvelle.
C’est donc un grand livre d’espérance dans lequel l’auteur nous dirige avec sûreté, montrant combien il conduit à la confiance et pousse à la louange. On comprend que les premiers chrétiens aient fait un grand usage de ces chapitres, en particulier dans la liturgie du temps de Noël et de l’Épiphanie.
Les onze derniers chapitres du grand recueil du Prophète Isaïe forment une unité littéraire assez homogène. Les oracles qui s'y trouvent, furent rassemblés après l'Exil babylonien. Ils forment un manifeste original où retentit une voix ouverte à l'universel, à l'inclusion des marginaux et même des exclus. Ces textes jouent un rôle prépondérant dans la liturgie chrétienne, notamment autour de la fête de l'Épiphanie, et connaissent déjà dans le Nouveau Testament une répercussion remarquable par de nombreuses citations et allusions. Jésus lui-même se reconnaît dans cette ouverture quand il reprend l'oracle : « Ma maison sera une maison de prière pour tous les peuples » (Is 56,7, cité en Mc11,17). Il a conscience qu'avec lui se réalise « l'annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres » (cf. Is 61,1 ? cf. Lc 7,22). Trois des quatre béatitudes lucaniennes, parallèles en Matthieu 5, sont tirées des oracles de ce livret isaïen.
La spiritualité qui habite ces chapitres annonce celle qui domine dans l'ouverture des évangiles. Le commentaire valorise ces liens et offre une lecture contemporaine de cette petite cathédrale sur laquelle s'achève le grand livre d'Isaïe. Alors que les contemporains vivaient une dépression collective, le rédacteur de ce dernier recueil vient, au nom de Dieu, nourrir l'espérance. Cela nous affecte tout autant.

Le P. Benoît Standaert est moine bénédictin du monastère de Saint-André à Bruges.
Après des études à Anvers, Rome, Jérusalem et Nimègue, il a enseigné au monastère même puis à Rome, Jérusalem, Bangalore et Leuven. Il est l’auteur des Lettres de Paul de Tarse en trois volumes (2021), de L’amitié dans la Bible (2022, papier et audio) et de Prier. Avec des mots et au-delà de tout mot, (2023), Regarder l’icône et voir Dieu (2023), La Bonne nouvelle annoncée aux pauvres (2024), chez le même éditeur. Notons encore cet ouvrage récent plus large : Le Nouveau Testament. Commentaire esthétique, paru au Biblique de Rome (P.I.B.), dans la collection Subsidia biblica n°59, 2023.