L’homme démantelé - Comment le numérique consume nos existences

Sélectionné pour le PRIX ESSAIS DE L'INCORRECT - 2025.

Préface de Rémi Brague.

Dans L’homme démantelé, un essai alarmiste et étayé, le jeune Baptiste Detombe décrit la façon dont l’ogre numérique sabote la vie intérieure des individus en détruisant méthodiquement l’émerveillement, l’ennui, le désintéressement et l’esprit d’aventure.

Artège
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   Baptiste Detombe démontre, par son propre exemple, que l’on peut échapper à l’envoûtement qui provient des écrans. Il l’a côtoyé lui-même et manie le jargon de ce monde qui m’est largement étranger. Il ne se contente pas d’un diagnostic peu rassurant, mais il indique de possibles traitements. Et d’abord la religion, qu’il oppose au culte de toutes les idoles. Il invoque en particulier le christianisme (partie 3, ch. I). Cette religion de l’incarnation confère au corps une dignité inouïe en le pensant comme capable de ressusciter. Mais si la foi chrétienne peut orienter la culture dans le sens d’une réhabilitation de l’humain, il faut encore que la politique décide d’intervenir, ce qui demande un peu de courage.

   Baptiste Detombe invite donc les pouvoirs publics à prendre des décisions qui pourraient limiter les dégâts infligés par le numérique sur le cerveau des citoyens, et surtout des enfants et adolescents. Puisse son appel être entendu.

PLAISIR DE LIRE, mars 2026 : **

   Préfacé par le philosophe thomiste Rémi Brague, le livre de Baptiste Detombe s’annonce sous les meilleurs auspices. Au cours de ces deux cent quarante pages, l’auteur ne démérite pas. Ce jeune 26 essayiste, philosophe et administrateur adjoint de l’Assemblée nationale, n’a que vingt-quatre ans, et manie pourtant une plume élégante au service d’une pensée riche et puissante. Le thème abordé est celui du sacrifice d’une génération par la toute-puis-sance du numérique. Sont mis en cause les intérêts financiers des grandes entreprises du numérique, la passivité béate et mortifère des institutions libérales et l’esprit de jouissance de l’homme moderne. L’auteur apporte des solutions cohérentes que nous vous laissons découvrir. Ce qui est agréable dans ce livre, c’est la prise de hauteur de l’auteur, philosophe, vis-à-vis d’un problème qu’il essaie d’appréhender dans son ensemble, sans exclure la religion. Des livres plus techniques apporteront des arguments plus factuels, mais moins définitifs que ceux de Baptiste Detombe.

   Pour qui ce livre ? Écrit par un jeune philosophe, il est particulièrement adapté au jeune adulte, désireux de comprendre les causes de son asservissement au numérique. Les parents et éducateurs auront aussi à coeur de lire ce diagnostic à la Gustave Thibon pour finir de se convaincre de la nocivité d’un numérique débridé.

LE SALON BEIGE, Michel Janva, 23 novembre 2025 :

   Diplômé de Sciences Po Bordeaux et de la Sorbonne en philosophie politique et éthique, Baptiste Detombe, fondateur du média étudiant socialiste Gavroche, nous alerte dans L’homme démantelé. Comment le numérique consume nos existences, sur une tragédie qui se joue sous nos yeux, à savoir le sacrifice d’une génération dévorée par l’ogre numérique. Nous assistons ainsi au démantèlement de l’homme : l’enfance n’a plus accès ni à l’émerveillement ni à l’innocence, la jeunesse est privée de sa fougue comme de ses premières expériences, l’âge adulte est cantonné à l’insatisfaction permanente, tandis que la vieillesse est jugée dépassée. En fournissant à la jeunesse des écrans, nous tuons en eux toute vie intérieure, leurs liens sociaux réels, leur rapport à l’altérité, … Le développement durable c’est de sauvegarder les générations futures en les préservant de la puissance destructrice du numérique : troubles de l’attention, hyperactivité, obésité, problèmes psychiques, sédentarité précoce et troubles cardio-vasculaires, pensées suicidaires, baisse du QI…

