Quelle laïcité pour demain ?

La laïcité est-elle une bonne réponse pour apaiser les tensions communautaires ?

Boleine
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CNEWS, 17 avril 2026 :

   Benoît Dumoulin a pu échanger avec le journaliste Olivier de Keranflec'h, dans le cadre de l'émission 100% politique de Cnews. Partant du constat d'une laïcité française qui, sur le long terme, sera dépassée par les défis qu'elle rencontre dès à présent, notamment par les enjeux sociétaux liés à l'islam politique, Benoît Dumoulin insiste sur la nécessité de donner à la culture chrétienne la place qui lui revient dans l'espace public. Il présente les raisons pour lesquelles, tout en garantissant la liberté de religion pour chacun, il importe de valoriser le patrimoine chrétien, notamment via le droit, pour trouver des solutions efficaces aux conflits sociaux émergents.

SUD RADIO, 12 mars 2026  : 

    Benoît Dumoulin était l'invité de l'émission "Le Choc des Idées". Il y a discuté avec Jean-Marie Bordry de la question de la laïcité dans le contexte actuel, en examinant les défis auxquels elle est confrontée et les solutions possibles pour garantir une coexistence harmonieuse entre les différentes convictions religieuses et laïques. Il a évoqué divers aspects liés à la laïcité, tels que l'éducation, les politiques publiques et les droits des citoyens. Retrouvez l'émission en cliquant ici.

BOULEVARD VOLTAIRE, 3 mai 2026 :

   Laïcité et catholicisme : peut-on les marier ?  Dans un article du 3 mai 2026 pour Boulevard Voltaire, Étienne Lombard introduit la notion clivante de laïcité en s'appuyant sur l'ouvrage de Benoît Dumoulin.

OMERTA, 24 mai 2026 :

    Laïcité : La France doit-elle oublier ses racines ?  Joséphine d'Herbais a reçu Benoît Dumoulin pour un entretien consacré à son ouvrage Quelle laïcité pour demain ? Au cours de cette discussion, il a évoqué les racines historiques de la laïcité et a expliqué pourquoi, face au défi de l’islam radical, celle-ci ne devrait pas se transformer en instrument hostile aux religions, mais continuer à reconnaître la place de l’héritage chrétien dans l’histoire de France.

ALETEIA : 24 mai 2026 :  La laïcité est-elle une bonne réponse pour apaiser les tensions communautaires ? Faut-il vider l’espace public de toute référence anthropologique et culturelle commune pour faire l’unité d’un peuple ? Pour Benoît Dumoulin, auteur de "Quelle laïcité pour demain ?" (Boleine), c’est faire fausse route de croire qu’on peut se prémunir contre l’islamisme et les idéologies avec cette conception de la laïcité.

   Il peut être tentant, quand on veut lutter contre la fracturation de notre société, menacée par le séparatisme islamiste de certains quartiers, de considérer la laïcité comme un outil idéal qui gommerait les aspérités du tissu social et garantirait un minimum d’unité entre les citoyens. On vante à ce titre les vertus du modèle français reposant sur une laïcité intransigeante qui permettrait de contenir les tensions communautaires en les reléguant dans l’espace privé. Et l’on compare ce modèle à celui qui prévaut dans les pays anglo-saxons où une conception libérale de la liberté religieuse fondée sur la reconnaissance publique de tous les choix individuels débouche sur un multiculturalisme qui menace la cohésion sociale.

   Le primat de la conscience Ceci explique la surenchère de propositions, à droite, visant à étendre le principe de neutralité religieuse, initialement cantonné à l’État, à la société tout entière. C’est ainsi que Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan ont proposé d’interdire le voile dans l’espace public, ce que Laurent Wauquiez réserve pour les seules mineures. Quant à Bruno Retailleau, il affirme vouloir modifier la constitution pour y faire ajouter la phrase suivante : "Nul ne peut se prévaloir de sa religion, de ses croyances, de ses origines, pour échapper à la règle commune. "On comprend l’intention, mais ce propos peut justifier toutes les mesures liberticides à l’encontre des religions et remet en cause le primat de la conscience humaine sur la loi civile. C’est faire fausse route de penser que l’on peut se prémunir contre l’islamisation de la société au moyen de la laïcité. Les mœurs d’un peuple ne se décrètent pas par la loi. C’est le lent et patient travail de pénétration des mœurs françaises au sein des populations immigrées qui pourra changer en profondeur les cœurs, comme le soulignait Charles de Foucauld à René Bazin, dans une lettre prémonitoire qu’il lui adressait en 1916 au sujet de l’Algérie. Encore faudrait-il pour cela que l’Occident véhicule une image de l’homme — et de la femme — qui suscite attraction et désir de ressemblance chez les populations qui le découvrent. Fut un temps, pas si lointain, où les femmes maghrébines enlevaient d’elles-mêmes leur voile pour ressembler aux Européennes quand leurs maris s’habillaient à l’occidentale par souci d’ascension sociale. La laïcité française comporte à ce titre quelque chose d’artificiel, comme s’il s’agissait de garantir une unité de façade tout en contribuant à braquer inutilement les populations musulmanes.

