Lettres à une provinciale
Préface de Philippe d'Hugues.
Illustration de la couverture de Chard.
Ces Lettres à une provinciale sont un peu comme une synthèse anticipée de Notre avant-guerre et des Quatre Jeudis. D’où l’importance d’un tel livre, comme tombé du ciel.
Heureux lecteur, qui va lire le trente-deuxième et dernier ouvrage publié de Robert Brasillach. Avouons qu’il nous manquait bien. Avec ces Lettres à une provinciale – quoiqu’elles eussent été adressées à une Angèle imaginaire au fil des années 1936-1940, dans les colonnes de Je suis partout –, il est proposé un véritable ouvrage, construit, homogène, avec unité d’action et de personnages.
Ces textes sont comme un tourbillon qui nous entraîne dans l’univers de Brasillach. C’est la vie même qui court dans ces lignes, avec toute la fougue de la jeunesse (l’auteur n’a pas trente ans !), ses enthousiasmes, ses excès, ses tendresses. Selon la fantaisie du jour, il emmène la Provinciale au musée, au théâtre, à l’étranger ; il lui parle littérature, cinéma, avenir de la France, en une succession de saynètes mêlant comique, poésie et gravité.
Angèle a des idées de gauche, elle soutient le Front populaire : cela permet à Brasillach d’attaquer ce régime avec une joyeuse allégresse, en déployant un art de l’ironie que nous ne lui connaissions guère. Puis, il lui expose sa vision du fascisme, à la fois réaliste et romantique.

Essayiste et romancier, Robert Brasillach (1909-1945) fit ses études au lycée Louis-le-Grand à Paris puis à l’Ecole Normale Supérieure. Très jeune, il devint le responsable de la chronique littéraire de L’Action française et l’auteur de plusieurs chef-d’œuvres littéraires. En 1939, il succédera à Pierre Gaxotte à la tête de l’hebdomadaire Je suis partout.
En 1945, victime des drames de l’épuration, il fut condamné à mort par une cour de justice et exécuté malgré une pétition signée et adressée au général De Gaulle par les plus grands écrivains français dont François Mauriac.