L'homme transformé : but des révolutions totalitaires

   Fruit de la modernité, le totalitarisme est une forme de régime qui se distingue radicalement du despotisme, ou de la tyrannie, que nous appelons aujourd’hui “dictature”, par sa finalité : la transformation de l’homme.

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RADIO COURTOISIE, Libre journal de débats, Charles de Meyer, 14 janvier 2026  : Les totalitarismes contre l'homme

L'HOMME NOUVEAU, entretien de Maruerite Aubry avec l'auteur, novembre 2025 :

   Dans un essai récent, Philippe Pichot Bravard analyse un fil rouge de l’histoire moderne : la volonté de créer un « homme nouveau ». Des régimes totalitaires du XXe siècle aux projets transhumanistes, cette utopie revient sous des formes différentes mais garde la même logique.

RCF ANJOU GRAND ENTRETIEN septembre 2025, au micro de Thomas Cauchebrais :

   Fascisme, Communisme, Nazisme. Des régimes totalitaires différents mais une même ambition se dessine : transformer radicalement l’homme, le refaçonner en un être nouveau, entièrement conforme à leur idéologie propre. C’est précisément cette idée de « l’homme transformé » qui est au cœur de l’ouvrage de Philippe Pichot-Bravard, maître de conférences HDR en histoire du droit, enseignant à l’université de Brest et à l’UCO d’Angers. Il montre dans son livre, que nous avions évoqué sur Le Salon beige, comment cette volonté de recréer l’homme a nourri le communisme, le national-socialisme, mais aussi… la Révolution française. Ce qui ne manqua pas de faire dire à son propos à l’historien François Furet qu’elle était la véritable matrice de tous les totalitarismes. L’auteur souligne également que cette tentation n’a pas disparu : elle continue de se manifester sous de nouvelles formes aujourd’hui : le wokisme, le transhumanisme, le conformisme intellectuel.

   Avec l'auteur aujourd'hui, nous pouvons explorer les racines, les mécanismes et les résonances contemporaines de cette machine totalitaire.

Fascisme, Communisme, Nazisme. Des régimes totalitaires différents mais une même ambition se dessine : transformer radicalement l’homme, le refaçonner en un être nouveau, entièrement conforme à leur idéologie propre. C’est précisément cette idée de « l’homme transformé » qui est au cœur de l’ouvrage de Philippe Pichot-Bravard, maître de conférences HDR en histoire du droit, enseignant à l’université de Brest et à l’UCO d’Angers. Il montre dans son livre, que nous avions évoqué sur Le Salon beige, comment cette volonté de recréer l’homme a nourri le communisme, le national-socialisme, mais aussi… la Révolution française. Ce qui ne manqua pas de faire dire à son propos à l’historien François Furet qu’elle était la véritable matrice de tous les totalitarismes. L’auteur souligne également que cette tentation n’a pas disparu : elle continue de se manifester sous de nouvelles formes aujourd’hui : le wokisme, le transhumanisme, le conformisme intellectuel.

PHILIPPE CONRAD, historien, septembre 2025, sur facebook.

LE SALON BEIGE, Michel Janva, 29 juillet 2025 : Le totalitarisme vise à régénérer l’homme

   Philippe Pichot Bravard, maître de conférences HDR en histoire du droit, membre titulaire de l’Académie d’Angers, enseigne l’histoire du droit à l’Université de Brest, la philosophie du droit à l’Université catholique de l’Ouest à Angers. Il vient de publier un ouvrage dans lequel il décortique les totalitarismes.

   Fruit de la modernité, le totalitarisme est une forme de régime qui se distingue radicalement du despotisme, ou de la tyrannie, que nous appelons aujourd’hui “dictature”, par sa finalité : la transformation de l’homme.

   Le totalitarisme ambitionne de doter l’État d’un pouvoir sans limite afin de faire table du passé et de construire un monde et un homme nouveaux. Cet homme transformé est le but ultime de toutes les révolutions totalitaires depuis 1793, qu’il s’agisse de l’expérience jacobine française, de l’expérience communiste, tant en Russie qu’en Asie, et de l’expérience national-socialiste allemande.