   Pour l’auteur le sacre du numérique rime avec la dépersonnalisation de l’homme. À s’enfermer dans « ses communautés », l’homme est condamné au conformisme et à mesurer chaque jour « sa valeur » aux yeux de celles-ci. De sujet, il devient objet. D’homme libre et digne, il devient marchandise et, avec elle, la singularité humaine s’abaisse et se consume dans ce même mouvement mercantile. Comment surmonter ce bouleversement anthropologique, cette disparition de l’émerveillement ? Un autre monde est pourtant possible, à portée de mains et l’auteur propose des solutions. La culture comme moyen de sortir de soi, la singularité du christianisme comme religion de l’incarnation, la force de la décision politique, notre propre vie intérieure ouverte à l’espérance sont à même de redonner à l’homme toute sa plénitude fondatrice.

LE FIGARO VOX, entretien de Constantin Gaschniard, 16 mai 2025 :   Il n’est pas possible d’éduquer aux écrans ; ils sont structurellement conçus pour aliéner l’homme.

   [...] Les certitudes qu’offre un monde où l’on peut tout planifier grâce à son smartphone étouffent-elles la possibilité de la foi, de la spiritualité ?

   - La foi se nourrit de mystères, d’incompréhensions, d’ouverture à son for intérieur. Le smartphone, en donnant l’illusion du contrôle absolu (de sa posologie, de son attrait social...) et du savoir universel (par l’accès à internet et à l’IA), glorifie illusoirement l’individu. L’homme démantelé nage ainsi dans le mirage de sa puissance au profit d’un monde désormais pensable sans Dieu. Et à vrai dire, il n’est même plus nécessaire d’y penser : l’écran tourne l’attention, soit, étymologiquement, la tension de l’esprit, non pas vers son intériorité ou des spéculations métaphysiques, mais bien sûr une extériorité superficielle, un ensemble de vies fantasmées et médiatisées par l’écran que nos réseaux nous renvoient.

   Il n’en reste pas moins que, paradoxalement, l’insatisfaction structurelle que crée le numérique peut aussi nourrir la recherche d’un nouvel élan. Le trop-plein du monde numérique peut aussi donner la nausée, devenir indigeste, et nourrir la recherche d’une harmonie plus grande. De même, la foi peut être vue par le désespéré comme l’ultime recours pour dépasser l’attrait de l’aliénation technique. Les générations désabusées par un numérique qui donne à voir trop vite et trop tôt pourraient ainsi rechercher dans la foi la possibilité d’annoncer, comme saint Paul dans sa Première épître aux Corinthiens, que « tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir à quoi que ce soit ».

   Une tragédie se joue sous nos yeux, nous dit le jeune penseur Baptiste Detombe : le sacrifice d'une génération dévorée par l'ogre numérique. Nous assistons ainsi au démantèlement de l'homme : l'enfance n'a plus accès ni à l'émerveillement ni à l'innocence, la  jeunesse est privée de sa fougue comme de ses premières expériences, l'âge adulte est cantonné à l'insatisfaction permanente, tandis que la vieillesse est jugée dépassée.

   A s'enfermer dans "ses communautés" , l'homme est condamné au conformisme et à mesurer chaque jour "sa valeur" aux yeux de celles-ci. De sujet, il devient objet. D'homme libre et digne, il devient marchandise et, avec elle, la singularité humaine s'abaisse et se consume dans ce même mouvement mercantile. Comment surmonter ce bouleversement anthropologique, cette disparition de l'émerveillement ? Un autre monde est pourtant possible, à portée de mains.

   La culture comme moyen de sortir de soi, la singularité du christianisme comme religion de l'incarnation, la force de la décision politique, notre propre vie intérieure ouverte à l'espérance sont à même de redonner à l'homme toute sa plénitude fondatrice.

 

Diplômé de Sciences Po Bordeaux et de la Sorbonne en philosophie politique et éthique, Baptiste Detombe est aussi le fondateur du média étudiant Gavroche.

Il participe au débat public sur les questions numériques notamment dans les colonnes de Marianne, La Croix ou encore du Figaro.

Editeur : Artège
9791033616337

Fiche technique

Reliure
Broché, couverture souple
Parution
2025
Nombre de pages
236
Hauteur
21.5
Largeur
13.5
Épaisseur
1.6
Poids en KG
0.270

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