Le monde confisqué - Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle)

   Ce livre est organisé en six chapitres. Deux sont consacrés à la mer, sa fermeture et sa militarisation, deux autres à l'idéologie et aux instruments anti-concurrence et les derniers à la conquête territoriale et souveraine des compagnies publiques et privées.

Flammarion
23,90 €
TTC
Actuellement en réapprovisionnement - Expédition sous 5 à 15 jours.

L'HOMME NOUVEAU, Jacques de Guillebon, 3 mai 2025 :

   « Nos courageux combattants mènent actuellement des attaques aériennes contre les bases, les dirigeants et les défenses antimissiles des terroristes [houthis] pour protéger les moyens maritimes, aériens et navals américains et pour restaurer la liberté de navigation. Aucune force terroriste n’empêchera les navires commerciaux et navals américains de naviguer librement sur les voies navigables du monde », écrivait Donald Trump le 17 mars sur son réseau social. Frappante déclaration dans la bouche d’un homme qui se vante depuis sa dernière campagne d’être un faiseur de paix mais qui, quand il baisse les bras et les armes devant le puissant Poutine, est capable de prédire en même temps « l’enfer » à des terroristes – tout à fait condamnables d’ailleurs – parce qu’ils viendraient gêner sa sainte « liberté de navigation ». Frappante déclaration, qui recoupe très exactement la définition d’un autre capitalisme que donne Arnaud Orain dans son essai extrêmement original, Le Monde confisqué.

   Car, en réalité, si on lit bien Orain, il ne s’agit pas de « liberté de navigation », mais d’une forme de capitalisme qui a alterné depuis le début de l’ère moderne avec le capitalisme libéral, dont nous sommes en train de sortir. Cette forme de capitalisme qu’il appelle « de finitude » consiste en la coexistence (belliqueuse, mais forcée) de « silos impériaux », c’est-à-dire de routes maritimes commerciales reliant une puissance dominante à ses colonies, à l’exclusion du reste du monde.

   Ce capitalisme, raconte l’historien de l’EHESS, a déjà existé au temps des colonies d’Ancien Régime (XVIIe- XVIIIe siècle) et entre 1880 et 1914, quand les grands empires occidentaux s’affrontent, jusqu’à la défaite de l’Allemagne bismarckienne. Et il revient aujourd’hui, à la faveur de la montée en puissance de la Chine qui se rêve une destinée mondiale, et de l’élection de Trump, l’homme qui n’a pas compris grand-chose sinon que l’hegemon de son pays était en voie de disparition. Ce capitalisme déteste la concurrence, mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Il est, si l’on suit l’un de ses théoriciens (et praticiens) américains, le très influent et très nocif Peter Thiel (inspirateur du vice président J.D. Vance), persuadé – Chesterton avait encore plus raison qu’il ne le savait – que le problème du capitalisme est qu’il y a trop de capitalistes. Si l’on suit ces hommes d’argent d’un nouveau genre, seul le monopole, à l’image de celui de Google, permettra l’innovation et l’accumulation. Ce capitalisme-ci, comme l’autre, plus que l’autre même, porte en lui la guerre comme la nuée l’orage. 

   L'utopie néolibérale d'une croissance globale et continue des richesses est désormais derrière nous. Mais le capitalisme n'est pas mort pour autant. Sa forme actuelle n'est ni réellement nouvelle ni totalement inconnue, car elle est propre à tous les âges où domine le sentiment angoissant d'un monde " fini ", borné et limité, qu'il faut s'accaparer dans la précipitation. Ce capitalisme se caractérise par la privatisation et la militarisation des mers, un " commerce " monopolistique et rentier qui s'exerce au sein d'empires territoriaux, l'appropriation des espaces physiques et cybers par de gigantesques compagnies privées aux prérogatives souveraines, qui dictent leurs rythmes.

   Dans cet essai, Arnaud Orain dévoile ce " capitalisme de la finitude " et en éclaire les mécanismes aux trois périodes où il s'épanouit : XVI ? - XVIII ? siècle, 1880-1945, 2010 à nos jours. L'auteur offre une toute nouvelle perspective sur l'histoire mondiale et éclaire les grands enjeux de notre temps.

Auteur : Arnaud Orain

Arnaud Orain, économiste et historien, est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). il a récemment publié Les savoirs perdus de l'économie. Contribution à l'équilibre du vivant (Gallimard, 2023).

Editeur : Flammarion
Arnaud Orain
9782080466570

Fiche technique

Reliure
Broché
Parution
22 janvier 2025
Nombre de pages
368
Hauteur
22
Largeur
14.5
Épaisseur
2.6
Poids en KG
0.396

Dans la même catégorie

Commentaires (0)