   Le régime totalitaire se fait ainsi quasiment religieux, l’Eglise étant remplacée par le Parti, Dieu par le chef d’Etat,… ce qui provoque logiquement une persécution de la religion, à commencer par la religion catholique qui a défini la distinction entre Dieu et César. L’Etat totalitaire ne peut pas se limiter à la potestas des princes et vise également l’auctoritas des pontifes, afin de s’emparer de tous les aspects de la vie humaine. Pour régénérer l’homme, l’Etat a besoin de s’emparer des intériorités, de régir la pensée, de dominer les corps et les esprits.

   Alors évidemment, après avoir analysé les totalitarismes issus de la Révolution dite française, fascisme, communisme et national-socialisme, on se demande si notre société postmoderne, elle-même héritière de ladite Révolution, ne verse pas elle aussi dans une forme de totalitarisme. L’auteur aborde le sujet dans sa conclusion en citant notamment Tocqueville, qui avait prophétisé les dérives de la démocratie (et pas seulement en Amérique).

   L’ambition d’une transformation de la société et de l’homme, fortifiée par la mentalité transgressive dominante, ne cesse de se renforcer dans nos démocraties libérales occidentales, servie par l’emprise de plus en plus étouffante exercée par l’État sur la société et par les mécanismes de conformisme intellectuel, dont le wokisme est l’expression la plus récente et la plus radicale. A l’heure du transhumanisme, nouvel eugénisme, le péril totalitaire reste entier.

FRANCE CATHOLIQUE, Gérard Leclerc, juillet 2025 : Le totalitarisme moderne est un antichristianisme. Ce que met en évidence Philippe Pichot-Bravard, qui remonte dans son nouveau livre aux origines de ce mal.

      En 1978, paraissait le livre de François Furet Penser la Révolution française, dont l’effet intellectuel fut considérable. En remettant en cause le récit classique des événements et de leur explication, tels qu’ils étaient formulés par l’université républicaine, il imposait un nouveau regard. Nouveau regard qui s’inscrivait aussi dans la perception du totalitarisme moderne que Soljenitsyne avait rendue inévitable : « Aussitôt qu’elle a fini par imposer la République, il est clair que la Révolution française est beaucoup plus que la République, expliquait le philosophe russe. Elle est une annonciation que n’épuise aucun événement. » L’idée de régénération de l’humanité qui s’affirme dans les discours en 1789 implique l’emballement révolutionnaire qui conduira à la Terreur.

   Un projet de régénération : Qu’on le veuille ou pas, le totalitarisme qui a marqué le XXe siècle trouve son origine historique sinon intellectuelle dans la Révolution française, car le projet de régénération de l’espèce humaine ne saurait avoir de limites. Et ce n’est pas pour rien que les bolcheviques, en 1917, affirmeront la volonté d’accomplir ce que les Jacobins n’avaient pu mener à bien. Mais si l’on prend quelque distance avec les événements et leur récit, on s’aperçoit que l’on est face à un prodigieux dossier, celui qu’impose l’étude exhaustive du totalitarisme moderne, le qualificatif moderne étant d’ailleurs inutile car il s’agit d’un phénomène entièrement lié à la modernité. Or ce dossier, Philippe Pichot-Bravard vient de le reconstituer dans un travail impressionnant de synthèse, qui part des origines idéologiques, montre l’importance de la séquence 1789-1794, traverse les deux expériences terribles du communisme et du nazisme et se conclut sur un avertissement sérieux quant à la présence de l’esprit totalitaire au sein des démocraties modernes.

