Il est très tard, mais il n'est pas encore trop tard - Chroniques d'espérance radiophoniques

Idées
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   "Je le sais bien, certains se disent que le trop tard n’est pas demain ou après-demain mais peut-être en réalité plutôt hier ? Et voici que peuvent rapidement poindre les « C’est foutu ! », « C’est fini ! », qui ne seraient que d’autres façons d’exprimer cette angoisse du point de non-retour. Dans mon engagement, j’ai précisément toujours cherché à conjurer cette idée.

   Oui, rien n’est inéluctable. Et tel le vieux soldat de Péguy s’adressant à Jeanne, « je ne crois plus jamais que c’est fini ». C'est cette réflexion qui habite chacune de mes chroniques et ce livre."

BOULEVARD VOLTAIRE, 10 juillet 2026 : Philippe Vardon ou l’éthique de l’espérance militante

   À travers 55 chroniques, Philippe Vardon esquisse une philosophie de l'engagement face au renoncement. 

   Il est des livres qui exposent une doctrine, d'autres qui racontent une époque. Celui de Philippe Vardon, Il est très tard mais... il n’est pas encore trop tard (Éditions Idées), poursuit une ambition différente : entretenir une disposition d'esprit. Son véritable sujet n'est ni l'actualité ni la politique, mais cette frontière ténue où l'espérance l'emporte encore sur le renoncement. Sous la forme de cinquante-cinq chroniques radiophoniques (Radio Courtoisie) écrites au fil de l'événement, Philippe Vardon compose moins un commentaire politique qu'un traité de résistance morale. L'actualité y est omniprésente, mais elle sert surtout de prétexte à une interrogation plus vaste : comment continuer à agir lorsque tout semble annoncer la défaite ?

   La question traverse toute l'histoire des idées. Elle est celle de Marc Aurèle face au déclin de Rome. Celle de Charles Péguy devant l'effondrement spirituel de la France. Celle, plus contemporaine, de Dominique Venner dont l'influence irrigue ouvertement l'ouvrage. Vardon reprend d'ailleurs presque mot pour mot l'une des intuitions fondamentales de son maître : l'Histoire n'est jamais écrite d'avance. Son titre lui-même mérite qu'on s'y arrête. « Il est très tard mais... il n'est pas encore trop tard. » La formule repose sur une antithèse classique. Elle oppose deux temporalités. Le « très tard » reconnaît l'urgence. Le « trop tard » signifierait la fatalité. Tout le livre consiste précisément à refuser que la première conduise à la seconde. Le refus du « trop tard » On pense ici au philosophe allemand Ernst Bloch et à son Principe espérance. Pour Bloch, l'espérance n'est pas une naïveté mais une énergie historique. Elle permet d'agir malgré l'incertitude du résultat. Chez Vardon, cette idée prend une coloration militante : il ne s'agit jamais de promettre la victoire, seulement de rappeler que la défaite n'est certaine que pour ceux qui renoncent. C'est peut-être là la véritable originalité du livre. Alors que beaucoup d'essais politiques contemporains cultivent une esthétique de l'effondrement, Vardon refuse la fascination du désastre. Son discours n'est pas celui du catastrophisme mais celui de la permanence.

   L'Histoire comme école de la volonté Cette permanence s'incarne dans les nombreuses références historiques qui jalonnent les chroniques : la Reconquista, l'insurrection irlandaise de 1916, Charles Péguy, Goethe, Héraclite, Tolkien, Rocky Balboa même. L'éclectisme pourrait surprendre. Il obéit pourtant à une logique précise : montrer que les civilisations vivent selon des temporalités infiniment plus longues que les cycles médiatiques. À l'immédiateté des chaînes d'information, Vardon oppose le temps long de l'Histoire. À cet égard, son livre relève presque d'une anthropologie du militant. Le militant n'y apparaît pas comme celui qui change le monde à lui seul mais comme celui qui accepte de n'être qu'un maillon. L'image du semeur revient plusieurs fois. Elle évoque évidemment Charles Péguy, mais rappelle aussi la vieille maxime latine selon laquelle les hommes plantent parfois des arbres sous lesquels ils ne s'assiéront jamais.

   Une éthique de l'engagement Cette philosophie de l'action donne au livre une tonalité singulière. Elle le rapproche davantage des Réflexions sur la violence de Georges Sorel, par l'importance accordée au mythe mobilisateur, que des essais électoraux classiques. Car Vardon parle finalement assez peu d'élections. Il parle davantage d'endurance. Le choix du format radiophonique y contribue. Chaque chronique fonctionne comme une méditation brève, presque une homélie civique, où l'événement du jour devient le support d'une réflexion plus vaste sur le courage, la fidélité ou la transmission. Naturellement, le livre assume une vision du monde très située idéologiquement. Le lecteur qui ne partage pas ses présupposés ne sera pas convaincu par ses démonstrations. Mais ce serait une erreur de réduire l'ouvrage à ses seules positions politiques. Son intérêt réside ailleurs : dans cette tentative de construire une morale de l'engagement. Une morale qui refuse aussi bien l'optimisme béat que le nihilisme. Une morale qui rappelle, parfois contre toute évidence, que l'Histoire demeure ouverte. En refermant ce livre, on pense moins à un programme politique qu'à une phrase de Péguy : « Il faut toujours dire ce que l'on voit ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit. » Philippe Vardon y ajoute une nuance qui pourrait résumer toute son entreprise : voir ce que l'on voit... sans jamais cesser d'agir.

RADIO COURTOISIE, entretien de Richard de Seze avec l'auteur :

   Lorsque j’ai accepté la proposition d’assurer une chronique hebdomadaire dans la dynamique matinale Ligne droite de Radio Courtoisie, je ne savais pas trop comment j’allais rythmer mes quelques minutes, mais je voulais surtout qu’on aille y chercher l’engagement, la détermination, l’espoir dans les temps qui viennent, aussi durs soient ceux que nous traversons.

   Sur ce point, je fus rapidement et violemment percuté par l’actualité : ma deuxième chronique fut consacrée au terrible meurtre de Philippine Le Noir de Carlan. Pour terminer ma chronique sur cette phrase qui allait devenir ma signature (« ... s'il est déjà très tard, il n'est pas encore trop tard ! »), il me fallut alors convoquer un peu plus que l'espoir : l’espérance. Celle qui nous laisse entrevoir que même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or.

   De septembre 2024 à février 2026, ce sont dix-huit  mois de la vie de notre pays, dix-huit  mois de notre cause et de nos luttes aussi, que je vous propose de retrouver dans ces pages. Vous croiserez des dirigeants, des sportifs, des humoristes (plus ou moins talentueux), des activistes et des élus ; je vous emmènerai en pèlerinage, sur un bateau, avec des détours par les USA ou l’Italie et – forcément – par Nice aussi. Vous l’avez compris, vous trouverez ici à lire, à travers ces cinquante cinq chroniques, de grandes peines, mais aussi de vraies joies et même quelques victoires.

   Engagé depuis son adolescence, Philippe Vardon-Raybaud a été au début des années 2000 l’un des fondateurs et principaux dirigeants du mouvement identitaire.

   Enraciné à Nice, où il est élu depuis 2015, il a occupé des responsabilités auprès des principales personnalités du camp national. Il est aujourd’hui le délégué général du mouvement Identité Libertés, dirigé par Marion Maréchal.

Editeur : Idées

Fiche technique

Parution
8 avril 2026
Nombre de pages
356
Hauteur
21
Largeur
14.5
Épaisseur
2

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