   Un exercice de soustraction Car, s’agissant des situations qui posent problème — un voile porté en guise d’étendard politique ou afin de perturber le fonctionnement d’une compétition sportive — il est toujours possible de recourir à la notion de trouble à l’ordre public pour justifier une interdiction, ce qui permet de porter une appréciation in concreto des situations, loin des généralités abstraites du principe de laïcité que l’on invoque souvent comme cache-sexe d’une réalité que l’on n’ose pas nommer. De plus, la laïcité française nous désarme culturellement car étant par essence un exercice de soustraction, elle contribue à vider l’espace public de notre culture, ce qui fait le lit de l’islamisme et des idéologies. C’est ainsi qu’au nom de l’article 28 de la loi de 1905 qui interdit les symboles religieux dans l’espace public à l’exception des églises et des cimetières, des recours juridictionnels sont intentés à l’initiative de la Fédération de la libre pensée afin de retirer des emprises publiques les croix de calvaire, les crèches de Noël, les statues de la Vierge, de l’archange saint Michel (Sables d’Olonne) ou des saints locaux, entraînant ainsi un sentiment de dépossession culturelle chez nos contemporains qui, quelle que soit leur religion ou leur absence de religion, restent attachés à leurs traditions. Or, c’est en déracinant les citoyens qu’on les rend malléable à toutes les idéologies.

   Un fondement anthropologique stable Aujourd’hui, on demande à la laïcité de constituer le ciment du vivre-ensemble alors qu’elle n’est qu’un principe de soustraction qui ne comportera jamais le degré d’attractivité d’une culture ou d’une religion, et ne suffira pas à dire qui nous sommes. La laïcité sépare là où la religion relie. C’est pourquoi, elle doit rester un moyen et non devenir une fin en soi sans quoi elle sombre dans l’idéologie et se retourne contre l’objectif qu’elle est censée servir. Une saine laïcité est un équilibre qui vise à prévenir les tensions par la neutralité religieuse de l’État afin de garantir la paix civile dans une société pluraliste, en permettant à toutes les composantes de la société de se reconnaître en elle. Mais la neutralité religieuse de l’État ne signifie nullement que celui-ci puisse s’affranchir de tout fondement anthropologique stable qui puisse inspirer sa vision et guider son action. L’État, même neutre sur le plan juridique, doit rester ouvert à la transcendance d’une loi naturelle qui, in fine, s’enracine dans les profondeurs spirituelles du cœur humain.

LA NEF, juin 2026.

   On voudrait aujourd'hui faire de la laïcité une forme de religion civile qui remplacerait l'espace jadis occupé par le christianisme comme élément de structuration de la vie sociale. Et l'on pense - à droite surtout - que cette laïcité pourrait être un rempart efficace face à un islam conquérant. Or, la laïcité reste, en son essence, un principe fondamentalement négatif en ce qu'elle consiste à retrancher le religieux d'un espace commun pour qu'il puisse être l'apanage de tous.

   Fruit de compromis fragiles, la laïcité doit rester une praxis fondée sur un jugement prudentiel qui vise le bien commun ; elle est un moyen et non une fin. Car, si elle peut constituer, dans certains cas, une zone tampon qui garantit la paix civile, elle s'éloigne de son fondement quand elle se mue en idéologie pour devenir à elle-même sa propre justification.

   

Directeur de l'association Ichtus, de l'institut CAP Sud Méditerranée et de l'Institut du Pont-Neuf, Benoît Dumoulin est également chargé de cours en histoire des idées politiques et en droit constitutionnel à l'Institut Catholique de Paris. Ses domaines de prédilection concernent l'histoire de l'idée de nation en France, l'histoire de la laïcité et les relations entre médias et politique.

Editeur : Boleine
9782490081912

Fiche technique

Reliure
Broché, couverture souple
Parution
25 mars 2026
Nombre de pages
216
Hauteur
19
Largeur
12
Épaisseur
1.6
Poids en KG
0.223

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