   Autant dire qu’un résumé de ce dossier serait inadéquat à la richesse du contenu et aux dimensions d’une recherche qui a amené l’auteur à des lectures considérables. On ne se permettra que quelques remarques. Philippe Pichot-Bravard consacre un de ses chapitres à un écrivain italien de premier ordre, Eugenio Corti, dont le roman intitulé Le Cheval rouge fait part de l’histoire d’une génération, celle des jeunes gens nés après la Première Guerre mondiale, qui ont fait l’expérience concrète des deux totalitarismes sanglants de leur siècle. L’horreur inhumaine est le propre des Soviétiques et des nazis. Elle s’affirme ainsi dans un hôpital militaire en Pologne : « D’un côté les Soviétiques avant de déguerpir ont massacré des milliers de bourgeois de la ville, y compris beaucoup de femmes et de prêtres, en les tuant d’une balle dans la nuque ; de l’autre, les nazis, en arrivant, ont tué tous les fous enfermés à l’hôpital psychiatrique, s’emparant des bâtiments pour en faire un hôpital militaire. » Corti oppose aux assassins le témoignage de religieuses polonaises qui se dévouent au chevet d’innombrables blessés. C’est un chrétien qui réfléchit à ce débordement d’horreur, en discernant l’antichristianisme intégral du totalitarisme. Ce qui impose de se référer au passage de l’humanisme chrétien à l’humanisme autocentré et ses conséquences anthropologiques.

   Les dangers du transhumanisme : Mais c’est surtout la conclusion du livre sur lequel il conviendrait de s’attarder. Nos démocraties modernes, qui sont heureusement parvenues à vaincre les totalitarismes du siècle précédent, sont-elles indemnes « contre la tentation de l’État de s’emparer de la société et de l’homme lui-même, jusque dans son intériorité, afin de le transformer à sa guise » ? Que penser, par exemple, du transhumanisme qui entend améliorer l’humanité sur tous les plans, intellectuel, émotionnel et moral, grâce aux progrès des sciences et des biotechniques ? Non, la menace totalitaire n’est pas derrière nous, elle se profile sous des aspects nouveaux, d’autant plus redoutable.

   Fruit de la modernité, le totalitarisme est une forme de régime récente qui se distingue radicalement du despotisme, ou de la tyrannie, que nous appelons aujourd’hui "dictature", par sa finalité : la transformation de l’homme.

   Cédant à la tentation de l’hubris, le totalitarisme ambitionne de doter l’État d’un pouvoir sans limite afin de faire table du passé et de construire un monde et un homme nouveaux. Cet homme transformé est le but ultime de toutes les révolutions totalitaires depuis 1793, qu’il s’agisse de l’expérience jacobine française, de l’expérience communiste, tant en Russie qu’en Asie, et de l’expérience national-socialiste allemande.

   Après le procès de Nuremberg, d’une part, et l’effondrement du communisme en Europe orientale d’autre part, le totalitarisme semble durablement disqualifié, et son retour, impossible avant longtemps, en raison de la victoire d’une démocratie libérale qui fut un temps considérée comme la fin de l’histoire.

   L’ambition d’une transformation de la société et de l’homme, fortifiée par la mentalité transgressive dominante, ne cesse pourtant de se renforcer dans nos démocraties libérales occidentales, servie par l’emprise de plus en plus étouffante exercée par l’État sur la société et par les mécanismes de conformisme intellectuel, dont le wokisme est l’expression la plus récente et la plus radicale. A l’heure du transhumanisme, nouvel eugénisme, le péril totalitaire reste entier.

   Revisiter l’histoire des totalitarismes semble dès lors indispensable.

Philippe Pichot-Bravard est docteur en droit et maître de conférences en histoire du droit public. Il a publié notamment Le Pape ou l'Empereur : les catholiques et napoléon III (Tempora, 2008) ; Conserver l'ordre constitutionnel XVI°-XIX° siècle (2011) ; Histoire constitutionnelle des parlements de l'Ancienne France (Ellipses, 2012).
Editeur : Via Romana
9782372712705

Fiche technique

Reliure
Broché
Parution
Juin 2025
Nombre de pages
260
Hauteur
24
Largeur
16
Épaisseur
2
Poids en KG
0.400

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