CHOUETTE UN LIVRE, Anne-Laure Blanc, janvier 2026 :
« Vous voulez dire, balbutia Joe, que cet homme aurait tiré sur moi ? — J’ai entendu parler, dit le cocher, d’un tout jeune garçon qui fut abattu au moyen d’une arme à feu parce qu’il s’était approché d’un Black and Tan en lui disant : “Dieu sauve l’Irlande”. — Est-ce possible ! s’écria le jeune Américain visiblement impressionné. » Impressionné, c’est peu dire ! Nous sommes dans les premiers mois de la guerre d’indépendance qui mit l’Irlande à feu et à sang de 1920 à 1922. Joe Ranly, jeune Américain sportif et turbulent, vient d’arriver à Dublin. Pourquoi se trouve-t-il en Irlande ? Comment va-t-il se trouver impliqué dans les combats menés par les Sinn Féiners ? Les patriotes irlandais sont en effet pourchassés par les forces venues d’Angleterre, dont les terribles Black and Tans. Page après page, le lecteur va trembler pour Joe et ses amis, entourés de périls et de pièges. Quelle est cette mystérieuse femme qui veille sur Joe ?
Publié en 1922 sous le titre « On the run », puis en français en 1933 sous le titre « Joe chez les Sinn Féiners », ce roman est à lire aujourd’hui autant comme un roman d’aventure que comme un roman historique, avec une forte composante catholique. Il est à conseiller à des lecteurs qui ont déjà de bonnes bases autant en histoire qu’en catéchèse. Dès 12 ans
MEDIAS PRESSE INFO, décembre 2025 :
On the run (en français Fugitif) est un roman du prêtre américain Francis Finn (s.j.) publié en 1922. La première traduction française date de 1933. Les éditions Clovis viennent d’en publier une réédition illustrée par Lucie Marquet.
Pays catholique en lutte
L’Irlande fut peuplée par des tribus celtes, parlant la langue gaélique, depuis la plus haute antiquité. Elle échappa à la conquête romaine, fut christianisée par saint Paladius puis par saint Patrick à partir du Ve siècle après Jésus-Christ. Elle devint entièrement chrétienne en l’espace d’une génération. Certaines anciennes coutumes celtiques furent christianisées. Saint Patrick est depuis vénéré comme le saint patron de l’île. Dès le XIIe siècle, les rois d’Angleterre se considérèrent comme « protecteurs de l’Irlande » et commencèrent à coloniser la région de Dublin, laissant cependant le reste de l’île tranquille. Mais c’est après la réforme protestante en Angleterre, au XVIIe siècle, que les Anglais entreprirent la conquête militaire de l’Irlande. Une série de lois pénales furent instaurées et frappèrent durement les Irlandais catholiques dans le but de les faire abjurer la foi. Elles eurent pour effet d’appauvrir considérablement la population qui fut petit à petit dépossédée de ses terres au profit de grands propriétaires terriens protestants, souvent d’origine anglaise. La majorité de la population demeura catholique, excepté dans le nord où les protestants devinrent majoritaires. Au milieu du XIXe siècle, une terrible famine, causée par un champignon qui détruisait les plants de pommes de terre, s’abattit sur l’île. Cette famine fit plus d’un million de victimes tandis que deux autres millions de pauvres paysans s’exilaient vers l’Amérique. Au début du même siècle, l’Eglise catholique fut à nouveau libre d’exercer son apostolat. Une partie de la population irlandaise commença alors à exprimer des revendications autonomistes, voire nationalistes ou indépendantistes. Des nationalistes irlandais fondèrent la Ligue gaélique dans le but de redonner vie aux sports, à la musique et à la langue irlandaise.
Soulèvement et proclamation d’indépendance
En 1916, plusieurs groupes de nationalistes menèrent un soulèvement dans la ville de Dublin et firent une première proclamation d’indépendance. Le soulèvement fut durement réprimé par l’armée britannique qui fusilla les meneurs. Les nationalistes irlandais fondèrent alors le parti politique du Sinn Féin, expression qui signifie en gaélique par nos seules forces. En décembre 1918, le Sinn Féin remporta les élections générales en Irlande et la majorité des sièges des députés de l’île pour le parlement de Londres. Les Sinn Féiners profitèrent de cette victoire électorale pour refuser de siéger au Parlement de Londres. Ils créèrent leur propre assemblée irlandaise à Dublin. Eamon de Valera fut élu par ce parlement irlandais président de la République d’Irlande. Aussitôt, le nouveau gouvernement créa l’IRA, l’armée républicaine irlandaise. Les autorités britanniques refusèrent de reconnaître cette assemblée et ce gouvernement rebelles. Ils envoyèrent plusieurs milliers d’auxiliaires de police, les Black and Tans, dans le but de mater la révolte. L’Irlande venait d’entrer dans une guerre d’indépendance qui dura de 1920 à 1922. Ce conflit se solda par la création d’un Etat libre d’Irlande au Sud de l’île, mais le maintien du nord (la province d’Ulster) dans l’Empire britannique. C’est à ce moment que notre héros, Joe Ranly, est amené à fuir les Etats-Unis et qu’il est envoyé chez son oncle Bernard à Dublin. Fugitif de son pays natal, il va être mêlé à des proscrits et des fugitifs dans l’Île des Saints.
ll semble que le père Francis Finn, prêtre américain d’origine irlandaise, a écrit son roman à chaud, c’est-à-dire très peu de temps après la guerre d’indépendance irlandaise, en lisant entre autres les journaux de son époque. Il est même probable qu’il a rencontré le président Eamon de Valera lors de sa tournée de conférences aux Etats-Unis en 1919.
Joe Ranly, jeune Américain turbulent est envoyé en Irlande par ses parents à cause d’une petite plaisanterie qui a mal tourné. Il doit y rester quelques mois chez son oncle Bernard, le temps de se faire oublier et de mûrir un peu. A peine arrivé à Dublin, rien de se passe comme prévu. Son oncle est introuvable et le pays est à feu et à sang car la guerre d’indépendance de 1920 vient d’éclater. Les patriotes irlandais, les célèbres « Sinn Féiners », sont poursuivis par les sinistres « Black and Tans » qui terrorisent toute la population dans le but de mâter la révolte. Joe, citoyen de la libre Amérique, découvre une brutalité qu’il ne soupçonnait pas.
Tandis que veille sur lui, comme un ange gardien, une mystérieuse femme surnommée « l’oiseau d’orage », il est le témoin privilégié de la résistance héroïque des Irlandais et de leur inébranlable foi. Ce séjour forcé sera pour lui l’occasion de renouer avec ses lointaines racines gaéliques Au milieu de tous ces troubles, saura-t-il profiter de l’exemple des vaillants « Sinn Féiners » pour devenir un homme responsable et pour donner à la foi catholique la place qu’elle devrait avoir dans sa vie ? Sa rencontre avec le Père Dalton, la famille MacGoarty et d’autres belles âmes croisées en chemin le marqueront à jamais.
Fiche technique
- Âge conseillé
- À partir de 11/12 ans
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Nombre de pages
- 222
- Hauteur
- 20.5
- Largeur
- 13.5
- Poids en KG
- 0.260
- Parution
- 2025