Maurice Barrès le grand écrivain retrouvé
"Ce matin un jour d'été, Barrès est à sa table de travail. L'écrivain reconnu a été élu trois ans plus tôt à l'Académie française et la même année a retrouvé le chemin du Palais Bourbon...
Un brillant essai biographique retraçant la vie et les engagements d'un écrivain majeur du tournant du XXème siècle.
C'est un grand paradoxe que Barrès (1862-1923), qui fut le " prince de la jeunesse ", le passeur de nombreux talents littéraires (Gide, Blum, Mauriac...) et politiques (De Gaulle, Herriot, Mitterrand...), fût oublié après son trépas. Ainsi, le centenaire de sa mort, en 2023, fut autant ignoré que celui de Proust, l'année précédente, fut célébré. Les engagements du député, du journaliste et du polémiste, en particulier son antidreyfusisme, l'ont définitivement disqualifié. Pourtant, malgré ses saillies antisémites, il célébra l'engagement des Juifs pendant la Grande Guerre dans les Diverses Familles Spirituelles de la France. Pourtant, cet homme définitivement classé à droite fut toujours sensible à la " question sociale ". Pourtant, ce catholique fut le premier à accepter la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État.
Aujourd'hui, seul un lecteur de ses cinquante-six romans, essais, recueils d'articles, pourra le faire émerger d'un discrédit et d'un oubli injustes. " Un jour viendra, écrivit Aragon, où l'on relira Barrès, en faisant à ses idées aussi peu de place que l'on en donne à celles de Saint-Simon ".
- Un cahier de 16 pages de documents et photos en noir et blanc, hors-texte.
L'INCORRECT, Entretien avec Emmanuel
LE FIGARO MAGAZINE, Jean Sevillia, 8 février 2026 : Maurice Barrès, de la gloire à l’oubli.
Chantre du nationalisme, l’écrivain fut une personnalité bien plus complexe que les caricatures auxquelles on le réduit. Il avait été admiré de Gide, Proust, Mauriac, Malraux, Aragon et Montherlant, sans compter Léon Blum, le général de Gaulle et François Mitterrand. En 1923, il avait eu droit à des obsèques nationales. Et pourtant il est aujourd’hui oublié, ou incompris.
Dans une biographie inspirée, Michel Guénaire, ancien universitaire et avocat d’affaires, s’attache à comprendre Maurice Barrès, figure qui marqua plusieurs générations. La chronologie, ici, s’avère indispensable car il y a eu plusieurs périodes dans la vie de cet écrivain qui fut aussi un homme politique. Le premier Barrès, celui du Culte du moi, trois romans parus entre 1888 et 1891, exalte, non sans romantisme, le devoir de défendre sa sensibilité et ses émotions, principe dont il déduit son attachement à ses racines lorraines, au culte de la terre et des morts. Sacré « prince de la jeunesse », il ne se contente pas, cependant, de cette position esthétisante.
Le retour en grâce de la vertu du patriotisme : Aspirant à l’action, Barrès, élu député de Nancy en 1889, siège à l’extrême…
Maurice Barrès 1862-1923 incarne la figure du grand écrivain pour plusieurs générations. Inventeur d'un style où "il ne faut pas que l'on voie les mots" mais "rien que le mouvement de la pensée et le souffle qui est en elle", il est admiré de Gide et de Proust, plus de Malraux, Mauriac, Drieu la Rochelle, Aragon et Montherlant, jusqu'à Charles De Gaulle et François Mitterrand. Il sait aider ses aînés, tel Verlaine et les talents qui ont du mal à éclore, comme Charles Péguy qui l'appelle le "patriarche". Il est enfin la figure de proue du nationalisme, plusieurs fois député, ardent défenseur du retour à la France de l'Alsace et de la Lorraine, puis d'un fédéralisme rhénan à la victoire de 1918.
Un siècle est passé, Barrès est oublié. Sans doute, pour avoir perdu ses admirateurs au fil de ses engagements, en particulier celui pendant l'affaire Dreyfus, ainsi que ses plus fidèles soutiens, quand il publie Un Jardin sur l'Oronte, message à peine voilé d'un amour sacrilège pour Anna de Noailles.
Michel Guenaire a entrepris cette biographie novatrice et inspirée pour redécouvrir Maurice Barrès. Le r retrouver à travers ses textes écrits à chaque étape déterminante de sa vie. Avec pour seul fil conducteur la fidélité à ce que fut l'homme.

Michel Guénaire est un avocat d'affaires reconnu et plusieurs fois distingué, spécialiste des questions de droit public et de l'énergie.
Ecrivain, il a publié un roman ( Le Premier, Quai Voltaire, 1994), sept essais où il a étudié la relation du pouvoir avec le monde global, dont Déclin et Renaissance du pouvoir (Gallimard, 2002), Il faut terminer la révolution libérale (Flammarion, 2009) et Le Retour des Etats (Grasset 2013), une anthologie du libéralisme, Les deux libéralismes (Perrin, 2011) et une biographie, Pierre Gide. Une vie d'avocat (Perrin, 2020).
Fiche technique
- Reliure
- Broché, couverture souple
- Parution
- Février 2026
- Nombre de pages
- 526
- Hauteur
- 24
- Largeur
- 15.5
- Épaisseur
- 4.4
- Poids en KG
- 0.846