Dérives, divagations et dévoiements - Comment les idéologies défont la langue et la culture

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   Pour l’auteur, si les idéologies inventent des néologismes qui s’infiltrent à notre insu dans nos usages, si elles cherchent à bannir certains mots pour modifier notre perception du monde, le seul moyen de les combattre est de faire preuve de déférence à l’égard tant de la langue qui nous a été transmise que d’une culture dont il s’agit avant tout de préserver la haute valeur émancipatrice.

LE FIGARO, entretien d'Alice Develey avec l'auteur , 29 janvier 2026 : « La dégradation de notre langue est un phénomène aussi récent que massif » Le professeur émérite à l’université de Strasbourg publie un ouvrage décapant dans lequel il s’attaque aux idéologies qui défont selon lui la langue et la culture. Agrégé de lettres et docteur d’État en Sorbonne, Pierre Hartmann est professeur émérite à l’université de Strasbourg. Il vient de publier Dérives, divagations et dévoiements. Comment les idéologies défont la langue et la culture, aux Éditions de L’Artilleur. Un livre épais dans lequel il analyse la manière dont la langue française s’est appauvrie et déformée avec l’émergence d’un certain militantisme issu notamment du néoféminisme et du wokisme.

   - LE FIGARO. - Vous dites avoir écrit «un livre polémique» , sans avoir cherché pour autant à faire «œuvre pamphlétaire» . Dans votre viseur, on retrouve des auteurs comme René Girard, Annie Ernaux, mais aussi nombre de concepts comme le globish, le wokisme, le néoféminisme, l’écriture inclusive. À qui destinez-vous votre livre ?

   - PIERRE HARTMANN. – Il s’adresse à tous ceux qui ressentent, avec acuité ou confusément, que ces deux piliers de notre identité que sont sa langue et sa culture sont en train de vaciller. Notre langue se délite, tandis que la notion même de culture a changé de sens, sous l’influence des sciences dites sociales : d’un ancien idéal humaniste d’élévation, elle en est venue à désigner n’importe quelle conduite humaine, y compris les plus triviales voire les plus révoltantes : on incrimine maintenant une «culture du viol», syntagme oxymorique…

CAUSEUR, Catherine Santeff, 8 octobre 2025 : ‌Une espèce en voie de disparition: la langue française.

   Langue française : après avoir fustigé la culture «bourgeoise», nous nous complaisons dans l’inculture totale. Pierre Hartmann, professeur émérite à l’Université de Strasbourg, publie un ouvrage en 3D: Dérives, divagations, et dévoiements avec pour sous-titre: Comment les idéologies défont la langue et la culture.

   Truffé d’exemples où le comique le dispute à l’aberrant – et dans des médias de référence, s’il vous plaît – ce livre n’est pas qu’une compilation des mésusages de notre langue mais aussi et surtout une réflexion sur ce que de tels mésusages signifient, ainsi qu’un historique de leur provenance.

   Pour commencer, la culture  : De la paideia grecque à la bildung allemande en passant par « l’honnête homme » des Lumières, la culture, empruntant à son origine agreste, a toujours signifié le fait de cultiver son esprit, de ne pas laisser, tel un champ, celui-ci en friche. Son antonyme n’était pas par hasard la « négligence ». L’effort était de mise, en vue d’un idéal esthétique, éthique et politique aussi. Les socialistes d’antan le savaient qui désiraient ardemment que les ouvriers puissent accéder à la culture afin de pouvoir devenir des citoyens à part entière. Lorsque l’ethnologie vit le jour, on crut bon de rabattre la culture sur les mœurs et coutumes de tout un chacun, entre lesquelles il n’était plus permis de juger sous peine d’être taxé d’ethnocentrisme. Bourdieu porta le coup décisif à la culture dite bourgeoise confondue avec la grande culture (que jamais Marx n’attaqua, s’en tenant à la lutte des classes) réduite à un signe distinctif...[...]

LE FIGARO, 3 septembre 2025 : documents joints.

SENS CRITIQUE : 

   Ce livre est une étude minutieuse des effets produits par les idéologies sur la langue et la culture françaises. A l’aide d’exemples, il explique en quoi vocabulaire, syntaxe et grammaire ont été lourdement affectés et appauvris par les projets idéologiques contemporains dont le point commun est de dénigrer l’universalisme.

   -   Il s’intéresse d'abord au lexique utilisé par les défenseurs de « l’annulation », autrement appelé « wokisme ». Il examine ensuite ce que le néoféminisme fait spécifiquement à la langue et s'achève sur une réflexion critique portant sur l'extension abusive de la sphère du droit.

   -   La seconde section concerne la littérature et ses contours et met en lumière la pauvreté et les mensonges de l’œuvre entière d'Annie Ernaux. Suit un chapitre relatif à diverses dérives : d'abord une lecture aberrante de la Marseillaise due à l'essayiste Peter Sloterdjik, puis les étranges divagations de René Girard dans Mensonge romantique et vérité romanesque ; en addendum, quelques brefs exemples cocasses de la prose absconse d’intellectuels de renom, tels R. Barthes, J. Butler ou J. Derrida.

   -   Le troisième chapitre se penche sur les dérives affectant la mise en scène d'œuvres littéraires, tant au théâtre (et en particulier dans le cadre du Festival d’Avignon) qu'à l'opéra.

   Pour Pierre Hartmann, la langue est notre bien le plus précieux, le vecteur essentiel de toute émancipation individuelle ou collective. Or, il prouve dans ce livre qu’en un demi-siècle la langue française s’est considérablement dégradée. Il souligne que l’appauvrissement du vocabulaire, l’effondrement de la syntaxe et la quasi-disparition de son riche système temporel vont de pair avec une simplification de la pensée propice au déploiement d’idéologies délétères, souvent importées des États-Unis via les réseaux prétendument sociaux. Il montre comment la néo-contestation woke cherche à nous imposer une vision falsifiée du monde et de son histoire, en rupture avec les principes humanistes et les luttes menées dans le passé.

   Passant au crible ces dévoiements de l’ancienne critique, il révèle ce faisant une dérive générale qui affecte tous les domaines de la culture et de la pensée et met en lumière certaines divagations frappantes dans les domaines de la littérature contemporaine, de l’étude philosophique ou littéraire et de la scène lyrique ou dramatique.

   Pour l’auteur, si les idéologies inventent des néologismes qui s’infiltrent à notre insu dans nos usages, si elles cherchent à bannir certains mots pour modifier notre perception du monde, le seul moyen de les combattre est de faire preuve de déférence à l’égard tant de la langue qui nous a été transmise que d’une culture dont il s’agit avant tout de préserver la haute valeur émancipatrice.

Agrégé de lettres et docteur d’État en Sorbonne, Pierre Hartmann est professeur émérite à l’Université de Strasbourg.(Photo Collection particulière)

Editeur : L'Artilleur
9782810012800

Fiche technique

Reliure
Broché, couverture souple
Parution
28 août 2025
Nombre de pages
400
Hauteur
22
Largeur
14
Épaisseur
3.4
Poids en KG
0.512

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Le FIgaro du 3 septembre 2025

Entretien d'Alice Devely avec Pierre Hartmann

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